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dimanche 25 juillet 2010

Manipulation ou persuasion?

Peu importe le milieu, l’organisation ou le département, tôt ou tard, on se retrouve devant des choix à faire. Tôt ou tard, on doit prendre des décisions, mais avant de le faire, on consulte lui, l’autre, collaborateurs et collègues. Évidemment, chacun d’eux a leur propre personnalité. Certains sont terre-à-terre. D’autres vont directement aux faits. Et bien entendu, quelques-uns tentent de nous convaincre de faire ci au lieu de ça.

Lorsque la responsabilité de décider nous incombe, on pèse et soupèse ce que l’un a dit ou n’a pas dit. Lorsque l’on doit faire un choix, et ce, peu importe le choix, il faut être conscient que derrière ce que l’un a dit ou pas dit, se cache souvent une intention. Pour s’en convaincre, on peut penser à «Prêcher pour sa paroisse». Certains appellent cela des enjeux. Enjeux que plusieurs défendent par des convictions, d’autres par la persuasion. Persuasion qui parfois, prend des airs de manipulation.

Des manipulateurs, il y en a dans tous les milieux. Peu importe ce que l’on fait, il faut apprendre à les découvrir et surtout, s’en prémunir. Mais comment faire? Comment identifier ceux qui tentent de nous faire croire ci alors qu’ils pensent ça? Cela va de soi, il faut connaître les techniques utilisées.

Évidemment, connaître c’est bien, mais pour apprendre, le voir, c’est mieux! C’est exactement ce que je me suis dit lundi soir dernier à l’écoute du Téléjournal de Radio-Canada. C’est en regardant le reportage d’Yvan Côté que j’ai vu l’exercice d’apprentissage que je vous propose de regarder dès maintenant en cliquant sur reportage.


La communication
Commençons par la base. Tous les communicateurs le savent, les mots ne comptent que pour 7 % dans la transmission du message. C’est le ton utilisé (38 %) et le langage non verbal (55 %) qui composent plus de 90 % de l’information transmise à notre (nos) interlocuteur(s). Avec ces données en tête, imaginez l’impact du ton et du non verbal lorsqu’on veut persuader, ou manipuler!


Ton et non verbal
Évidemment, la communication n’est pas que persuasion ou manipulation. Parfois, la communication cherche à clarifier des faits. En mode clarification, le ton et le non verbal sont tout aussi importants.

Dans le reportage d’Yvan Côté, on voit justement en action la communication en mode clarification, persuasion et manipulation. En ce sens, je vous invite à regarder cet extrait video 1 pour voir comment Vincent Lacroix et l’interrogateur (Monsieur Roussel) utilisent le ton et le langage non verbal soit pour clarifier, persuader ou manipuler.

Personnellement, j’aime lorsque Monsieur Roussel fait aller ses mains dans un va-et-vient pour symboliser l’écart entre les états financiers d’Octan et ceux de Northen Trust. Intéressant également lorsqu’il se touche le torse pour signifier «votre propre système». J’aime également le ton de Vincent Lacroix à la fin de la vidéo, "Vous posez une excellente question Monsieur Roussel."


Technique de manipulation
Comme mentionné, j’aime la fin de la vidéo précédente. C’est une puissante technique de manipulation. Au lieu de répondre à la question de son vis-à-vis, Vincent Lacroix le félicite de sa question.

En félicitant l’autre, on le déstabilise tout en changeant le sujet en cours. L’autre est déstabilisé, car au lieu d’une contre-attaque, il reçoit des éloges.


Technique de persuasion
Pour persuader l’autre, le manipulateur va pousser à l’extrême ses arguments. Parfois, il va soutenir sa position en affirmant quelque chose qu’il sait impossible. Dans ce type de situation, il utilisera également le non verbal.

Dans la première partie de cet extrait vidéo 2, remarquez la tape sur la table de Vincent Lacroix alors qu’il affirme qu’il referait la même chose même si la peine de mort était de nouveau en vigueur au Canada. Ce qu’il tente ici, c’est de convaincre son interlocuteur qu’il (Lacroix) a pris les bonnes décisions au temps de Norbourg ou qu’il ne regrette rien...


Que pensez-vous de la communication?
Il y a beaucoup à dire sur le verbal et le non verbal présent dans les vidéos ci-dessus. J’aimerais savoir ce que vous en pensez. Qu’observez-vous? Qu’en pensez-vous (du point de vue communication.)? Je vous invite à en discuter sur LinkedIn. Personnellement, j’interviendrai principalement dans ce groupe.


Autres liens sur Radio-Canada.ca
Dossier Lacroix devant la caméra, ici
Téléjournal du lundi 19 juillet 2010, ici
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dimanche 28 février 2010

Joannie Rochette: avoir un but!

Je ne peux commencer autrement. Sympathies à Joannie Rochette, sa famille, ses proches. Qu’elle puisse retrouver la paix intérieure après l’épreuve placée sur son chemin. Que ce fatidique moment soit la découverte d’horizons inconnus. Car la vie est un perpétuel recommencement qu’on ne peut arrêter. Courage et plénitude

Il y a l’épreuve, humaine, douleur personnelle. Il y a aussi l’épreuve, Olympienne, accomplissement personnel. Ce dernier d’autant plus grand par la présence de la première. Les deux juxtaposées expliquent sans nul doute notre admiration pour la performance de l’athlète. D’autant plus admirable qu’elle a posé le pied sur le podium. Détermination et joie

Inutile de le nier, Joannie Rochette est dorénavant une source d’admiration pour l’ensemble de la population. Et pour les gestionnaires, indéniablement une source d’inspiration. Comment pourrait-il en être autrement face à une telle démonstration de résilience?


Joannie Rochette a démontré que l’adversité n’est pas nécessairement un obstacle au succès. On comprend toutefois que ce dernier exige alors de la discipline et des aptitudes. Entre autres, l’aptitude à demeurer concentré sur l’essentiel. L’aptitude à canaliser nos énergies sur ce qui compte au moment présent. L’aptitude à ne pas perdre de vue la raison d’être de nos efforts. L’aptitude à garder en tête ce qui était initialement planifié.

Joannie Rochette est en soi une leçon de leadership par sa capacité à garder le focus sur le travail à faire. Et c’est avec brio, malgré l’indescriptible douleur, qu’elle a complété la dernière étape de son projet. Imaginez nos organisations si les gestionnaires avaient cette détermination.

Pour rien au monde, Joannie Rochette n’aurait abandonné ce qu’elle partageait avec sa mère depuis de nombreuses années. Heureusement, plusieurs se sont mobilisés derrière elle afin qu’elle puisse mettre en œuvre son talent.

Sous les projecteurs, il y a l’admiration, l’inspiration et la résilience de l’individu. Dans l’ombre, il y avait le réconfort des proches et des amis. Il y avait aussi l’aide et le soutien de l’équipe. Voilà ce que doivent comprendre les organisations qui aspirent au succès : le leadership individuel prend forme là où on retrouve une culture du leadership.

L’exploit de Joannie Rochette aux Jeux olympiques de Vancouver 2010 est l’exemple à suivre pour développer le leadership individuel et organisationnel. Par l’exploit, on comprend l’importance de soutenir ceux qui ont du talent, de la détermination et de la résilience. Par l’exploit, on comprend l’importance de soutenir ceux qui ont un but.

Crédit: Ivan Sekretarev/AP
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dimanche 31 janvier 2010

Charisme et leadership

Il y a quelques jours, la journaliste Aude Marie Marcoux m’interviewait pour mon point de vue concernant l’existence du leader naturel, le leader né. Le texte de notre entretien a été publié jeudi dernier sur le site Internet d’Urgence Leadership. Après avoir salué mon approche, un lecteur se demandait si on peut être un leader naturel sans pour autant avoir de charisme. J’ai trouvé la question très intéressante.

La question est intéressante, car tout comme le leadership, le charisme est un mot pour lequel tout un chacun a sa propre définition. Dans les circonstances, avant d’entrer dans le débat, regardons la définition du Petit Robert :

Qualité qui permet à son possesseur d’exercer un ascendant, une autorité sur un groupe.

Au premier abord, avoir de l’ascendance ou de l’autorité sur un groupe, cela ressemble à du leadership. Un leader a effectivement de l’ascendance sur les autres. Cela dit, selon moi, on peut être un leader naturel sans nécessairement avoir de charisme. Cela est possible, car le leadership est l’aptitude à influencer les autres et l’influence d’un individu provient de différentes compétences ou attributs personnels; différentes compétences ou attributs dont parfois, je dois l’admettre, le charisme.


Le charisme peut contribuer au leadership d’un individu, mais ce n’est pas le charisme qui est son leadership. Pour s’en convaincre, regardons du côté de nos feux politiciens. Par exemple, pensons à René Lévesque qui selon moi, était quelqu’un qui avait du charisme. Pour sa part, Pierre-Elliot Trudeau n’était pas charismatique. Pour autant, cela ne l’a pas empêché de devenir premier ministre du Canada et même, devenir l’un des mythiques Premier ministre du pays.

La distinction entre leadership et charisme est encore plus évidente lorsqu’on fait intervenir le modèle auquel je réfère régulièrement, Les Force Leaderiales. Ainsi, les fidèles lecteurs penseront immédiatement au leader affectif et au leader cognitif. Dans ce modèle, René Lévesque était un affectif. Pour sa part, Pierre-Elliot Trudeau était un cognitif.

Cela dit, le maire Régis Labeaume, lui-même un affectif, n’est pas quelqu’un de charismatique comme l’était René Lévesque. Est-ce que cela l’empêche de diriger la ville de Québec avec brio? Absolument pas. Comme certains s’amusent à l’appeler, Régis Premier a indéniablement du leadership. Et j’ajouterais un leadership positif, constructif, pour sa collectivité.

Pour tenter de distinguer plus encore le charisme du leadership. Je dirais que le charisme nous interpelle au niveau des émotions. C’est quelque chose de ressenti. Quelque chose chez l’autre qui nous fascine. Le charisme me semble être un mélange d’envie, d’admiration et de projection de soi dans l’autre.

Tout comme le charisme, le leader affectif nous interpelle au niveau des émotions. Mais là s’arrête la similitude, car le leadership affectif éveille surtout nos besoins et désirs. Entre autres, le besoin d’accomplissement et de réalisation de soi.

De façon générale, le leadership nous pousse à passer à l’action. Il nous mobilise à poser des gestes que nous n’aurions pas faits normalement. Ce qui n’est pas le cas avec le charisme. Le charisme ne mobilise pas, il transpose. Souvent, il transpose dans un état d’adulation, de vénération, d’idolâtrie ou un mélange de ces ressentis.

Isolément, le charisme n’est pas une source de motivation aux yeux des autres comme peut l’être le leadership. Le charisme est selon moi, principalement une source d’admiration.

À l’occasion, le charisme peut être une composante du leadership d’un individu. Mais il ne sera jamais le leadership de cet individu. Je conclus donc en affirmant qu’il est effectivement possible d’être un leader naturel sans charisme.

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jeudi 29 octobre 2009

Jean Charest: être à l'écoute

Dans mon temps… Ouucchh! Eh oui!, les anniversaires sont un inéluctable enchaînement qui contribue au souvenir! Mon gong annuel résonnera dans quelque jour. Cela combiné à l’actualité me fait penser au temps où comme mes collègues, je répondais: j’t’ingénieur! J’aimais être j’t’ingénieur. Non pas que je ne le suis plus mais je garde un bon souvenir de ce temps où Walkie-talkie à la main, téléphone de l’autre, je courrais à la rescousse de mon prochain! Que d’adrénaline contribuant au plaisir!

J’aimais être l’ingnégnieur car au-delà du soutien technique que j’offrais aux employés de production, mon rôle me donnait le privilège d’établir des relations souvent amicales, parfois très amicales. Autrement dit, je faisais partie des leurs; les employés horaires s’entend. Dans les circonstances, certains n’hésitaient pas à me confier leur état d’âme parfois concernant leur travail, souvent en regard à l’organisation.

Bien honnêtement, j’en ai entendu de toutes les couleurs. Comme cette fois, ou plus réalistement ces fois, où les temps d’approvisionnement n’avaient pas été considérés dans la mise à jour de l’échéancier de production. Conséquemment, l’ingénierie coupait les coins ronds. Pour ce qui est des bons de commande, ils sortaient des achats avant même que l’ensemble du design soit complété. Oui!, le concurrent engineering était à la mode! Ahaaa!, ce bon vieux temps…

"C’est pareil comme l’autre commande. Y a juste des petits changements à faire!!! Vous êtes capables…" Effectivement qu’on était capable! On était également capable de faire venir des pièces par avion afin de réduire les retards. C’était fou comme il y en avait de l’argent pour réparer les pots cassés. Argent qui faisait pourtant défaut lorsqu’il était temps d’agir pour prévenir. Ce qui m’avait amené à comprendre le concept des organisations réactives et proactives. J’en ai vu plusieurs du premier type, très peu du second. Leadership! Avez-vous dit leadership? Ouuups!

L’entreprise avait beau avoir endossé la philosophie du Just in time. Plusieurs constataient que les décisions «d’en haut» nous menaient au Just to late. Je me souviens encore de cette journée où les retards et les erreurs s’accumulaient. Il était question de mise à pied tellement la situation allait de mal en pis. Et cet employé de me dire le fond de sa pensée : Amenez-les les pièces! On va les construire vos engins. Cette fois-là je dois l’avouer, j’avais été surpris par ce cri du cœur.

Surpris d’entendre le désir de participer au succès alors qu’on a l’impression d’avoir les mains attachées. Surpris de voir le désir de travailler contraint par une intentionnelle déficiente planification.

J’aimais être ingnégnieur. J’aimais l’être peut-être parce que cela me permettait de voir les actions, les intentions, la façon d’être, les valeurs, l’authenticité des uns et les stratégies des autres. D’une certaine façon, probablement que j’aimais être entre l’arbre et l’écorce. Être entre l’arbre et l’écorce peut-être parce que je n’aime pas voir blanc? Peut-être parce que je n’aime pas voir noir?

J’aimais être l’ingnégneur et avec le recul, je réalise que j’ai aimé l’être parce que cela fut mon école pour apprendre et comprendre le leadership. Avez-vous dit leadership?

Lorsque j’étais l’ingnégnieur, j’ai pu observer le gouffre entre ceux qui voient les solutions aux problèmes et ceux qui veulent contrôler l’issue des problèmes. Et je dois avouer que c’est parfois stupéfiant de voir l’incompréhension des uns face à la diversion des autres. Le plus intéressant survient lorsque la situation persiste. À ce moment que l’on voit apparaître le dialogue de sourd et la perte de confiance des uns envers les autres alors que la solution serait si simple.

Que de souvenirs peut faire le son du gong en conjonction avec l’actualité. Remarquez, je ne voulais pas vous importunez avec mes souvenirs d’ingnégnieur. C’est juste que dans les derniers jours, j’ai pu voir dans la population la frustration que j’observais chez ceux que je côtoyais jadis. La même frustration due à un dialogue de sourds duquel s’ensuit une perte de confiance.

Vous m’excuserez si je pense à mes souvenirs en regardant l’actualité. C’est juste que la solution d’aujourd’hui me semble toujours aussi simple que celle d’autrefois. Lorsque j’étais ingnégnieur, il aurait fallu mieux planifier afin d’aller de l’avant. Aujourd’hui, il faudrait simplement planifier une commission d’enquête sur le monde de la construction pour aller de l’avant.

Pourquoi est-ce si difficile d’aller de l’avant? C’était vrai au temps de mes souvenirs. Cela semble l’être encore aujourd’hui. Cela semble difficile à faire pour ceux qui veulent contrôler la solution. Avouez qu’il serait facile d’aller de l’avant si simplement, Jean Charest était capable d’être à l’écoute!

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