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dimanche 1 novembre 2009

A H1N1: Maturité organisationnelle

Je ne sais pas si vous faites de la fièvre mais les derniers rebondissements sont à rendre malade. Vous avez vu dans les médias les citoyens insatisfaits du déroulement de la campagne de vaccination? L’un qui parle de désorganisation. L’autre trouve qu’il y a un manque d’information. "Personne ne vient nous dire ce qui se passe". Et son voisin d’ajouter qu’ils ont eu le temps de se préparer mais ça ne parait pas.

Que dire de celui qui est parti de l’Outaouais pour se faire vacciner en Montérégie? Et son semblable qui suspecte que les Montréalais sont montés dans le Nord pour profiter de «leurs» doses! N’en rajoutez pas, la cour est pleine! Et S.V.P., calmez-vous avant que l’insécurité fasse place à l’hystérie collective.

Entre nous, vous savez quoi? Il n’y en a pas de problème avec la campagne de vaccination pour le A H1N1.

Toujours entre nous, vous savez quoi? Le problème avec la campagne de vaccination pour le A H1N1 n’est en fait qu’un problème de perception. Le problème avec la campagne de vaccination est un problème d’attentes. Attentes non pas dans le sens d’attendre mais dans le sens d’avoir des attentes envers quelque chose. Et vous savez quoi? Les attentes de la population pour la campagne de vaccination contre le A H1N1, c’est ce qui arrive lorsqu’on augmente de façon indue les amendes pour excès de vitesse!

Là, je suppose que vous vous demandez où est-ce que je veux en venir. Si c’est le cas, je tiens à vous rassurer, vous êtes tout à fait normal. Il est normal de se demander quel est le lien entre les amendes pour excès de vitesse et le désarroi d’une population aux prises avec la peur de mourir. Ouuups!, le mot est un peu fort. Disons aux prises avec la peur d’être malade de la maladie qui peut faire mourir.

Comme vous vous demandez où est-ce que je veux en venir, je vais m’expliquer. Commençons avec la campagne de vaccination. À ce niveau je l’avoue, j’ai peut-être une déformation professionnelle. Que voulez-vous, je suis un ingénieur qui a évolué en milieux manufacturiers. Et confidence d’ingénieur, tout ce que je vois dans la campagne de vaccination, c’est un processus de fabrication. Déformation professionnelle vous disais-je.

Évidemment, si vous avez peur de mourir du A H1N1, vous croyez peut-être que je fabule. Je respecte votre point de vue. Après tout, ce n’est qu’un point de vue. Mais cela n’empêche pas que la campagne de vaccination fait effectivement partie d’un processus de fabrication. Un processus qui commence dans le microscope de l’expert et qui se termine par une aiguille dans un bras, éventuellement le vôtre.


Si vous doutez toujours que la campagne de vaccination soit un processus de fabrication, regardez autour de vous lorsque vous irez vous faire vacciner. Voici à quoi ressemble un processus de fabrication dans le cas qui nous concerne: "Numéro 87, 88, 89, 90, 91, 92, 93, 94 et 95. Assoyez-vous ici S.V.P. Avez-vous des allergies? Prenez-vous des médicaments? Faites-vous de la fièvre? Relevez votre manche S.V.P. Prenez un grand respire. Vous allez sentir un petit pincement. Voilà c’est terminé. On vous demande de rester 15 minutes dans la salle de repos. Merci bonne fin de journée. Suivant…."

Selon ce que je vois dans les médias, je déduis que la majorité de la population ne sait pas à quoi ça ressemble un processus manufacturier. Je ne crois pas que la majorité de la population sait que lors de la mise en route d’un processus manufacturier, il y a toujours des ajustements à faire. Et les ajustements, ce n’est pas à cause de l’incompétence du gouvernement. C’est juste que c’est comme ça.

Il ne faut pas s’énerver avec la nouvelle donne, la semaine prochaine, il y aura 600 000 doses de vaccin disponibles au lieu d’un million. Eh bien!, vous savez quoi? C’est toujours ce qui se produit dans un processus manufacturier lorsque le client change d’idée. Lorsque ce dernier change d’idée, il faut arrêter la ligne de production et faire quelques ajustements pour tenir compte des changements demandés. Après les ajustements complétés, la ligne de production est remise en marche.

Dans le cas du A H1N1, le gouvernement a demandé des vaccins sans adjuvant le plus tôt possible afin de pouvoir vacciner les femmes enceintes. Le problème est qu’en production, c’est les vaccins avec adjuvant qui étaient fabriqués. Pour répondre à la demande du client, il a donc fallu arrêter la production, faire les changements nécessaires et redémarrer les équipements. C’est ce qui explique que la semaine prochaine, il y aura 600 000 doses au lieu du million prévu initialement.

Bien sûr que l’on peut dire que le gouvernement avait juste à faire son choix plus tôt. Si c’est ce que vous pensez, vous n’avez juste pas compris qu’on parle de la fabrication d’un vaccin pour contrer un virus. Un virus inconnu il y a 1 an. Si vous pensez que le gouvernement aurait dû faire son choix plus tôt, vous n’avez juste pas idée du travail à faire pour identifier un virus et créer un vaccin.

Si vous pensez que le gouvernement… peut-être que vous pensez… Vous vous demandez c’est quoi le lien entre l’hystérie de la campagne de vaccination et les amendes pour excès de vitesse?

En juillet dernier, je mentionnais que je n’étais pas d’accord avec l’augmentation des amendes pour excès de vitesse. D’ailleurs, je ne suis toujours pas d’accord. Mais n’allez pas croire que je ne suis pas d’accord parce que je roule vite en voiture. Je ne suis pas d’accord parce la hausse des amendes n’a rien à voir avec la prévention des accidents. Je ne suis pas d’accord avec la hausse des amendes parce que ce n’est qu’une façon de garnir les coffres du gouvernement.

Je ne suis pas d’accord avec la hausse des amendes parce que ce n’est que de la répression gratuite. Ce n’est qu’une façon de faire peur. Et comme je l’expliquais en juillet dernier, je suis contre la hausse des amendes parce cela n’est qu’une façon de contrôler au lieu d’inciter les gens à devenir confiant et responsable.

En juillet dernier, j’expliquais que ce n’est pas en contrôlant que l’on développe une organisation. Ce n’est pas en contrôlant que l’on favorise l’innovation, la créativité et la responsabilisation. Lorsque je regarde la façon de se comporter des citoyens dans la campagne de vaccination pour le A H1N1, je ne vois que des gens qui ne sont ni confiants, ni responsables.

Lorsque je regarde la campagne de vaccination, je ne vois qu’un processus de fabrication. Lorsque je regarde la campagne de vaccination, je ne vois que des individus immatures et irresponsables dus au fait que dans d'autres circonstances, on ne leur propose que des mesures disciplinaires (des amendes pour excès de vitesse) au lieu de les outiller à devenir confiant et responsable.

La campagne de vaccination pour le A H1N1 est une belle démonstration du niveau de maturité des individus.

Regardez ce qui se passe dans la campagne de vaccination et pensez à ça. Faites un parallèle avec votre milieu de travail. Pensez au type d’organisation que vous voulez développer. Surtout, pensez-y par deux fois avant de multiplier les mesures disciplinaires et autres moyens de contrôle. Pensez-y bien parce que comme le démontre la campagne de vaccination, les mesures disciplinaires ont un impact direct sur la maturité organisationnelle.

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dimanche 2 août 2009

Bravo Julie!

Après One small step for a man et We chose to…, voilà la fin d’une autre trilogie avec le retour de Julie Payette sur le plancher des vaches. Dans environ un an, les navettes spatiales seront mises au rancard. À ce moment, les regards se tourneront à nouveau vers la lune afin de mieux voir Mars. Canne à la main, peut-être aurai-je la chance de voir le premier pas sur la petite sœur d’à côté?

Ce soir à Découverte (de Radio-Canada), on présentait le dernier épisode de la série Conquérir l’espace, l’histoire de la NASA (IV): vivre dans l’espace. Encore une fois j’ai été fasciné. Sincèrement, je suis impressionné lorsque je vois les images d’une navette ou d’une Saturn V au décollage. Comment pourrait-il en être autrement devant les prouesses dont est capable l’humain lorsqu’il se permet de travailler à la hauteur de son talent?

Au-delà des images, des prouesses et du talent, j’ai aimé voir les interventions des acteurs de l’exploration spatiale. J’ai aimé voir leur regard allumé alors qu’ils commentaient leur travail. J’ai aimé voir leur fébrilité pour le travail accompli. Indéniablement, ils étaient tous fiers d’avoir participé pleinement à ces projets réalisés dans le firmament.

À défaut de l’avoir ressenti, après avoir vu l’apesanteur, il me serait difficile de ne pas vous proposer un parallèle entre notre quotidien et celui des explorateurs de l’espace. Après tout, pourquoi ne pourrions-nous pas être fébriles ici sur la terre dans nos projets plus terre-à-terre? Pourquoi nos employés et collègues ne pourraient-ils pas avoir un regard empli de passion pour ce qu’ils font?

Parce que ce qu’on leur propose n’est pas aussi spectaculaire? Parce que ce qu’on leur demande n’est ce qu’on n’aime faire? Parce que ce qu’on leur suggère n’est que du laissez-faire? À moins que nous-mêmes n’ayons pas la passion que nous leur demandons?

Non ce n’est pas difficile le leadership. Il se construit au quotidien. Il se construit pas par pas. Il se construit lorsqu’on reconnaît l’effort de l’autre.

Le leadership se construit lorsqu’on est capable de féliciter ceux qui font des efforts. Il se construit lorsqu’on accorde à l’autre le mérite de ses efforts. Il se construit lorsqu’on accepte de féliciter les autres pour leurs efforts quelque soit l’effort. Parce que chaque effort est un pas de plus vers l’objectif qu’on se donne comme collectif.

Tous les jours, les employés font des efforts. Tous les jours, celui qui aspire au leadership se doit de reconnaître ces efforts. Parce que sans reconnaissance, il ne peut y avoir prise de conscience. Sans reconnaissance, il est difficile de savoir si ce qu’on fait a du sens. Sans reconnaissance, on perd le goût de donner toute notre essence.

Pourquoi si peu de leadership dans les organisations? Peut-être parce qu’au quotidien, on oublie de reconnaître les efforts des autres? Peut-être parce qu’au quotidien, on a peur de louanger l’effort des autres? Peut-être parce qu’au quotidien, suite aux efforts des autres, on omet de dire des choses aussi simples que, comme par exemple, Bravo Julie!


À lire:
Le dossier de Cyberpresse

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dimanche 26 juillet 2009

We chose to...

«…do the other things not because they are easy, but because they are hard…»* C’est les mots qu’utilisait John F. Kennedy dans le discours qui a lancé les États-Unis dans la conquête de la lune. Ne me demandez pas pourquoi, l’actualité me fait associer ces paroles aux isotopes médicaux.

Cette semaine, le réacteur de Patten aux Pays-Bas sera fermé pour un entretien préventif. Durée des travaux? Un mois. Cette fermeture s’ajoute à celle du réacteur canadien de Chalk River qui lui est fermé depuis quelques mois déjà.

Le réacteur de Patten (20%) et celui de Chalk River (50%) fournissaient à eux seul près de 70% des isotopes médicaux de l’ensemble de la planète. Comme le second est fermé au moins jusqu’en décembre prochain, il est facile de comprendre qu’il est préférable de ne pas avoir un cancer à traiter ou à détecter dans les prochains mois.

Bien sûr!, les hôpitaux vont trouver des alternatives aux traitements usuels. Les médecins et le personnel vont faire des pieds et des mains. Ils vont réaménager les horaires. Ils vont optimiser l’usage de la matière radioactive qui leur sera allouée. Ils vont utiliser des traitements d’une autre génération; traitement à l’occasion moins performant, parfois plus coûteux.

Dernièrement, comme si la fermeture de Chalk River manquait de piquant, le gouvernement canadien a annoncé qu’il se retirait de la production des isotopes médicaux. Une décision unilatérale prise sans avertir au préalable les personnes concernées: les intervenants de la santé de par le monde et les gouvernements des pays concernés. Une décision justifiée par le fait que les problèmes rencontrés à Énergie Atomique du Canada devenaient trop coûteux.

Je comprends qu’il y a parfois des projets où il y a des dépassements de coût qui semblent inacceptables. Je comprends également qu’il y a des décisions qui sont inacceptables. Parce que je comprends qu’il y a des décisions qui accordent plus d’importance à l’idéologie qu’aux enjeux. Il faut pourtant comprendre que parfois, les enjeux sont plus grands qu’on le croit. Parfois, il faut comprendre qu’il est préférable de mettre l’idéologie de côté afin de se concentrer sur les enjeux.

«… because de challenge is one we are willing to accept, one we are unwilling to postpone…»

Comment peut-on décider de se retirer unilatéralement de la production d’un produit essentiel à la préservation de la vie et de la santé? La santé non seulement de nos concitoyens mais bien de tous ceux présents sur la terre! Du moins, la santé de tous ceux aux prises avec une maladie qui dévaste les vies et les familles.

Comment peut-on décider de couper les budgets d’un programme complexe et essentiel qui rencontre des obstacles?

Pour Chalk River, n’aurait-il pas été préférable de faire le point sur ce qui ne va pas? Préférable de consulter d’autres experts comme plusieurs intervenants l'ont suggéré?

Aurait-il été pertinent de faire une analyse objective de la situation et des enjeux relatifs à la décision à prendre? Aurait-il été important de prendre conscience du rôle du Canada dans la préservation de la vie de ceux confrontés au cancer?

À l’occasion, j’aime ironiser lorsque j’entends qu’il faut prendre le leadership. À l'échelle de la planète, le Canada était le chef de file des producteurs d’isotopes médicaux. Même si les budgets ont été dépassés de quelques dizaines de millions de dollars. Même si les dépassements atteignent une centaine de millions de dollars. Est-ce une raison pour tout arrêter comme s’il s’agissait d’un quelconque projet? Combien vaut une vie? Dix vies? Cent vies?

Arrêter de produire des isotopes médicaux qui servent à prévenir et guérir le cancer, est-ce une façon de démontrer la détermination des Canadiens? Est-ce une façon de démontrer que nous Canadiens en avons de l’initiative? Est-ce une façon de démontrer l’importance que nous Canadiens accordons à la vie et à la santé? Une façon de démontrer que nous sommes des gens capables de relever des défis?

«…because that goal will serve to organize and measure the best of our energies and skills…»

Lundi dernier dans One small step for a man, je mentionnais que le leadership prend forme lorsqu’on s’engage à mener à terme un projet. Le leadership prend forme lorsqu’on a la certitude que ce n’est pas les obstacles qui vont nous arrêter. Le leadership prend forme lorsqu’on se commet à réussir. Le leadership prend forme lorsqu’on est prêt à être parmi les meilleurs.

«…one which we intend to win, and the others, too»

Non ce n’est pas compliqué le leadership. Le leadership, c’est en nous que ça commence. Le leadership, ça commence lorsqu’on a un choix à faire. Le leadership, c’est lorsqu’on est capable de faire les bons choix. Le leadership, c’est lorsqu’on accorde une réelle importance à la vie. Le leadership… Mais avec Chalk River, we chose to…


* Parole de John F Kennedy le 12 septembre 1962 à l’Université Rice: « We choose to go to the Moon. We choose to go to the Moon in this decade and do the other things, not because they are easy, but because they are hard, because that goal will serve to organize and measure the best of our energies and skills, because that challenge is one that we are willing to accept, one we are unwilling to postpone, and one which we intend to win, and the others, too. » (Source: Wikipédia)


Autres chroniques sur le même sujet :
Chalk River: Agir avant
Étude de cas

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samedi 13 juin 2009

Sexy! Avez-vous dit sexy?

Jeudi dernier dans ma chronique « Parizeau: Besoin d’une crise », je vous l’avais dit que la semaine serait politique. Mais contrairement à l’autre qui a refusé de le faire, je dois avouer que j’avais planifié cette présente chronique. Je ne pouvais passer à côté de ce dossier, disons, radioactif. Pour ne pas dire sexy! Avez-vous dit sexy?

Les propos de Lisa Raitt sur les isotopes radioactifs sont intéressants car ils démontrent de façon éloquente pourquoi il n’est pas facile d’avoir du leadership. Avez-vous dit leadership? Non mais… À croire que vous êtes dur de la feuille.

Je sais, ce n’est pas la première fois que je parle de l’importance d’être soi-même lorsqu’on veut avoir du leadership. Et bla bla bla… Mais que voulez-vous, la nature humaine est ainsi faite. Nous sommes engagés dans une compétition vers le sommet hiérarchique. Compétition dans laquelle les uns tentent d’être plus fins que les autres afin de mieux se positionner.

En janvier dernier, la ministre Raitt croyait que la crise des isotopes allait être favorable pour sa carrière politique. N’est-ce pas incroyable qu’une personne qui a vu son père et son frère mourir du cancer puisse se réjouir des problèmes à venir dans le système de santé? Effectivement incroyable lorsqu’on pense servir les autres. Mais lorsqu’on pense se servir, c’est une tout autre histoire comme le démontrent les événements des derniers jours.

Après l’homme est une menace pour l’homme, il y a le leader est une menace pour son leadership. Madame Raitt en est un bel exemple. On l’a vu pleurer en parlant de son père et son frère morts du cancer alors qu’elle disait regretter ses propos. La ministre n’est pas une mauvaise personne en soi. C’est simplement quelqu’un qui comme bien d’autres, n’a pas compris que pour avoir du leadership, il faut être soi-même.

Non ce n’est pas facile d’être soi-même. Ce n’est pas facile car nous sommes tous engagés dans la course à la hiérarchie. Du moins, pratiquement tous. Et tous ceux qui y sont engagés, principalement les gestionnaires, sont mus par le désir de monter vers le sommet afin d’avoir plus de pouvoir. Plus de pouvoir dans le but d’avoir un meilleur salaire, de meilleurs avantages sociaux, de meilleures conditions de travail, de meilleures conditions de retraite, de meilleur ce que vous voulez. Mais ça on n’en parle jamais.

On ne parle jamais de notre désir de monter dans la hiérarchie afin de mieux se servir parce qu’on aime croire qu’on veut plus de pouvoir afin de mettre en action nos idées. Bien sûr, tout le monde sait ça. Notre désir de monter dans la hiérarchie est dû au fait qu’on veut mettre en œuvre nos bonnes idées!

C’est très humain d’en vouloir plus pour soi. Qui ne veut pas mieux profiter de la vie? Qui ne veut pas plus de vacances? Qui ne veut pas une plus confortable maison? Une plus jolie voiture?

Le problème est qu’en vouloir plus nous fait parfois perdre le sens commun. En vouloir plus nous fait parfois perdre, comme dirait l’autre dans sa pub, le gros bon sens. Et c’est ce qui rend si difficile l’exercice du leadership au jour le jour.

Ce n’est pourtant pas difficile d’avoir du leadership. Du moins sur papier. En pratique semble être autre chose. Pourtant, il suffit que de bien se connaître pour avoir du leadership. Et c’est la raison qui explique que je mets l’emphase sur la connaissance de soi dans mes conférences, mon coaching et mes formations.

Je ne sais pas si vous êtes convaincu de l’importance d’être soi-même pour avoir du leadership. Peut-être n’êtes-vous pas de cette école de pensée. Je respecte votre point de vue. Je ne suis pas là pour vous convaincre de faits que vous ne voulez croire.

Mais si vous voulez plus d’influence auprès des gens que vous côtoyez, prenez exemple sur Lisa Raitt. Méfiez-vous de vous-même lorsque vous pensez que vos dossiers sont sexys!

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dimanche 31 mai 2009

Cancer du sein: Agir avant (3)

Je vous l’avais dit fidèles lecteurs, la vie est parsemée d’étranges phénomènes que parfois, vaut mieux ne pas chercher à comprendre. Jeudi dernier, je mentionnais un curieux alignement des astres pour expliquer l’importance d’agir avant d’arriver à la Chalk River. Mais l’ineptie organisationnelle n’a d’égal que le désir des uns à prendre avantage sur les autres. C’est ainsi que le cancer du sein nous ramène au plus terre-à-terre jamais deux sans trois?

Évidemment, la place qu’occupe actuellement le traitement du cancer du sein pousse tout un chacun à se demander pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas agi avant. Et le ministre de la santé, en l’occurrence le Dr Yves Bolduc, de répondre qu’il n’a pu le faire étant donné qu’il a pris connaissance de l’étude du Dr Gaboury que mercredi dernier.

Aujourd’hui dimanche, tout ça est du passé comme vous le savez trop bien. En conférence de presse cet après-midi, le ministre a annoncé que les données de l’étude ne permettaient pas de conclure au médiatisé taux d’erreur de 20 à 30%. Personnellement, je m’en doutais. Je sais que c’est facile à dire après coup mais je réfléchissais sur les oh! et les ah! alors que je préparais cette chronique avant de prendre connaissance de la dernière sortie du ministre.

Voici mon raisonnement. L’étude parle d’un taux d’erreur allant de 20 à 30%. Pour ce qui est du taux de rémission du cancer du sein, on parle d’un taux de succès de 87%. Bien entendu, je n’ai pas toutes les données mais la règle du pouce me laisse croire qu’il y a une incongruité dans les chiffres. Comment avoir un taux de succès de 87% avec un taux d’erreur de 20 à 30%?

À mes yeux, tout ce qu’on peut conclure de l’étude du Dr Gaboury est que les traitements proposés, l’hormonothérapie ou la protéine HER2, ont peut-être un spectre d’efficacité plus grand qu’on le pense. À moins que l’étude ne soit que du n’importe quoi mais je n’oserais l’affirmer sans avoir plus d'informations pertinentes.

L’incongruité des données, c’est probablement ce qui explique que le gouvernement n’a pas agi plus rapidement lorsqu’il a pris connaissance des données il y a un mois. Car malgré que le ministre a dit qu’il avait pris connaissance de l’étude mercredi dernier, soyez assuré que dans les faits, il a eu la puce à l’oreille en bonne et due forme il y a un mois.

Selon moi, il y a un mois, le ministre a mandaté quelques employés pour faire des vérifications d’usage. Évidemment, le dossier a été classé comme confidentiel et c’est ce qui explique qu’on n’en a rien su. La confidentialité a bien entendu été déclarée afin de ne pas énerver inutilement la population.

Avec les événements des derniers jours, le ministre a recontacté son monde afin qu’ils en arrivent à une conclusion le plus vite possible. Voilà pourquoi le ministre annonçait aujourd’hui – soi-disant 5 jours après avoir pris connaissance des faits – que l’étude ne pouvait supporter ses propres conclusions.

Allons maintenant du côté de la sortie du Dr Barrette. Il faut comprendre que le milieu organisationnel est un lieu de pouvoir et de jeux de pouvoir où les uns tentent d’être plus fins que les autres. Et cela est encore plus vrai dans les organisations publiques et parapubliques. Constamment, on y trouve des luttes de pouvoir dans le cadre de négociation souvent inconnue de la population.

C’est dans ce contexte que s’explique la sortie du Dr Barrette. Bon joueur, dans le sens d’habile, il a bien entendu parlé du manque d’initiatives du gouvernement. Et il en a rajouté en mentionnant qu’il n’hésiterait pas pour entrer dans quelqu’un si cela lui permettait d’améliorer les soins donnés à la population. Mais si vous voulez mon avis, tout ça est ce que j’appelle un gros show. Tout ça est en lien avec les perpétuelles négociations entre le gouvernement et les médecins spécialistes. Rien de mieux qu’un coup dans les mollets pour faire tomber l’adversaire au sol et prendre avantage sur lui.

Dans les entreprises, il y en a plein de gros show. Les uns comme les autres bombent le torse et y vont d’une déclaration aussi incendiaire que possible. L’important, c’est d’attirer l’attention des autres et de tenter d’avoir l’air crédible. Cette semaine, le Dr Barrette a réussi à ce jeu et les médias sont montés dans le bateau. Faut-il s’en surprendre?

Les entreprises crient sur tous les toits qu’ils manquent de leaders. Ça ne me surprend pas. Combien d’allumeurs d’incendie ai-je rencontrés dans ma carrière d’ingénieur? Tout simplement trop. Au point où j’ai compris que je serais plus utile pour les entreprises en leur parlant de leadership. Parce qu’il est clair à mes yeux que de nombreux gestionnaires ne voient absolument rien des jeux de pouvoir présents autour d’eux.

Je ne sais pas si vous le réalisez mais j’adore commenter l’actualité. Je dirais même que l’activité m’amène près du point de la plénitude. Les organisations veulent plus de leaders. Ce n’est pourtant pas compliqué le leadership. Il suffit d’agir avant. Comme je le disais cette semaine, il faut parfois agir avant d’arriver à la rivière. Avec la mini-saga du cancer du sein, on comprend que dans d’autres occasions, il faut agir avant… le gros show!

jeudi 28 mai 2009

Chalk River: Agir avant (2)

Chers lecteurs, vous aurais-je déjà dit que l’alignement des astres est un curieux phénomène? Récurrent quoiqu’aléatoire, l’occurrence du céleste événement occasionne parfois chez l’humain des comportements que l’on pourrait qualifier de paranormaux. À moins qu’il soit plus juste de parler de comportements anormaux. Pour sûr, des comportements à éviter.

Commençons avec le paranormal puisque l’un des éléments qui assure le leadership d’un individu est de ne pas se prendre au sérieux. Remarquez toutefois que de ne pas se prendre au sérieux n’insinue aucunement que l’individu ne peut être sérieux.

Cela étant dit, il faut tenir compte que mardi de cette semaine, je parlais de l’importance d’agir avant d’être rendu à la rivière. Je commentais alors l’attentisme du gouvernement Charest dans le dossier de l’enquête du coroner sur la mort de Freddy Villanueva. Aujourd’hui, deux jours plus tard, on découvre que ladite rivière se nomme Chalk River. N’est-ce pas une évidence que l’étrange est omniprésent?

Du bureau d’où j’écris cette chronique chers lecteurs, je ressens votre scepticisme face à l’enfilade cosmique. Alors pour vous confondre, j’en appelle à votre souvenance et plus particulièrement l’Étude de cas que je vous proposais en janvier 2008. À ce moment antérieur au présent, je vous expliquais en d'autres mots qu’une fois rendu à la rivière, il arrive parfois que l’on préfère mettre à la porte celle qui nous a prévenu qu’il y avait une rivière droit devant. Ceci étant donné que bien souvent, on préfère taire l’existence de la rivière tant que nous n’y sommes rendus. Ce qu’on pourrait qualifier comme étant un déni de la réalité. Ce qui clôt le comportement anormal de l’introduction.

Comme vous le savez trop bien fidèles lecteurs, la réalité finit toujours par nous rattraper. Ce qui nous amène à nous questionner sur l’attentisme du gouvernement, Harper cette fois-ci, dans le dossier de la centrale nucléaire de Chalk River. Pourquoi avoir attendu au lieu d’agir pour assurer l’approvisionnement de matières radioactives des hôpitaux canadiens et de nombreux autres à travers le monde? Bien sûr que je suis au courant qu’Énergie Atomique du Canada a tenté de développer sans succès une nouvelle technologie nucléaire. Je sais aussi que cela fait près de 18 mois que le projet a été abandonné faute de résultats concluants.

Il est normal d’essayer de nouvelles avenues. On n’arrête pas le progrès dit l’adage. Il est également normal de subir des échecs. On ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs dit l’autre adage. Dans l’espace-temps, il faut toutefois demeurer vigilant en tant que gestionnaire car la trilogie nous rappelle qu’il n’y a pas de fumée sans feu.

Il y a près de 18 mois, le gouvernement Harper a congédié Linda Keen, alors présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), parce qu’elle refusait d’autoriser le redémarrage de la centrale nucléaire de Chalk River. Hier, Énergie Atomique Canada annonce que la centrale Chalk River restera fermée pour au moins 3 mois.

Évitons le sensationnalisme et précisons que le problème actuel n’est pas le même que celui qui a mené au congédiement de Mme Keen. Toutefois, tous les experts s’entendent pour dire que la centrale, vieille de 50 ans, est due pour être remplacée par une neuve. Qu’a fait le gouvernement depuis les 18 derniers mois afin de prévenir les problèmes d’approvisionnement des hôpitaux? Attentisme et congédiement arbitraire sont bien entendu les comportements à éviter de l’introduction.

Comme le concluant «ceci explique cela» est toujours agréable à entendre, on pourrait dire que cette chronique semble avoir été écrite sous l’influence d’une matière radioactive. Mais n’ayez crainte chers lecteurs, il n’en est rien. Ce paragraphe ne sert qu’à démontrer qu’on n’a pas toujours besoin d’être sérieux en milieu de travail. Et cela est encore plus vrai si vous aspirez exercer du leadership.

Le mot de la fin de cette chronique sérieuse qui ne se prend pas au sérieux sera évidemment de vous rappeler que dans le monde de la gestion, peu importe l’ampleur du problème à affronter, peu importe les coûts qu’il peut occasionner, peu importe les efforts nécessaires pour le résoudre, il est toujours préférable d’agir avant d’arriver, à la Chalk River.

Excusez-la!

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dimanche 24 mai 2009

David St-Jacques: To the moon

Vendredi dernier, alors que j’écrivais sur la SODEC, je vous ai dit que ma chronique dominicale allait vous donner des étoiles. Jamais je n’aurais cru si bien dire. D'ailleurs, au moment où je commence l'écriture de cette chronique, je suis knock-out. Et la raison est bien simple, je viens tout juste de revoir l’entrevue de David St-Jacques avec France Beaudoin à l’émission Bons baisers de France qui était diffusé jeudi dernier. Tout simplement incroyable. Prenez le temps de regarder cette entrevue en mode plein écran. On se retrouve dans 10 minutes.

Je ne sais pas quel effet a sur vous le visionnement de cet extrait d’émission mais si vous ne voyez pas d’étoiles, Houston! We have a problem! Do you mean leadership? Sincèrement, je suis abasourdi tellement Monsieur St-Jacques représente à merveille le modèle du leadership que j’ai développé, Les Forces Leaderiales.

Dans les Forces Leaderiales, on retrouve le concept de la Naturalité; à savoir si un leader est naturel ou non. Je précise que la mesure de la Naturalité se fait sur un continuum. Autrement dit, on peut être plus ou moins un leader naturel dépendamment qui on est et où on se trouve.

Indéniablement, l’astronaute en devenir est un leader naturel. Je dirais même fortement naturel et ce peu importe où il se trouve. Pour ceux qui cherchent à devenir un leader, ai-je besoin de préciser que La Naturalité est grandement reliée à la confiance en soi?

La deuxième composante des Forces Leaderiales est ce que je nomme les Forces Affectivocognitives. J’en ai régulièrement fait référence dernièrement alors que je commentais les sorties publiques de mes deux maires fétiches, messieurs Tremblay et Labeaume. Comme je vous ai fait part dans les semaines passées, le premier est un leader cognitif. Le second est un leader affectif. Indéniablement, monsieur St-Jacques est autant affectif que cognitif. Et ces deux éléments combinés à sa Naturalité est ce qui lui donne sa vivacité d’esprit et son aisance à interagir avec les autres. Vivacité et aisance que l’on constate en regardant son entrevue à Bons Baisers de France.

Dans la quatrième Force Leaderiale, la Classe du leadership, on retrouve ce que j’appelle le leadership désigné. Le leader désigné a de l’influence sur les autres par l’entremise de son expertise. Encore une fois, Monsieur St-Jacques captive les gens par son expertise; après tout, on ne devient pas candidat astronaute en jouant à la pétanque!

Remarquez comme il est stupéfiant de voir les invités du plateau littéralement accrochés aux lèvres du futur homme de l’espace. Pour vous en convaincre, je vous suggère de porter attention aux passages suivants. À 6 :35, le regard de Gregory Charles et l’un des membres des Chick’N Swell par la suite; à 7 :27, tous les invités n’ont d’yeux que pour une personne, devinez laquelle; 7 :37 l’attention de Marina Orsini; 10 :07, encore une fois Gregory Charles captivé.

Dans Le Meneur d’avril 2008, Leadership et hiérarchie – 1re partie, je parlais de l’importance d’être authentique, d’être soi-même, pour avoir du leadership. Également, je mentionnais qu’il ne vaut pas essayer d’épater la galerie, qu’il faut être humble pour avoir de l’influence sur les autres. À 6 :52, Grégory Charles pose la question suivante : «…Est-ce qu’il y a le sentiment de représenter ce qu’il y a de mieux dans l’humanité, dans l’espèce humaine?» Notez la réponse : «Je n’en suis pas encore là. En ce moment, honnêtement, je me sens comme un débutant. Je commence un nouveau métier…» N’est-ce pas une belle démonstration d’humilité? Le gars est ingénieur, docteur en astrophysique, médecin, il parle quatre langues et il se sent comme un débutant. Dois-je ajouter autre chose?

Tout au long de l’entrevue, j’ai adoré le langage non verbal de Monsieur St-Jacques. On perçoit aisément la confiance, la simplicité, la curiosité, l’ouverture d’esprit. En ce sens, j’aime sa réaction lorsqu’il parle de son cheminement après l’annonce de sa nomination. 7 :40 «…La semaine dernière c’était de traverser la semaine des médias…» «Et cette semaine vous allez voir Star Trek (un Chick’N Swell)». Cette réplique a évidemment fait rire les gens présents incluant monsieur St-Jacques. Cette façon de réagir est un exemple à suivre pour les gestionnaires qui se seraient sentis attaqués par une réplique similaire de la part de leurs employés.

J’aurais encore beaucoup de choses à dire de cette entrevue. Mais comme toute bonne chose a une fin, je vais terminer avec l’ambiance sur le plateau. En regardant la vidéo, arrivez-vous à ressentir l’énergie dégagée par l’ensemble des invités? L’admiration portée au futur astronaute est palpable. Lorsqu’une personne se distingue des autres, on devient comme médusé, pantois parce qu’on sait que l’on vit un moment privilégié sinon unique. Regardez bien la réaction des gens, leurs regards, leurs questions afin de mieux ressentir l’ambiance et l’énergie présente.

Du point de vue leadership, je suis conscient que vous n’êtes pas astronaute. Je sais également que comme moi, vous ne le deviendrez pas – sans vouloir vous offusquer. Toutefois, si vous aspirez exercer un leadership mobilisateur et que vous ne savez trop par où commencer, je vous suggère de prendre Monsieur St-Jacques comme modèle. Soyez simple, soyez humble, soyez sympathique et devenez un expert dans votre domaine ou dans l’un de vos loisirs. L’humain est ainsi fait, il admire ceux qui se distinguent des autres.

Au besoin, regardez à nouveau cette entrevue. Observez bien la façon d’être de celui qui aspire passer son cours d’astronaute 101. Prenez conscience de sa simplicité, de sa confiance. Remarquez sa façon de réagir et de répondre aux questions. Oui, prenez-le en modèle et lorsque vous aurez intégré les Forces Leaderiales au même niveau que celui qui rêve toucher les étoiles, c’est à ce moment que votre leadership vous fera chanter… Fly me to the moon…

06 juin 09: La vidéo de Frank Sinatra a été retiré de You Tube pour droits d'auteur. Voici donc une version jazz de la canadienne Diana Krall



Fly me to the moon
Let me play up there with those stars
Let me see what life is like
On Jupiter and Mars
In other words, hold my hand
In other words, darling kiss me

Fill my heart with song
Let me swing for ever more
You are all I long for
All I worship and adore
In other words, please be true
In other words, I love you

Why don’t you fill my heart with song
Let me sing for ever more
Because you are all I worship
All I long for and adore
In other words, please be true
In other words, in other words
I love you

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dimanche 15 février 2009

Bonne fête Darwin!

Oui chers lecteurs, je suis un fan de Darwin, Charles Darwin. Et cette année marque le 200e anniversaire de sa naissance – 12 février 1809 – ainsi que le 150e de la publication – 1er juillet 1858 – de son livre qui a bouleversé notre compréhension de la vie, L’Origine des espèces. Dans les circonstances, pouvez-vous bien me dire quel autre sujet aurai-je pu aborder? Leadership! Avez-vous dit leadership?

Justement, ne croyez-vous pas qu’il en avait du leadership ce cher Darwin? Imaginez-vous 200 ans en arrière. Imaginez-vous à une époque où la religion est reine et maître. Imaginez-vous à un moment de l’histoire où il y a tout juste quelques dizaines d’années, on pouvait vous couper la tête pour vos idées ou vous contraindre à résidence pour le reste de votre vie. En ces temps, auriez-vous eu le courage d’écrire un livre qui va à l’encontre des croyances populaires et qui plus est, va à l’encontre des dogmes religieux?

Oui mais… heuuu… ben… c’est que… tu vois… ce n’est pas que… dans mon plan de carrière… heeee… mes supérieurs… heuuuu… je suis un gars d’équipe… c’est ça… heeee… je suis un gars d’équipe donc je me rallie…. oui… ouen… heee… je me rallie aux idées des autres parce que je suis un gars d’équipe… heeee… c’est ce que je voulais dire… oui, c’est important le travail d’équipe alors je fais comme l’équipe décide même si je ne suis pas d’accord parce qu’il faut penser à l’équipe… (en tout cas, ça me donne plus de chance de progresser dans ma carrière en donnant l’impression d’être d’accord avec les autres).

D'accord, j'exagère un peu mais avouez que cela ne peut mieux résumer le dilemme! N’est-ce pas un intéressant dilemme? Suivre les idées admises ou aller à contre-courant pour faire valoir ce à quoi on croit réellement? Mais je sais ce que vous allez argumenter… Ce n’est plus pareil aujourd’hui. On vit à une autre époque. La société a changé. Il faut vivre son temps. Dix têtes valent mieux qu’une. On est à une époque du pluridisciplinaire. On ne peut plus faire les choses par soi-même parce que tout est devenu plus complexe et demande plus de ressources et de temps.

C’est vrai que les temps ont changé. D’ailleurs à l’époque, les gens n’avaient pas trois téléviseurs dans leur maison. Ils n’avaient pas non plus de garage dans leur cour arrière ni de Hummer pour aller au centre-ville dans le but d’épater la galerie. À l’époque, les gens ne devaient probablement pas avoir le désir d’être plus puissants que les autres (Sûrement pas!). Il ne devait pas y avoir de jeux de pouvoir (Des jeux de quoi!?!). Il n’y avait pas non plus d’alliance entre les uns et les autres (Bien sûr que non!). Ô, j’allais oublier me dites-vous, ce n’est plus possible d’avoir des idées révolutionnaires qui changent les paradigmes parce que tout a été inventé et pensé.

Vraiment? Et si le problème n’était pas que tout a été pensé mais bien qu’on préfère suivre la tendance afin de ne pas être mal vu de son patron ou de sa belle-mère! Avouez que les perspectives seraient différentes. Avouez que ça ne devait pas être facile d’avoir du leadership il y a deux cents ans et encore moins lorsque nos idées allaient à l’encontre des croyances établies.

Dans ma conférence Le Secret du leadership, j’explique que le leadership, c’est en nous que ça commence. Pour avoir du leadership, ça ne sert à rien de commencer par chercher des moyens et des méthodes pour mobiliser les autres. Pour avoir du leadership, il faut avant tout savoir qui on est. Pour avoir du leadership, il faut savoir ce qui nous motive à aller de l’avant. Il faut savoir quelles sont nos valeurs. Pour avoir du leadership, il faut savoir à quoi on croit. En ce sens, Darwin est un exemple à suivre. Il savait à quoi il croyait. Et il savait également ce que ses croyances impliquaient comme conséquences.

Dans le modèle que j’ai développé et que je présente dans une autre conférence, Les Pouvoirs d’influence du leadership, Darwin est un leader cognitif. Un leader cognitif, c’est quelqu’un qui communique au niveau des idées. Et c’est exactement ce qu’a fait Darwin. Il a développé sa théorie et il a mobilisé les gens autour de lui en leur parlant au niveau de l’intellect. Il savait que les opposants à sa vision seraient nombreux. Il a donc pris le temps d’élaborer ses arguments et il a accumulé les faits afin de pouvoir répondre aux objections.

Darwin avait du leadership et il a porté le flambeau pour mieux éclairer les autres. C’est lui qui a déchiffré les pièces du casse-tête de l’évolution qui étaient accessibles à tous, mais que personne ne voyait. C’est lui qui a cru en lui-même malgré les dogmes et croyances de ses contemporains. Et parfois, c’est ça avoir du leadership. C’est aller de l’avant malgré ce qu’en pense et ce qu’en dise les autres.

Darwin avait du leadership et son cheminement pour élaborer sa théorie sur L’Origine des espèces explique pourquoi il est si difficile de trouver des leaders dans nos sociétés modernes. C’est tout simplement que les élites sociales font tout en leur pouvoir afin que les précurseurs du changement ne viennent changer les dogmes établis. On en veut des leaders, à condition de garder le contrôle! On veut des leaders, à condition qu’ils fassent ce qu’on leur dit!

C’est une évidence, les organisations ont de la difficulté à trouver des leaders car au fond, nous sommes très darwiniens. Et c’est ce qui explique que cette semaine, je ne pouvais passer à côté de ces 200e et 150e anniversaires. Bonne fête Darwin!
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dimanche 13 juillet 2008

Darwinien

Il en avait des idées mon ami Charlie. L’une de ses plus loufoques a été de concevoir la vie comme une longue évolution où les individus s’adaptent à leur environnement. Selon sa théorie, le but ultime du monde vivant est de se reproduire afin d’assurer la survie de l’espèce. Sincèrement, je ne sais vraiment pas comment il en est arrivé à cette conclusion. C’est vrai que moi et Charlie, nous ne sommes pas de la même génération. Il ne devait pas y avoir de Nintendo sur le Beagle pour avoir le temps d’inventer des théories du genre. Mes contemporains seront d’accord avec moi, la reproduction peut servir à autre chose que d’assurer la survie d’une espèce. Par exemple, ça permet d’avoir le sourire le mercredi matin lorsqu’on arrive au bureau. Mais bon, on ne s’étendra pas… sur le sujet.

Évidemment, lorsqu’on pousse un peu plus loin l’idée première de Charlie, on comprend que pour se reproduire, le mâle a besoin de femelles. Bien sûr, ce n’est un secret pour personne. Et comme dans la nature il n’y a pas de règles sociales comme on les connaît nous les humains, alors les mâles assurent la survie de l’espèce en essayant de se reproduire le plus souvent possible! Je sais, vous êtes curieux de savoir comment ils s’y prennent petits coquins vous êtes!

La technique est quand même assez simple. Les mâles n’ont qu’à définir leur territoire et le protéger des intrus. Évidemment, ils laissent les femelles venir à eux, si vous voyez ce que je veux dire. Pour ce qui est des autres mâles qui pourraient être tenté de… et bien le mâle à qui appartient le territoire les chasse jusqu’à ce qu’il rencontre plus fort que lui. Ça n’a l’air de rien, mais avouez que la nature est quand même bien faite!

Il n’était pas si bête ce Charlie. Son idée, il a appelé ça la théorie de l’évolution. Elle s’appliquerait à tout ce qui est vivant. J’imagine que c’est la raison pour laquelle les chiens du quartier jappent lorsque quelqu’un passe dans la ruelle. Ils doivent vouloir protéger leur territoire. Ils ne comprennent sûrement pas que c’est à cela que servent les clôtures que leurs maîtres ont installées. Lorsqu’ils font leur petite marche de santé, pourquoi pissent-ils sur toutes les bornes-fontaines qu’ils croisent? Et bien, encore une fois, ils ne font que délimiter leur territoire. Sacré Charlie, tu en avais de ces idées!

Nous les humains, on n’a pas à uriner un peu partout pour dire aux autres que tel ou tel autre espace nous appartient. On a inventé les cadastres, délimité les territoires et posé les frontières. Évidemment, un moment donné, on c’est aperçu que sur le terrain du voisin, il y avait des choses qui pouvaient aider à notre survie par exemple… je ne sais trop, mettons, des minéraux, de l’or, du cuivre, du fer, du pétrole, des trucs du genre.

On se comprend, dans la nature, c’est plus simple. Lorsqu’un mâle voit une belle femelle, il va voir l’autre mâle et règle cela avec quelques coups de griffe, deux trois morsures ou un tiraillage de panache. Chez l’humain, j’imagine que ça a commencé en se lançant des roches. Après, il y a eu les combats d’épée et le corps à corps. Par la suite, ça a été le mousquet qui lui fut remplacé par le fusil. Les canons ont suivi et nous en sommes arrivés aux missiles. Charlie parlait de la théorie de l’évolution. En tout cas, moi, j’ai l’impression que les choses n’évoluent pas toutes à la même vitesse.

Cette semaine, il y a eu l’Iran qui a fait une petite démonstration avec ses missiles balistiques. Rien de vraiment sérieux. Un peu comme le chien du voisin qui jappe pour avertir le passant de faire attention au territoire qu’il défend. Rien de vraiment sérieux mais on sait tous que la situation est tendue dans ce coin du monde. Tout cela à cause d’une divergence de valeurs et de religion ainsi qu’une grande réserve de pétrole. On est plusieurs à convoiter ce précieux liquide qui assure notre survie au sens large du terme, ce qu’on pourrait appeler, ici en occident, notre qualité de vie.

Ah! Charlie, tu m’épates avec ta théorie de l’évolution. On a beau avoir envoyé l’homme sur la lune. On explore le système solaire et la planète Mars avec nos satellites et petits robots téléguidés. On invente des nanobidules qui vont bientôt parcourir le corps humain pour nous guérir des maladies aujourd’hui mortelles. Mais on se comporte encore comme de vulgaires petits primates qui tentent par tous les moyens d’assurer leur survie.

Tu vois Charlie, nos gestionnaires ont les plus beaux diplômes, ils peuvent venir des plus grandes universités, ils réalisent d’incroyables projets, leur esprit déborde d’imagination, mais ils trouvent difficile de mobiliser leurs employés. Je sais que tu comprends pourquoi il en est ainsi. Tu comprends que nous sommes prisonniers de ta théorie de l’évolution. On essaie d’être plus fin que les autres, on défend un je ne sais trop, on tente d’avoir l’air plus intelligent, plus fort, plus ci, plus ça. Tu comprends Charlie? On a de la difficulté avec notre leadership parce dans le fond, on se comporte comme de simples êtres darwiniens.

dimanche 9 décembre 2007

Règne animal

Ceux qui me connaissent le savent trop bien, j’aime faire des parallèles avec la nature pour comprendre le comportement humain et le leadership. Les études de Jane Goodall sur les chimpanzés sont d’ailleurs une référence à mes yeux. On a beau dire que l’humain a la capacité de comprendre son environnement, je n’ai pas la certitude qu’il comprenne réellement sa propre nature.

Vous avez probablement eu écho de la visite de monsieur Harper dans le fief du chef de l’opposition à Québec, notre Super Mario. Que de belles choses que cette présence à Rivière-du-Loup nous a permis d’entendre. Oui, les loups ont hurlé sans vouloir faire de jeu de mots! Ce qui va de soi, l’un des principes de base dans le règne animal, c’est la protection du territoire. Que le chef du gouvernement fédéral vienne rendre visite au chef de l’opposition, certains y ont vu une intrusion. Ahouuuuuu!

Le hurlement est un moyen de communication chez le loup. Il sert entre autres à rassembler et maintenir la cohésion de la meute. Le chant du loup est agréable à entendre. Il y a d’ailleurs des entreprises d’aventures qui offrent des sorties pour aller entendre des meutes en forêt. Le loup est une espèce qui vit en groupe et on y trouve une importante et complexe hiérarchie.

Nous avons les mêmes phénomènes chez l’humain : le hurlement et la hiérarchie. La visite de Harper a été perçue comme une menace par le parti libéral. Perception qui nous importes peu ici mais en ce qui a trait aux hurlements, disons qu’ils ne font pas dans la dentelle. C’est monsieur Béchard qui s’est mis sur la sellette dans ce dossier étant donné qu’il est le ministre responsable de la région du Bas-du-Fleuve. "J’aime beaucoup mieux me priver d’un dîner avec Stephen Harper et Mario Dumont… que de me transformer en tapis de porte…."J'espère qu'il n'a pas mis son veston neuf, parce que tout ce qu'on va voir sur son veston (après la rencontre), ce sont des traces de pas qui se sont essuyés sur lui". Ahouuu ! Ahouuuuuu !

Je m’en excuse, les mots ici rapportés ne donnent pas la mesure du ton utilisé par monsieur Béchard dont le statut dans la hiérarchie n’est rien de moins que ministre. Son «hurlement» se voulait rassembleur pour la meute mais pour ce qui est de l’exemple à donner, on repassera. Il y a quelques semaines, je faisais référence à la violence chez les jeunes et l’exemple, que nous les adultes, on leur donne. Les propos du veston neuf ont été prononcés à l’Assemblée nationale. Pourtant, on les croirait sorties de la bouche d’un petit baveux dans une cour d’école. A-t-on besoin de rappeler qu’un leader doit normalement donner l’exemple?

Cette visite de monsieur Harper est une occasion de prendre conscience des embûches que l’on peut rencontrer sur le chemin menant au leadership. Ceux qui veulent mobiliser leur entourage sont confrontés à un complexe dilemme. D’une part, ils doivent apprendre à déceler leurs instincts primaux de tous niveaux dont ceux reliés au concept de territoire et sa protection. D’autre part, ils doivent adopter une attitude et un comportement en accord avec les valeurs foncièrement humaines dont entre autres l’intégrité, le respect et l’objectivité.

Nous sommes tous mus par un instinct de survie. C’est une pulsion encodée dans nos gènes. Les réels leaders sont ceux qui ont appris à maîtriser cette pulsion afin de la transformer en énergie créative.

À vous maintenant de transformer vos démons intérieurs en collaborateurs du succès de vos projets.

N.B. : Mes services en coaching visent la canalisation de nos forces intérieures vers le développement d’un leadership efficace, constructif et rassembleur.

dimanche 28 octobre 2007

L'effet papillon

Qui n’a pas entendu cette métaphore qui laisse croire que le battement d’ailes d’un papillon peut avoir une influence sur le climat à des milliers de kilomètres? D’un point de vue météorologique, cela est sans fondement mais l’idée demeure présente dans nos conversations. Lorsqu’on cherche à démontrer qu’un simple événement peut avoir des conséquences insoupçonnées, on parle de l’effet papillon.

Depuis quelques semaines, le prix du baril de pétrole augmente jour après jour. Selon les analystes, c’est les tensions géopolitiques à travers le monde qui explique cette surenchère de l’or noir. C’est tout de même particulier, un conflit à l’autre bout de la planète – présentement la Turquie qui veut envahir le nord de l’Irak – influence le prix de l’essence que nous payons à la pompe.

Bien entendu, ce qui explique la hausse du prix du pétrole, c’est le principe de l’offre et de la demande agrémenté d’incertitude et d’anticipation. Effectivement, les analystes anticipent une baisse des livraisons de l’or noir si la Turquie met à exécution son intervention en Irak. En conséquence, le prix du baril de pétrole atteint des sommets.

Qu’on l’accepte ou non, derrière tout ça, c’est le leadership qui est en cause. Eh oui, c’est du leadership qui fait augmenter le prix du baril de pétrole. Derrière les conflits ici et là, à travers le monde, il y a des gens qui en influencent d’autres. Il y a des gens qui convainquent leurs proches que la meilleure décision à prendre, c’est d’entrer dans un conflit armé ou l’un de ses lâches dérivés.

Avouez qu’il en faut du leadership pour convaincre nos pairs que la meilleure solution face à un problème, c’est d’envoyer nos compatriotes ou sympathisants se faire tuer ou se faire exploser. Prenez le temps d’y penser. Pensez à tous ces hommes, toutes ces femmes, tous ces enfants, tous morts au combat ou de ses conséquences. Il en faut du pouvoir d’influence pour arriver à de tels résultats.

Le leadership, ce n’est qu’un pouvoir d’influence. L’influence d’une personne sur ses proches. Une influence, qui bien souvent, au début, agit imperceptiblement. Une influence qui de jour en jour, prend de l’ampleur. Une influence qui graduellement devient crédible, devient ce qu’on croit, devient notre façon de voir le monde. Une influence qui une fois réelle, peut causer des torts à des milliers de kilomètres.

Bien entendu, les conséquences d’une influence ne sont pas toujours aussi dramatiques. Elles ne se produisent pas toujours à des milliers de kilomètres. Plus souvent qu’on peut le croire, elles se manifestent au sein même de nos organisations. Si votre entreprise n’est pas aussi performante que vous l’espérez, il y a de fortes chances que votre problème origine d’un effet papillon.

Leadership! Avez-vous dit leadership?

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