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dimanche 3 octobre 2010

Le problème ou l'image?

Que vous soyez indépendantiste ou fédéraliste, capitaliste ou socialiste, communiste ou je-m’en-foutiste, vous en avez surement entendu parler. Selon Maclean’s, le Québec serait la province la plus corrompue du Canada. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais si ce n’est pas une façon de créer un effet bœuf, certains seront d’accord pour dire que la déclaration ne peut être plus vache.

Mais comme vous le savez, nous ne sommes pas ici pour décrypter les expressions québécoises. Sur ce blogue, c’est du sérieux. Sur ce blogue, on s’intéresse au leadership! Avez-vous dit leadership?

Avouons-le, depuis la déclaration Maclean’s, il n’y a plus de secret sur le comment mobiliser un groupe, il suffit de dire ce qu’une majorité pense et qu’une minorité cache. Mais au-delà de la mobilisation, le plus intéressant est de voir ceux qui ont le plus à cacher se porter à la défense de ceux qui ont le plus à penser. Remarquez, peut-être est-ce là une réaction inconsciente par laquelle le fautif, prit de remords, veut épargner à la majorité les conséquences des actes de la minorité?

Passons les remords qui de toute façon, ne semblent pas faire partie du vocabulaire de la minorité en question et revenons à la mobilisation. Il est important d’y revenir entre autres pour le gestionnaire qui cherche à obtenir de meilleurs résultats. Effectivement, il faut comprendre que même si la majorité d’entre eux pensaient que les travailleurs n’ont pas le cœur à l’ouvrage, il n’y aurait pas d’effet bœuf si on laissait sous-entendre que les employés se trainent les pieds. Cela dit, même en l’absence de l’effet bœuf espéré dans ce cas-ci, tous les concernés seraient d’accord pour encore une fois qualifier la déclaration de vache.

D’accord, laissons les ruminants même si le sujet Maclean’s à de quoi faire ruminer. Que voulez-vous, il y a des jours comme ça! Et ce n’est tout de même pas de ma faute si le sujet laisse croire que je me suis levé du pied droit au lieu du pied gauche, ou l’inverse. Mais c’est ça qui est ça.

N’est-ce pas surprenant de voir lui, l’autre, et son contraire crier sur tous les toits l’odieux de la chose? N’est-ce pas curieux de dénoncer l’autre qui dit ce que tout le monde pense plutôt que penser à faire ce que tout le monde dit? Par exemple, une enquête publique sur le milieu de la construction!

Tout cela laisse perplexe si on se tourne vers ceux qui cherchent à améliorer leur leadership. Perplexe de voir que pour se protéger, on tente de nier l’évidence. Pourtant, ce n’est pas en faisant ce que la majorité dénonce que l’on va la mobiliser. D’autant plus perplexe lorsqu’au lieu de regarder la réalité afin de la corriger, on préfère dénoncer celui qui met à jour ce qu’on nie par des tergiversations et une autre. Ou si vous préférez, l’infini plus un!

La morale de cette histoire amorale lorsqu’on pense leadership c’est qu’il vaut mieux chercher à régler le problème que de dénoncer l’image.

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dimanche 26 septembre 2010

Alliance ou influence?

Difficile de ne pas être à la page en parlant de la commission Bastarache. Depuis trois semaines, il en est question dans pratiquement tous les bulletins de nouvelles. Mais qu’on en parle autant, il n’y a là rien de surprenant, c’est notre système démocratique qui est ébranlé par le sujet. Et à écouter les dires de l’un, ou le contraire de l’autre, on se croirait dans l’un de ces pays où les dossiers avancent à coup de pots-de-vin, ou pour l’amour des tits-n’amis.

Le plus désolant dans la commission Bastarache, c’est que plus elle avance, plus elle semble mener nulle part. Seule exception, la tendance qui se dessine sous nos yeux : l’impatience du commissaire qui tente de démontrer qu’il a le plein contrôle des travaux. Jamais sauts d’humeur n’auront été aussi dispendieux sauf peut-être, là où justement, les dossiers avancent aux pots-de-vin, entre tits n’amis!

Après le plus désolant, le plus intéressant au cours de la dernière semaine : les témoignages. Entre autres, celui de Georges Lalande qui est venu donner un nouveau souffle aux propos de l’ancien ministre de la Justice, Marc Bellemare. Un souffle salutaire pour ce dernier après avoir été contredit tant par son ancien attaché de presse, Jacques Tétrault, que son ancien chef de cabinet, Michel Gagnon. Soulignons au passage que ces deux ex gravitent toujours dans le monde libéral.

Un autre fait saillant est le témoignage du ministre délégué aux Transports, Norman MacMillan. Il a admis être intervenu auprès de Marc Bellemare afin d’aider le fils de son organisateur politique qui voulait devenir juge. Fait saillant, ou désolant, parce que selon le ministre, si le fils en question a obtenu le poste convoité, c’est parce qu’il a fait son job de député. Il me semblait pourtant que le travail d’un député était de représenter sa communauté auprès du gouvernement…

Le mot ami serait-il un synonyme de communauté, collectivité et quoi encore! Remarquez, c’est peut-être que le monde politique n’utilise pas les mêmes dictionnaires que la population! Ce qui expliquerait le cynisme de la majorité à l’égard d’une minorité!

Sous un autre angle, peu importe lequel, excepté celui du leadership, on pourrait mentionner au ministre délégué les règles usuelles des concours organisés ici et là. En particulier, la fameuse clause qui exclut…

«...les employés, agents et représentants des organisateurs du concours, de toute compagnie, société, fiducie ou autre entité juridique contrôlée par ou liée à ceux-ci, de leurs agences de publicité et de promotion, des fournisseurs de prix, de matériel et de services liés au présent concours, ainsi que les membres de leur famille immédiate (frères, sœurs, enfants, père, mère), leur conjoint légal ou de fait et toutes les personnes avec lesquelles ces employés, représentants et agents sont domiciliés.»

Selon cette règle de bingo, on comprend que le fils d’un organisateur politique se trouve de facto exclu d’une quelconque nomination quelle qu’elle soit. Mais bon…

En temps normal, on observe le leadership lorsque lui influence l’autre afin que ce dernier s’engage. Un engagement qui se fait alors que l’autre demeure libre de ses idées. En présence d’alliances par contre, il semble que c’est l’autre qui influence lui afin qu’il engage au choix, son fils, son cousin, son voisin, etc. Par le fait même, un engagement qui exige alors que lui devienne dépendant des idées de l’autre, et ce, peu importe les idées.

Voilà donc ce que doit retenir tout gestionnaire qui désire développer une organisation par son leadership : ne pas confondre alliance et influence.

Autre texte sur les alliances, ici
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jeudi 9 septembre 2010

Un leader qui n'a pas abandonné

Après mes alignements de planètes et autres formules d’ouverture, voilà un drôle de hasard qui n’a rien de drôle. Drôle de hasard parce qu’il y a une semaine jour pour jour, je mentionnais qu'un Vrai leader n’abandonne pas ce qu’il a commencé. Un Vrai leader est quelqu’un qui va jusqu’au bout de ses idées, ses rêves, sa passion. Un hasard qui n’a rien de drôle lorsque je pense à la mort du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et député libéral de Kamouraska-Témiscouata, Claude Béchard. Mes condoléances à la famille et aux proches.

Je ne suis pas un chaud partisan libéral et pas plus partisan péquiste. En fait, je suis plus pour le gros bon sens, mais cela ne semble pas être le lot de la politique, gauche ou droite obligent. Cela dit, la mort du ministre m’interpelle tant du point de vue personnel, professionnel que, bien entendu, du leadership.

Au point de vue personnel, la mort du ministre m’interpelle, car avouons-le, mourir à 41 ans est bien trop tôt. Je suis pourtant conscient qu’à travers la planète, des milliers et des milliers de gens de tout âge meurent pour toutes sortes de raison. À travers la planète, on meurt de soif, de faim, d’un attentat, d’un génocide, d’une guerre et comme ici, de la maladie. Faut croire que ces morts anonymes n'ont aucune mesure avec la mort d’un proche, et ce, qu’il soit plus ou moins proche. Comme quoi plus on connaît, plus la mort donne du sens au non-sens.

Du point de vue professionnel, la mort du député appelle à l’action. Effectivement, l’événement fait prendre conscience, d’ailleurs comme il le disait, qu’il n’y a pas de temps à perdre. Parce qu’on a beau avoir les plus beaux projets en tête, ce n’est que dans l’action qu’ils auront un impact, ne serait-ce que modeste, dans le cheminement de la société. Mais par où commencer? Il y a tant à faire. Encore plus à faire lorsqu’on prend conscience que nous ne décidons pas quand le temps s’arrête.

Sous l’angle du leadership, le décès de Claude Béchard met en lumière l’exemple à suivre. Ainsi, on reconnaît le leader lorsque de part et d'autre, on souligne les traits qui le caractérisent. Certains parlent de son sens de l’humour, son intelligence, sa passion pour la politique. D’autres mentionnent son côté bagarreur, sa répartie aiguisée, son courage. Voilà des traits que l’on observe chez certains types de leader.

Combien de fois l’a-t-on dit? La plus belle mort est celle qui survient lorsqu’on fait ce qu’on aime. Quoique la plus belle mort n’a probablement rien à voir avec celle qui découle d’une dégénérescence. Sans parler de la douleur, physique et psychique, qui associe la mort qui origine d’un cancer.

On ne peut le nier, le ministre Claude Béchard a fait preuve de courage pour affronter la vie, et plus encore la vie politique, telle qu’il l’a fait au cours des derniers mois. Qu’il sût ou non ce qui l’attendait dans les mois puis dans les jours à venir avant son décès, il aura fait ce qui le passionnait jusqu’à la fin. Indéniablement, c’est un leader qui n’a pas abandonné.

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jeudi 19 août 2010

Qui faire monter dans l'autobus?

Vous l’ai-je déjà dit? L’actualité est un jardin d’Ali Baba d’exemples à suivre ou ne pas suivre lorsqu’il est question de leadership. Le dernier en liste prend forme avec le congédiement de Marty Cheliak, le directeur du Programme canadien des armes à feu. Programme soit dit en passant mis en œuvre suite aux nombreuses démarches de la Coalition pour le contrôle des armes. L'une des cofondatrice de cette coalition, Heidi Rathjen, a d'ailleurs fait l’objet d’une chronique sur ce blogue.

Revenons au jardin si vous le voulez bien. Officiellement, Marty Cheliak a été congédié parce qu’il ne répondait pas au critère de bilinguisme relatif à son poste. Dans cette logique, ne me demandez pas pourquoi plusieurs ministres du gouvernement conservateur ne sont pas congédiés. Serait-ce parce qu’eux, malgré leur lacune « molièrienne », ne contreviennent pas à l’idéologie du premier ministre Stephen Harper?

De quoi je me mêle pourrait-on dire, mais rien n'empêche que les partis d’opposition se questionnent sérieusement sur les réels motifs du congédiement de Marty Cheliak étant donné qu’il s’est porté à la défense du registre des armes à feu. N’est-ce pas un curieux hasard que le débat sur ledit registre reprendra dans quelques semaines aux Communes? D’autant plus curieux lorsqu’on pense qu’ouvertement, Stephen Harper se dit en faveur de l’abolition du registre…

Avec la controverse autour du congédiement de Monsieur Cheliak, ce matin dans The Gazette, Mark Kennedy dresse la Black List du gouvernement Harper. Il semble que le nombre d’indésirables augmente avec le temps qui passe. J’avais d’ailleurs fait une étude de cas avec l’une des « Black listé ». Cette dernière était la présidente de la Commission canadienne de la sûreté nucléaire et avait ordonné la fermeture de la centrale nucléaire Chalk River. Signalons au passage que Chalk River sera remis en opération la semaine prochaine après une fermeture de 15 mois. Comme quoi Linda Keen avait peut-être raison…

Je ne pourrais dire si Marty Cheliak a raison ou non, mais son congédiement invite à la réflexion. Il faut d’autant plus réfléchir si on pense leadership. Parce que le leadership, ce n’est pas de s’entourer de gens qui pensent comme nous. Du moins, ce n’est pas ce type de leadership qui est intéressant. Toutefois, il est vrai que certains préfèrent s’entourer de gens qui ne les contrediront pas. Si vous voulez mon avis, ce n’est pas comme ça que l’on construit une équipe gagnante.

C’est d’ailleurs en lisant la chronique de Mark Kennedy que j’ai pensé aux équipes gagnantes. Plus particulièrement, j’ai pensé au livre best-seller Good to Great de Jim Collins. M. Collins explique que les entreprises exceptionnelles sont souvent composées de gens exceptionnels. Selon l’auteur, l’important est d’avoir les bonnes personnes aux bons endroits. Pour ce faire, il explique que parfois, des entreprises embauchent des gens sans même savoir ce qu’elles leur feront faire. En fait, ces entreprises embauchent parce qu’elles savent qu’un candidat exceptionnel fera un travail exceptionnel lorsque viendra le temps de le faire.

Certains aiment s’entourer de gens qui ne les contrediront pas. D’autres préfèrent s’entourer de gens qui remettent les idées en question afin de repousser les limites. C’est en fonction de ceux qui nous entourent que l’on passe de bon à excellent. Comme le dit si bien Jim Collins, pour passer de bon à excellent, il faut avant tout savoir qui faire monter dans l’autobus!

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dimanche 15 août 2010

Êtes-vous éthique?

Il y avait le remaniement du gouvernement Charest mercredi dernier à Québec. La nouvelle a fait les manchettes et l’émission radio La Tribune de Radio-Canada n’a pas fait exception à la règle. Il y a eu le pour, le contre et évidemment, l’analyste, qui sont venus donner leur point de vue. Et comme à l’habitude, les auditeurs ont suivi avec leurs commentaires et suggestions. Personnellement, je trouve qu’il y a plein de gens qui ont de bonnes idées.

Les interventions allaient bon train même si l’animateur a mentionné qu’il y avait peu de monde en attente pour partager leurs opinions sur les ondes. Quelques minutes plus tard, c’est le Dr Yves Lamontagne qui prenait la parole. C’est rare qu’une personnalité publique intervienne lors des lignes ouvertes. L’animateur a mentionné que le président du Collège des médecins voulait intervenir en son nom. Je me suis alors demandé si on peut réellement intervenir publiquement en son nom lorsqu’on occupe la présidence de ci ou de ça.

Dès le début de son intervention, Yves Lamontagne a pris la défense du ministre de la Santé Yves Bolduc. Entre autres, il a mentionné que c’est un très bon médecin. Après les louanges et d’autres encore, il a rapidement dénoncé le parti d’opposition qui aurait selon lui le jeu facile. Aux yeux du Dr Lamontagne, il est facile de poser des questions et soulever des problèmes lorsqu’on n’a pas de solution.

Après une question de l’animateur qui pointait dans une autre direction, le « quidam » a expliqué que la Fédération des médecins spécialistes dénonçait le savoir-faire du ministre parce qu’avant tout, son rôle est de négocier au nom des médecins. Le Docteur Lamontagne a également précisé que ce n’était pas la première fois que le Collège des médecins défendait la compétence du ministre Bolduc.

C’est ainsi que je me suis demandé si un individu occupant un poste officiel peut réellement parler en son nom et par le fait même, ne pas impliquer son rôle public? De plus, l’individu peut-il réellement intervenir en son nom sur un sujet en lien avec son rôle public? N’est-ce pas ce qu’on nomme un conflit d’intérêts ou une apparence de conflit d’intérêts!

La réponse me semble évidente. Il est donc peut-être plus intéressant de se questionner sur ce qui peut pousser l’individu à transgresser les règles éthiques. Dans le cas qui nous concerne, on peut ainsi se demander si le Dr Lamontagne serait tenté par un saut en politique. La question est d’autant plus pertinente que le concerné quittera ses fonctions de président-directeur-général en octobre prochain. Assurément, il n’aura pas de problème à suivre la ligne de parti!

Supposons qu’en prenant position publiquement sur la compétence du ministre Yves Bolduc, Yves Lamontagne se prépare à assumer ses prochaines fonctions. Ceci nous fait alors comprendre qu’un individu peut se mettre en conflit d’intérêts ou en apparence de conflit d’intérêts lorsqu’il tente de rehausser sa valeur professionnelle.

Cela dit, il faut reconnaître que le Dr Lamontagne a peut-être pris la défense du ministre Bolduc pour d’autres raisons. Peut-être le trouve-t-il réellement compétent? Ou encore, peut-être sont-ils amis ? Il faut toutefois admettre que les deux cas sont possibles et c’est assurément de bonnes raisons qui peuvent pousser un individu à se positionner en situation de conflit ou d’apparence de conflit d’intérêts.

On voit donc qu’au-delà de la recherche du bénéfice personnel direct, différentes situations peuvent pousser l’individu en position de conflit ou d’apparence de conflit d’intérêts. Dans un contexte de leadership, il est important d’en prendre conscience. C’est ce qu’on appelle « ouvrir ses horizons ». Et entre nous, il n’y a pas meilleure façon de faire pour être en mesure de répondre adéquatement à la question suivante. Êtes-vous éthique?

dimanche 1 août 2010

Gilles Julien: Étirer l'élastique

Faire un lien entre l’actualité et le leadership n’est pas toujours un défi facile à relever. Mais je ne pouvais passer à côté de celui-ci. Remarquez, je n’ai pas vraiment de mérite à m’y attaquer, je suis sensible à la cause sociale depuis de nombreuses années. Cette semaine, c’est donc le cri du cœur du docteur Gilles Julien qui m’amène à mon sujet fétiche! Avez-vous dit leadership?

Évidemment, je ne remets pas en cause le leadership de Gilles Julien. D’ailleurs, je ne crois pas qu’il y en a beaucoup qui doute de ses compétences et accomplissements. D’autant moins qui en doute que le Dr Julien s’implique auprès de ceux qui en ont le plus besoin : les enfants défavorisés. Et comme il le fait de façon exemplaire, les doutes se comptent assurément sur les doigts d’une main; advenant qu’on ait à les compter.

Grâce aux actions du docteur Julien, soulignons que la pédiatrie sociale fait maintenant partie du cursus des Universités McGill et de Montréal. Si ce n’est pas ça avoir du leadership, pouvez-vous me dire ce que c’est!

Dans le cas qui nous concerne, le problème de leadership ne vient pas du côté du Dr Julien. Dans le cas qui nous concerne, le problème de leadership est du côté du gouvernement.

Comment a-t-on pu attendre que l’intéressé ait à faire le tour des salles de nouvelles avant de considérer les besoins financiers de son organisme? D’autant plus surprenant que ce dernier et son fondateur sont pris en exemple au Canada et en Europe!

L’attente avant d’allonger les dollars requis serait-elle une stratégie marketing? Une façon de faire savoir que le gouvernement s’intéresse aux dossiers qui touchent la communauté? Une démonstration de pouvoir et de soumission afin de satisfaire l’ego démesuré d’un fonctionnaire? Ou une démonstration de son manque d’estime personnel?

Pourquoi attendre le dernier tac de l’avant-dernière seconde de la dernière minute de la dernière heure pour prendre une décision? C’est ce que je me demandais mercredi dernier lorsque j’ai entendu le docteur en entrevue à l’émission radio C’est bien meilleur le matin.

Mon questionnement était d’autant plus intense que j’ai été interpellé par le ton de la voix. Tout autant interpellé par l’incompréhension, «Comment peut-on financer la fécondation in vitro alors qu’on n’a rien pour les enfants déjà vivants»? Effectivement, n’est-ce pas une curieuse façon de prioriser les priorités?

Certes, ce n’est pas la première fois qu’un dossier prioritaire ne semble pas prioritaire au sein de l’appareil étatique. Est-ce une raison pour justifier l’attentisme dans le cas qui nous concerne? Que veut-on prouver en tergiversant de la sorte? Veut-on prouver que c’est amusant de jouer avec un élastique? Surtout qu’on peut arrêter de l’étirer juste avant qu’il pète!


Sous un autre angle chers lecteurs, vous venez de lire la 260e chronique de ce blogue. Comme les précédentes, j’espère qu’elle vous a plu. Pour les prochaines semaines, le rythme sera un peu plus estival. À moins d’une inspiration soudaine, je vous reviens donc dimanche prochain. Profitez des dernières semaines de l’été!

Leadershipment vôtre,
Guy-Michel

Crédit photo: Jacques Nadeau, Le Devoir
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jeudi 3 juin 2010

D'Honorable à déplorable!

«…Transworld, Northern, Eastern, Airbus pis Pan American!... Mais ché pu où chu rendu… Puis j’ai fait une chute, une crisse de chute en parachute…», dixit, Robert Charlebois*. Comme dirait l’autre, vaut mieux en rire! Quoique je l’avoue, ce n’est pas drôle. Ce n’est pas drôle lorsque les déclarations d’un Honorable se font qualifier d’absurde par un commissaire, en l’occurrence, le commissaire Jeffrey Oliphant. Si ce n’est pas ça une chute, c’est parce que tu as un très bon parachute!

Quoiqu’on puisse en dire, un parachute, si c’est bon pour le gars, on ne peut en dire autant pour le leadership. En fait, ce qui n’est pas bon avec le leadership, ce n’est pas le parachute, non! Le problème, c’est les amis qui ne font pas de cas du parachute. Le problème, c’est qu’ils sont trop nombreux à faire semblant de ne pas le voir dépasser ici et là de la bouche de celui qui parle. Le problème, c’est qu’un moment donné, la langue s’entremêle dans le cordage. Façon de parler.

C’est tout de même curieux parce que j’en parlais dernièrement dans La loi du silence. Vient un moment donné où les amis ont peur de parler. Comme s’ils ne voulaient pas perdre de contrats. Comme s’ils ne voulaient pas perdre d’opportunité d’affaires. Ça c’est des belles valeurs à inculquer à la relève genre: rentre dans le moule mon jeune pis toi aussi un jour tu vas en faire du cash. Mais en attendant, tu la fermes et tu regardes comment ça marche.

C’est drôle, moi personnellement, la façon de faire de Brian Mulroney m’horripile au plus haut point. Dire, «On ne m’a pas posé la bonne question.», me semble que ce n’est pas le genre de valeur que je veux laisser aux générations qui vont me suivre. Dans un cas semblable, un «Pose pas de question si tu ne veux pas de menterie.», doit s’équivaloir.

C’est tout aussi curieux parce que j’en parlais également dans Êtes-vous puissant. Vient un moment donné où tu te crois tout permis. Ça ne peut pas être plus vrai ici au Canada. Lorsque c’est toi le premier ministre, tu dois te sentir puissant pas à peu près. Il n’en faut pas beaucoup plus pour que tu tombes de l’autre côté de la clôture. Tu dois te dire, «personne ne va me soupçonner, c’est moi le premier ministre.»

C’est vrai que tu dois te sentir puissant. C’est toi qui as la cote de sécurité la plus haute. Lorsque tu es premier ministre, tu peux tout savoir ce qui a à savoir dans le pays. Ça va de soi que si tu n’es pas assez solide, vient un moment donné que tu dois te sentir au-dessus de tout ça.

Il semblerait que Brian à Ottawa était comme ti-Jean ici à Québec. Tous les deux avaient des problèmes pour maintenir leur rythme de vie. Faudrait peut-être les envoyer faire un projet de coopération internationale. Question de leur réaligner le train de vie. Ils verraient bien qu’un train de vie, c’est très relatif. Et que bien souvent, le superflu n’est effectivement rien de plus que du superflu.

Je tiens à préciser. Je n’ai rien contre les trains de vie. Ils sont chanceux ceux qui ont la grosse maison, la grosse voiture, les voyages à n’en plus finir et les soupers avec les bouteilles de vin à 50, 100 ou 500$. Je n’ai rien contre l’argent que l’on mérite. Mais de cacher de l’argent au fisc, d’accepter de l’argent comptant dans les chambres d’hôtel, demander un dédommagement au gouvernement pour atteinte à la réputation tout en cachant des faits à nouveau, non! Ça!, c’est inacceptable.

C’est tout autant inacceptable les gens qui devraient prendre leur distance, mais qu’ils ne le feront pas. Inacceptable qu’ils ne le fassent pas afin de préserver leurs liens d’affaires ou ne pas nuire à l’obtention hypothétique de futurs contrats. Inacceptable qu’ils refusent de voir la différence entre honorable et déplorable!


* Les paroles de la chanson Lindberg de Robert Charlebois ici

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dimanche 23 mai 2010

Êtes-vous convaincu?

Voilà ce qui complète ma série «Êtes-vous» pour le mois de mai. Une série qui, je l’avoue, résulte probablement d’un alignement de planètes. Qu’en sais-je? À vrai dire, j’ai eu l’idée de cette chronique dès le début de la semaine alors que le cardinal Marc Ouellet remettait à l’ordre du jour le débat sur l’avortement. En cours de route, curieux hasard, d’autres événements ont alimenté ma réflexion.

Alors que je pense à la suite de l’idée, les autres vagabondent et m’amènent à l’article que j’avais publié dans le journal étudiant de Polytechnique, Le Polyscope, le 21 janvier 1991. Rêve d’hiver se terminait ainsi : «Certains croient en un dieu, d’autres croient en d’autres choses. Tant qu'à moi, je crois bien que quoiqu’on croit, les cinq milliards d’habitants de cette planète terre demeureront pour toujours, les maîtres, et les victimes de leurs actions.»

Croire, c’est parfois être croyant. Croire, c’est donc aussi les croyances. Croire, c’est souvent être convaincu. C’est également les accroires. Croire, c’est intéressant sous l’angle du leadership. Parce que le leadership, c’est l’art de mobiliser les autres. En ce sens, ou dans l’autre, Le Croire qu’on observe dans l’actualité nous montre l’un des problèmes du leadership : Certains croient qu’ils sont sur le droit chemin, ou que leurs idées sont bonnes, parce que d’autres les suivent.

Il y a quelques semaines, il y avait Richard Goyette qui affirmait sur un ton convaincu qu’il n’y avait pas de problèmes au sein de la FTQ-Construction. Depuis, monsieur Goyette a pris des vacances et présentement selon Radio-Canada, il serait en congé de maladie pour une période indéterminée. Faut croire que, peu importe le domaine, les cancers sont d’autant plus virulents qu’ils ont évolué en silence. Le retour en renfort d’Henri Massé comme conseiller spécial à la FTQ-Construction est sûrement la chimiothérapie... oups!... la preuve qu’il n’y a pas de fumée sans feu.

Comme je le mentionnais jeudi, il y a aussi Jean Charest qui fait volte-face avec son 75 000$ que lui versait le parti Libéral. Malgré son changement de cap, il se dit toujours convaincu qu’il n’y a aucune entorse à l’étique avec cette rétribution complémentaire à celle relative à son rôle de premier ministre. Croyance ou accroire?

Nous voilà peut-être au cœur de l’un des problèmes du leadership : les croyances des uns et les accroires des autres. Au cœur du problème parce que dans un cas comme dans l’autre, les uns ne sont plus à l’écoute des autres. Dans un cas comme dans l’autre, les uns se ferment l’esprit face à ce que l’autre a à dire. Dans un cas comme dans l’autre, les uns en viennent à argumenter en faisant fi de la réalité que les autres leur font part.

Pourquoi devient-on convaincu? Ou si vous préférez, pourquoi en vient-on à faire fi de la réalité des autres? C’est une question incontournable lorsqu’on tient compte de ce qui précède et que l’on cherche à démystifier le leadership.

Selon ce qui précède, on comprend que l’on devient convaincu pour trois raisons : soit par paresse, soit par croyance, soit par malhonnêteté. Mais peu importe la raison, une fois convaincu, tôt ou tard, la recherche du pouvoir devient une quête qui pousse à agir délibérément. De là résulte souvent soit les dogmes, soit les comportements douteux.

Parmi ceux que j’ai croisés au cours des vingt dernières années, certains savent que j’adore le monde des idées. Le plaisir des mots et leur agencement m’a amené à échanger sur maints sujets dans maints contextes. Aujourd’hui, je peux donc affirmer que parfois, contre toute attente, le problème du leadership, c’est d’être convaincu.


Rêve d’hiver
Dans la nuit de vendredi à samedi dernier est tombée une tempête de neige sur le Québec. Depuis longtemps avait-on eu une telle bordée de neige. Alors que je déblayais mon escalier, je me rappelais ce temps où, plus jeune, je n’avais autre chose à faire que de jouer sur le sol enneigé.

Peut-être durant toute ma vie je resterai émerveillé devant ces petits flocons qui tombent du ciel en virevoltant sous la brise. Lorsque je m’arrête pour les regarder dans leur chute, je ne peux me dire autre chose que la nature, avec ses mystères, demeure un phénomène féérique.

C’est dans cet émerveillement que je n’arrive pas à comprendre certains problèmes de nos sociétés modernes. Car malgré cette neige qui tombe, la menace d’une guerre, qui est peut-être commencée au moment de lire ces lignes ou qui a failli éclater, ne quitte pas mon esprit (*).

Dommage qu’il ne neige pas partout sur la terre. Car les peuples, plutôt que de vouloir s’entre-tuer, se permettraient de rêvasser devant ce manteau blanc qui s’installe le temps d’une nuit. Ce manteau qui semble venir de nulle part; c’est un peu pour ça qu’il fait rêver. Il arrive on ne sait trop d’où, et modifie comme bon lui semble, notre paysage quotidien.

Je sais bien que dans quelques jours, le sol, tout blanc aujourd’hui, sera rendu tout gris par les activités phénoménales de la société. Mais qu’importe. Ce rêve qui aura duré quelques heures en réalité, durera dans ma pensée. Il durera le temps qui passera d’ici à la prochaine chute de neige qui m’émerveillera à nouveau. Et pendant ce temps qui passera, je ne ressentirai pas le besoin de vouloir anéantir mon voisin.

Certains croient en un dieu, d’autres croient en d’autres choses. Tant qu’à moi, je crois bien que quoiqu’on croit, les cinq milliards d’habitants de cette planète terre demeureront pour toujours, les maîtres, et les victimes de leurs actions.

(*) NDLR (du Polyscope, je précise) : Les États-Unis ont bombardé Bagdad le soir du montage (mercredi 16 janvier 91, 18h30 heure de Montréal)…

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jeudi 20 mai 2010

Êtes-vous puissant?

Il y a quelques semaines, je m’amusais avec l’impuissance. Le contraire de l’impuissance est évidemment la puissance. Et ça, vous devez vous en douter, en tout cas nous les hommes on le sait, c’est agréable d’être puissant. Agréable, mais est-ce que c’est utile lorsque vient le temps de faire preuve de leadership! Avez-vous dit leadership?

La question m’est venue cette semaine alors que les médias parlaient du rapport du vérificateur général de Montréal, Jacques Bergeron. Pour faire simple, le nouveau directeur général de la ville, Louis Roquet, a envoyé une partie du rapport alors que ce dernier était encore sous le sceau de la confidentialité.

C’était prévisible, de retour d’un voyage à l’Exposition universelle de Shanghai, le maire Gérald Tremblay a endossé le geste de son employé. Louis Roquet serait la personne la plus compétente et honnête qu’il connaisse. Désolé pour ses autres connaissances!

Au-delà de la compétence et de l’honnêteté, il y a bien sûr la motivation. Qu’est-ce qui peut bien motiver un directeur général à outrepasser le sceau de la confidentialité? Ou si vous préférez, qu’est-ce qui peut motiver à outrepasser l’interdit?

Louis Rochet a justifié son geste en prétendant que des informations confidentielles allaient être rendues publiques lors de la publication du rapport. La situation pouvait nuire à son fournisseur, en l’occurrence, Telus. Comme le mentionnait un journaliste que j’ai pu lire dans ma revue de presse, n’aurait-il pas été plus sage de communiquer avec le vérificateur général pour lui signaler l’anicroche?

Il y a quelques minutes au radio journal, on annonçait que Jean Charest va renoncer au salaire de 75 000$ que lui versait le parti Libéral. Il y renonce afin que son gouvernement puisse entériner un projet de loi à l’attention des élus. Dorénavant, un élu ne pourra plus recevoir, d’une façon ou d’une autre, un salaire autre que sa rétribution issue de ses fonctions politiques.

La question se pose, qu’est-ce qui motivait le premier ministre à attendre d’avoir le dos contre le mur avant faire une croix sur son complément salarial? Avant son changement de cap, Jean Charest justifiait son sideline en prétendant qu’il lui était nécessaire pour assurer ses obligations familiales.

Dans le cas du directeur général de la ville comme dans le cas du premier ministre, la motivation, selon moi, était avant tout occasionnée par un biais.

Imaginez-vous comme premier salarié de la ville de Montréal. Imaginez-vous à la tête du gouvernement du Québec. Ressentez-vous le vertige? Ressentez-vous le sentiment de puissance? N’est-ce pas qu’on doit être puissant lorsqu’on est LA personne qui détient LE pouvoir? Ô que c’est grisant cette énergie qui transcende le corps.

Plusieurs sont à la recherche du leadership. Plusieurs cherchent des façons de mobiliser les employés. Lorsqu’on regarde les actualités des derniers mois au Québec, on comprend que le contraire de la mobilisation est la démobilisation. Par le fait même, on comprend ce qu’il faut éviter de faire pour démobiliser les autres.

En regardant l’actualité, on comprend indéniablement que pour mobiliser les équipes, il faut avant tout éviter de se croire trop puissant.

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dimanche 9 mai 2010

La loi du silence

Vous souvenez-vous de ce temps où encore tout petit, plusieurs voulaient vous inculquer les bonnes manières? On vous disait de manger comme ci, de parler comme ça. On vous interdisait de faire ça, tout en vous suppléant de ne pas dire ci. De vous tenir droit, et surtout de ne pas courir. Bien entendu, de ne rien demander avant qu’on vous le propose. Et combien d’autres consignes pour devenir conforme au modèle.

Ce matin à la radio, il était encore une fois question du modèle. Ils semblent que les jeunes auraient besoin de modèles. Ils ont besoin de s’identifier à plus grand qu’eux. Ils ont besoin de donner un sens à leur vie. Besoin d’avoir des rêves, de l’ambition. Besoin de se donner des objectifs afin de canaliser leur énergie et ainsi découvrir tout ce qui s’offre à eux.

Combien d’énergie dépense-t-on pour que fiston devienne l’incarnation de notre fierté? On s’émeut lorsqu’on constate qu’à son âge, il ne porte pas attention au fait que Jérémy soit jaune, noir, rouge, brun, plissé ou bridé. Il nous redonne espoir juste à l’entendre parler de l’environnement et l’importance de ne pas jeter nos papiers là où se trouve le bout de notre bras.

Cela fait déjà une semaine que je pense à tout ça; le modèle, les jeunes, etc. Ma réflexion a pris de l’ampleur jeudi dernier avec le congédiement de Tony Tomassi. La nouvelle était effectivement multiplicatrice puisque quelques jours auparavant, son supérieur lui réitérait sa pleine confiance tout en soulignant son excellent travail. Avouez que ça fait réfléchir de voir quelqu’un passer de héros à zéro.

Déjà une semaine que je pensais à tout ça en fait, depuis que j’ai eu connaissance du Focus Stratégique Québec 2010. Ce dernier en résumé, un Forum qui permet la rencontre de gens actifs au sein de la communauté d’affaires. Un lieu de réflexion où se rencontrent les différentes générations afin de trouver des solutions pour le Québec de demain. Des gens influents qui veulent trouver des solutions pour l’avenir. L’avenir j’ose croire, pour les tout petits qui deviendront grands.

L’idée du Focus Stratégique est bonne. Le désir de trouver la direction à suivre pour le Québec de demain est louable. L’idée est bonne et le désir est louable. L’idée est bonne mais le problème, ce n’est pas le bon problème. Le problème, c’est le modèle.

Le problème, c’est que le modèle n’est plus un modèle. Le problème, c’est qu’on nous a dit de ne pas contrevenir aux consignes. La consigne, c’est de ne pas déranger l’autre. La consigne, c’est de ne pas dire ce qu’on pense réellement. Et comme on ne peut pas dire ce qu’on pense, on essaie de trouver des solutions à des problèmes qui découlent des vrais. On parle des problèmes qui découlent du vrai parce que ce dernier, il est interdit d’en parler.

Le vrai problème, c’est que le Québec est malade. Le problème, c’est qu’on refuse de parler de la maladie. Le problème, c’est le même qu’on retrouve dans nombre d’entreprises. Le problème, c’est que personne n’ose dire au chef qu’il est dans l’erreur. Ce n’est pas ça du leadership! Avez-vous dit leadership?

Vous imaginez l’effet que cela pourrait avoir? Vous imaginez si au lieu de le recevoir et de l’applaudir, les chambres de commerce l’interpellaient pour lui dire ce que les sondages soulignent à grands traits? Imaginez si on mettait fin à la loi du silence…

«Écoute Jean, écoute-nous bien. Ça fait des années qu’on travaille pour nos enfants. Des années qu’on fait tout ce qu’on peut pour développer la prospérité. Des années qu’on travaille pour mobiliser les travailleurs. Nous sommes désolés de te le dire Jean mais là, tu n’es plus l’homme de la situation. Reviens à la raison, tu n’es plus le modèle qui inspire les gens. Tu démobilises la population. Jean, tu détruis le Québec. Nous, on veut le construire.»

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dimanche 18 avril 2010

Satisfaction des besoins

Après le bien connu, «Dis-moi qui sont tes amis, je te dirai qui tu es», voilà le, «Dis-moi quels sont tes besoins, je te dirai ce que tu feras».

Inutile de se le cacher, nous sommes mus par la satisfaction de nos besoins. Ça, ce n’est rien de nouveau sous le monde de Maslow et sa bien connue pyramide. Pyramide qui d’ailleurs, on a la preuve de l’existence par l’entremise des médias et ce, tous les jours ou presque. Le problème, puisqu’il y en a souvent un, c’est évidemment que la preuve est encore plus évidente lorsqu’on la regarde sous un angle darwinien.

Selon mon ami Darwin, chaque individu est mû pour assurer sa propre survie et par le fait même, la survie de son espèce. Le problème, celui dont je vous parlais précédemment, c’est que l’Homme en est venu à penser beaucoup plus à sa survie qu’à celle de l’espèce. C’est d’ailleurs ce que certains appellent l’individualisme!

Lorsqu’on dit problème, on dit solution. Toutefois, il est souvent préférable de commencer par regarder les conséquences du problème. Ce qui nous amène à nous demander ce qui se passe lorsqu’un individu pense plus à sa survie qu’à celle de son espèce?

On ne se le cachera pas, lorsqu’on pense plus à sa survie qu’à celle de l’espèce, il se passe toute sorte de choses. Toute sorte de choses par exemple, la réaction des militants ce week-end à Saint-Hyacinthe au conseil général du parti libéral.

Personnellement, j’ai été interloqué de voir les militants libéraux scander tous en cœur le nom de leur chef. Après la sortie de l’ancien ministre de la Justice Marc Bellemare concernant la nomination des juges et ses allégations à l’égard du premier ministre Jean Charest, me semble qu’une petite gêne aurait été de mise.

Personnellement, je me serais attendu à un peu plus de retenue de la part des partisans. Mais que voulez-vous, on ne semble pas avoir les mêmes besoins. Charest! Charest! Charest!

Faute de retenu, j’ai été encore plus interloqué lorsque j’ai pu entendre cette ancienne ministre Libéral aujourd’hui sénatrice à Ottawa, «En politique, il y a des hauts et des bas. Là nous sommes dans un bas, mais on va s’en sortir.»

Comme si les allégations de l’ancien ministre ne sont rien de plus qu’un mal de tête qui finira par passer. Comme si les problèmes d’éthique que soulèvent les allégations ne sont pas suffisants pour soulever le moindre petit doute. Comme si la vérité n’était pas importante, il suffit simplement d’avoir raison. Peu importe la façon d’avoir raison!

Lorsque j’ai vu les militants scander le nom Charest, j’ai tout de suite pensé à leurs besoins. Par exemple, leur besoin d’appartenir à un groupe. Appartenir à un groupe afin parfois de satisfaire leur besoin d’aimer et d’être aimé. Aimer et être aimé souvent afin de pouvoir monter dans la hiérarchie du parti. Monter dans la hiérarchie afin d’y prendre sa place en espérant obtenir un rôle, obtenir un poste qui permettra d’assurer sa survie.

Le problème du besoin d’aimer et d’être aimé, c’est qu’il fait parfois perdre le jugement de celui qui tente de le satisfaire. Lorsqu’on veut satisfaire ce besoin, on en vient parfois à faire fi de la réalité.

La réalité, c’est que la majorité de la population a perdu confiance en Jean Charest. Et pas seulement à cause de l’ancien ministre Bellemare; ses allégations ne viennent que s’ajouter à la Caisse de dépôt, les collusions dans l’industrie de la construction, les enveloppes brunes, le refus d’une enquête publique, etc. Avec ce cumul, il est tout de même estomaquant de voir les militants libéraux scander le nom de leur chef sans même une petite réserve.

Il faut l’admettre, le monde politique est un monde aliénant. Un monde dans lequel la réalité se déforme afin de défendre une idéologie. Un monde dans lequel il faut croire sans même se poser de question. Car poser des questions, c’est risquer de se faire rejeter. Et se faire rejeter, c’est perdre la possibilité de progresser dans la hiérarchie. Aussi bien dire mettre une croix sur sa propre survie politique!

Avec les résultats du dernier sondage Angus Reid La Presse – 74% des Québécois souhaitent un changement de gouvernement –, on comprend que la façon de mobiliser les autres n’est pas de tenter de cacher la vérité par un quelconque subterfuge. Le leadership, ce n’est pas d’avoir un petit clan autour de soi. Avoir du leadership, c’est être capable de regarder objectivement les faits, admettre qu’il y a des façons de faire à améliorer et surtout, que notre désir est de clarifier ce qui semble confus.

L’actualité le démontre encore une fois, pour avoir du leadership, il ne faut pas avoir de chose à cacher. Pour avoir du leadership, il faut être intègre envers soi et envers ceux qui nous ont donné leur confiance. Autrement dit, la meilleure façon d’avoir du leadership, c’est de faire attention aux besoins que l’on tente de satisfaire.

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jeudi 15 avril 2010

Êtes-vous impuissant?

Ne me dites pas que ça ne vous est jamais arrivé. Même pas une petite fois? Allez allez, avouez. Ça vous est sûrement déjà arrivé? En tout cas, moi, je vous l’avoue. Ça arrive que ça m’arrive. Évidemment, si je vous l’avoue, c’est parce que ça ne m’arrive pas souvent. Autrement, je ne vous le dirais pas. J’aurais une petite gêne. Un homme c’est un homme après tout. Un homme, c’est puissant.

Bon, je sais que ce n’est pas agréable lorsque ça arrive. On ne sait trop quoi faire. Tu te sens mal. Tu ne sais pas quoi dire. Moi, parfois, ça me laisse bouche bée. Par exemple, lundi dernier, je n’ai pas arrêté de hocher la tête tellement je me suis senti dépassé par la situation. Au point où j’en suis presque tombé en bas de ma chaise. D’accord… presque tombé en bas du sofa.

Mais oui!, le sofa! Dans la position où j’étais, le sofa était plus confortable que la chaise. On a toujours bien droit à un peu de confort malgré ce dont on parle! Leadership! Avez-vous dit leadership?

Évidemment, ce n’est pas le leadership que vous avez en tête. Votre attention porte sur le sofa au lieu de la chaise. Et si c’est ça qui vous intéresse, je peux même vous dire que ce dont je vous parle s’est passé autour de 10 heures.

Toujours bien pas de ma faute si ça se passe à 10 heures le soir. Et entre nous, j’ai l’impression que je n’étais pas le seul dans ma situation. Vous en doutez? Alors lundi soir dernier 10 heures, vous étiez chaise ou sofa? Remarquez que si vous êtes lève-tôt, peut-être avez-vous opté pour le lit?

Chaise, sofa, lit, qu’importe? Je trouve plus intéressant de savoir si ça vous est arrivé vous aussi lundi soir dernier 10 heures? D’accord, c’était peut-être 10h05 ou 10 h10? On n’est toujours bien pas à 5 minutes près!

Vous serez d’accord avec moi. Cinq minutes de plus, cinq minutes de moins, ça a plus ou moins d’importance dépendamment du temps que ça dure. Dans ce cas-ci, ça n’a rien changé. Ça n’a rien changé parce qu’on risque d’en entendre parler longtemps.

Ô que si messieurs dames, on risque d’en entendre parler longtemps! Et ça, on ne se le cachera pas, ça intéresse également les dames. Ça les intéresse même si elles disent que ça ne les intéresse pas. Remarquez, même les hommes disent que ça ne les intéresse pas. Ce qui ne les empêche pas de le faire tout le temps du moins, de le faire souvent. Mais ça, c’est une autre histoire.

Et là, avec tout ce qui précède, je commence à avoir le souffle court. À moins que dans les circonstances, il soit préférable de dire la plume courte. Souffle, plume… en fait ce que je veux dire c’est, assez les préliminaires! Passons aux choses sérieuses.

Oui!, passons aux choses sérieuses. Parce que tout ça me fait penser à un coït interrompu. En tout cas pour sûr, j’avais le souffle court lorsque j’ai vu les déclarations de Marc Bellemarre dans le reportage d’Alain Gravel lundi soir dernier au Téléjournal de Radio-Canada. Oui j’avais le souffle court pour ne pas dire que j’étais bouche bée. Et juste d’y penser, je n’en reviens pas encore. That’s a big one!

Bien sincèrement, à l’écoute du reportage lundi soir dernier, je me suis senti impuissant. Oui!, oui!, impuissant devant l’énormité de la chose. C’est peut-être une déformation professionnelle? Comment ne pas remettre en doute les concepts mêmes du leadership lorsqu’on voit des choses comme ça? Ça dépasse l’entendement si vous voulez mon humble avis.

Je crois que je ne le dirai jamais assez. L’élément le plus important dans le leadership, c’est l’Orientation du leadership – J’en parle dans ma conférence Les Pouvoirs d’influence du leadership. C’est bien beau d’avoir du leadership, mais à quoi bon en avoir si c’est juste pour se servir et servir les ti-n’amis? Posez la question, c’est évidemment y répondre.

Le leadership!, ce n’est pas si compliqué que ça lorsqu’on comprend comment ça marche. Ce qui est compliqué avec le leadership, c’est d’avoir celui qui mobilise les autres – ce que j’appelle le leadership positif. Et là encore, ce n’est pas si compliqué que ça. Il suffit simplement d’agir afin que personne autour de soi, n'ait l’impression d’être impuissant!

Excusez là!

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vendredi 19 mars 2010

Croyez-vous ce que vous dites?

Croyez-le ou non, j’ai pour vous une petite trouvaille. Je dirais même plus pour paraphraser le frère de l’autre. J’ai pour vous une petite trouvaille qui pourrait vous être utile dans les moments inattendus. Vous savez, une trouvaille dans le genre on ne sait jamais ça pourrait être utile. Après tout, il est toujours pratique d’avoir dans sa poche arrière une petite phrase pour atténuer les anicroches impromptues. Qui plus est lorsqu’il est question de leadership! Avez-vous dit leadership?

La prochaine fois que vous serez dans une situation particulière avec une autre personne ou un groupe, essayez la phrase suivante. Vous verrez, tout va bien se passer par la suite. En tout cas, c’est supposé aller bien après que vous ayez exprimé la phrase dont je vous parle.

D’accord je l’avoue, je ne l’ai jamais essayé, la phrase. Mais c’est quelqu’un de bien placé qui l’a mentionné alors selon moi, ça devrait aller. Pourquoi est-ce que j’en douterais? Lorsqu’on est bien placé, c’est parce qu’on dit des choses intelligentes. En tout cas, c’est ce que j’ai toujours cru. Pourquoi est-ce que je commencerais à en douter aujourd’hui?

Non, mais c’est vrai ça. Pourquoi faudrait-il tout le temps douter de ce que les gens ont à dire? Pouvez-vous bien me dire d’où ça vient ça cette méfiance face à ce que les autres nous racontent? En tout cas moi, je comprends les gens qui après un certain temps, en ont assez des doutes à l’égard de ce qu’ils ont à dire. Et c’est dans ces moments-là que la fameuse phrase devient utile.

Bon je sais, là vous commencez à vous impatienter. Vous regardez le nombre de paragraphes que vous avez eu à lire jusqu’ici, bientôt 5, et une autre phrase que celle dont je vous parle vous trotte dans la tête. La phrase en question, celle qui vous trotte dans la tête, pas celle dont je vous parle, c’est la suivante : "Y vas-tu finir par la dire sa phrase!"


Et bien c’est justement dans des cas comme ça que la phrase dont je vous parle, pas celle qui vous trotte dans la tête, vous sera utile. Cela dit, il est important de remarquer que la phrase qui vous trotte dans la tête peut laisser croire à une forme d’impatience. Et selon le ton utilisé pour la dire, cela peut ressembler à ce que d’autres considèrent être de l’agressivité.

Justement!, lorsque le ton devient agressif, il faut penser à ce qui se trouve dans votre poche arrière. À ce moment-là qu’on dit à l’autre, "Je vais t’égrainer la mâchoire pour te décrâner". Avouez qu’il n’y a pas mieux pour calmer le jeu! En tout cas, c’est le président de la FTQ qui l’a dit en conférence de presse hier à la sortie de sa rencontre avec le ministre du Travail, Sam Hamad.

Selon le Président, quelqu’un de bien placé comme je vous le disais, donc inutile de douter de ses intentions, selon le Président disais-je, ce n’est pas parce qu’on dit, "Je vais t’égrainer la mâchoire pour te décrâner" que c’est de la violence. Selon lui, c’est juste une façon de parler!

Je ne sais pas pour vous, mais moi lorsque j’entends des choses comme ça, je me dis que si je ne comprends pas, c’est probablement parce que je ne sais pas planter des clous! Ce qui en passant, n’a rien à voir avec les choux. Quoique parfois, on aimerait bien que ceux qui cognent sur les clous se souviennent de l'époque des choux.


Trêve de comptines, j’ai sérieusement des doutes sur les affirmations de Michel Arsenault lorsque je pense leadership. Et encore plus de doutes lorsqu’il dit que face à ce qui se passe sur la Côte-Nord, faudrait que les gens apprennent à respirer par le nez.

Voyez-vous, le problème du leadership, du moins une partie du problème, c’est parce qu’on pense que si des gens nous suivent, ça doit être parce qu’on a raison. Et le problème du leadership commence justement lorsqu’on pense qu’on a raison. Parce que lorsqu’on pense qu’on a raison, certains en viennent à croire qu’ils peuvent dire n’importe quoi.

Et là je sais qu’elle est la phrase qui vous trotte dans la tête. Là vous vous demandez ce qu’il faut faire lorsqu’on pense avoir raison et qu’on veut éviter de dire n’importe quoi. Eh bien savez quoi? Je ne vous ferai pas languir une autre fois. Lorsque vous pensez avoir raison, la meilleure façon d’éviter de dire n’importe quoi, c’est de croire ce que vous dites!

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dimanche 14 mars 2010

Répétez après moi: Tout va bien!

Après les ingénieurs, c’était au tour du local 791 de la FTQ-Construction à être sur la sellette de l’émission Enquête de Radio-Canada. Dans les circonstances, je me suis encore une fois transformé en couch potatoes. Transformation qui bien honnêtement, j’aurais due éviter de faire car comme vous le savez, le couch potating, ce n’est pas bon pour la santé. Évidemment, sportif à mes heures, je ne parle pas de la santé de mon tour de taille.

Non!, moi, Chantiers minés, c’est par des haut-le-cœur que ça a joué sur ma santé. Haut-le-cœur encore plus hauts lorsque je les juxtapose au leadership! Avez-vous dit leadership?

Vous serez probablement d’accord avec moi. Ces excellents reportages sont à nous rendre malade. Lorsqu’on les regarde, on a l’impression qu’on est les dindons de la farce. Farce qui évidemment, ne donne pas le goût de rire. À moins de rire jaune.

Vraiment pas de quoi rire lorsqu’on entend le Président de la FTQ qui parle des taux de pénétration de la FTQ-Construction sur la Rive-Nord. Des taux qui vont de 75% à 95% selon les corps de métier. Ainsi donc, il est tout à fait normal que ce soit les gars de la FTQ qui travaillent sur les chantiers puisqu’ils sont majoritaires.

Pour ce qui est des taux de pénétration auprès des travailleurs, le Président explique que s’ils sont si élevés, c’est parce que la FTQ-Construction fait une bonne job. Et le voilà reparti pour énumérer ce que fait la centrale pour ses travailleurs : formation, représentation, etc.


Non il n’y a pas de quoi rire lorsque des gens qui s’affichent comme les défenseurs des droits de lui et de l’autre n’arrivent plus à voir qu’à trop protéger, on tombe dans la démesure. En tout cas moi personnellement, je n’aimerais pas vivre dans un environnement où 95% des gens adhèrent à la même idéologie. Sous d’autres toits, on appelle ça une dictature.

Vous comprendrez que dans le monde de la construction, les employés sont libres d’adhérer à un syndicat ou un autre. Mais lorsque vient le temps de voter, lorsque tu sais que c’est le syndicat qui fait le placement des travailleurs sur les chantiers, est-il est préférable d’être avec la majorité? Il me semble que c’est assez facile à comprendre lorsque tu as l’hypothèque à payer et trois enfants à faire vivre.

Le tout est moins drôle lorsque Monsieur le Président dénonce les reportages prétextant qu’il s’y trouve que des gens qui parlent à visage caché. Là, peut-être n’a-t-il pas vu les mêmes reportages que la majorité? Parce qu’il me semble qu’il y a plus de monde qui parle ouvertement qu’il y a de gens qui parlent anonymement. Remarquez que le problème, c’est peut-être la mise à jour des mathématiques? J’ai la vague impression qu’il y a des chiffres plus faciles à additionner que d’autres!

Paraît-il que l’amour rend aveugle. Après avoir vu le reportage du journaliste Christian Latreille, je crois qu’on peut en dire autant du pouvoir. Et cela est encore plus vrai lorsque devant l’évidence, un Président nous répond qu’on n’a pas besoin d’enquête publique sur le monde de la construction. À part lui et Jean Charest, reste-t-il encore des gens à ne pas avoir compris que pour avoir du leadership, il faut Être à l’écoute?

Une chose devient indéniable avec le monde de la construction au Québec. Un leader, ce n’est pas nécessairement quelqu’un qui fait des choses fantastiques comme c’est écrit dans la majorité des livres. Un leader, c’est parfois quelqu’un qui abuse de son influence pour satisfaire ses propres besoins. Il est important d’en prendre conscience lorsqu’on veut développer une organisation performante.

Avec les reportages de l’émission Enquête, on comprend que le leadership peut mobiliser de petits groupes pour satisfaire des besoins ou avantages personnels; c’est ce que j’appelle du leadership négatif. Avec les reportages, on comprend également que le leadership négatif cesse de mobiliser les autres lorsque notre dernier argument est de répéter, que tout va bien!


Plus d’informations:
Allégation contre la FTQ Construction, Radio-Canada: Les réactions fusent
Katleen Lévesque, Le Devoir: Mandat d'arrêt contre l'ex-d.g. de la FTQ-Construction
Denis Lessard, La Presse: La FTQ est intouchable
Yves Boisvert, La Presse: Ça sent la commission
Dossier complet, Cyberpresse: Collusion dans la construction

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mardi 9 mars 2010

Droits et Démocratie

Voilà une autre histoire comme je les aime. Une histoire qui bien entendu, n’a rien à voir avec celle à dormir debout! Une histoire juteuse, malicieuse, pernicieuse. Une histoire évidemment pleine de manigances et d’insinuations. Une histoire avec quelques rebondissements, mais comme vous le savez, rarement les bons, ni d’ailleurs ceux que l’on souhaite. À bien y penser, une histoire que certains préfèrent généralement laisser au portillon ou cacher sous le tapis.

L’histoire dont je vous parle est bien entendu celle de celui dont on parle dans des cas similaires. Vous savez, celui qui peut cogner sur les clous? Quoique ces derniers ont belle et bien une tête, il semble avoir plus de plaisir à frapper sur celles des autres. Il est question évidemment du cordonnier mal chaussé! Et je m’arrête ici car autrement, on risque de tomber dans l'histoire tirée par les cheveux.

Avouez que c’est tout de même incroyable. Un organisme qui ne peut appliquer à l’interne ce qu’il propose de faire à l’externe. Comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas demain la veille que la nature humaine cessera de me surprendre. Il faut l’admettre la nature humaine est une bien drôle de nature. Et cela est peut-être encore plus vrai lorsqu’il est question de leadership! Avez-vous dit leadership?

Quelqu’un peut-il me dire comment un organisme fédéral qui fait la promotion de la démocratie de par le monde peut-il congédier cavalièrement trois de ses employés? Comment peut-on congédier des employés qui dénoncent des pratiques douteuses à l’interne? Comment peut-on faire la promotion de la démocratie tout en dérogeant à ses règles? Avouez que des histoires comme ça, on en veut tous les jours!

Après ça, on se demande comment il se fait qu’il soit si difficile d’exercer du leadership. Poser la question, c’est y répondre. À quoi ça sert de connaître de grande théorie si on ne peut les mettre en application? Ou si vous préférez, à quoi ça sert de savoir ce qu’il faut faire si on n’a pas le goût de le faire? Comme je vous le disais, poser la question, c’est y répondre.

Je ne le dirai jamais assez, «On veut des leaders, à condition de garder le contrôle. On veut des leaders, à condition qu’ils fassent ce qu’on leur dit!» Et le congédiement des employés de l’organisme fédéral Droits et Démocratie en est un bel exemple

Mais pourquoi est-ce si difficile d’avoir du leadership? Comme je viens de le mentionner, c’est parce qu’en général, on veut avoir le contrôle. Le leadership est difficile pour nombre de gestionnaires parce qu’ils sont contraints à obtenir des résultats. À vrai dire, il leur est difficile d’exercer du leadership parce qu’ils ont les yeux obnubilés par les résultats.

Que se passe-t-il lorsqu’on voit le mot RÉSULTAT dans nos céréales le matin? Graduellement, on en vient qu’à avoir une seule chose en tête : PODC, PODC, PODC – Planifier, Organiser, Diriger, Contrôler. Et plus on y pense, plus on en vient à penser que l’important, c’est le C – contrôler. Et c’est ce qui explique le manque de leadership dans les organisations.

Le contrôle, c’est tout le contraire du leadership. Parce que le contrôle contraint, éteint, étouffe l’enthousiasme. Lorsqu’on étouffe l’enthousiasme au sein d’une organisation, graduellement, le désir de réussir se dissipe sans qu’on ne s’en rende compte.

La prochaine fois que vous aurez l’impression qu’il manque de leadership autour de vous, ne faites pas comme le cordonnier mal chaussé. Rangez votre marteau. Oh! je sais, ce ne sera pas une question de droit, mais ce sera fort probablement un cas de démocratie.


À lire sur le sujet :
Anciens présidents de Droits et démocratie : lettre ouverte
Agnès Gruda, La Presse : Droits et Démocratie, trois cadres congédiés

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dimanche 7 mars 2010

Enquête publique et ingénierie

Jeudi soir dernier, j’ai écouté l’émission Enquête à Radio-Canada. Comment aurait-il pu en être autrement? Comment un ingénieur aurait-il pu faire autrement? Comment un ingénieur qui s’intéresse au leadership aurait-il pu faire autre chose que regarder le reportage, Ingénieurs sous haute surveillance?

J’ai regardé le reportage et avant d’écrire cette chronique, j’ai lu les commentaires sur le site Internet de l’émission. Des commentaires de gens outrés des pratiques du monde de la construction. D’autres outrés des façons de faire de certaines firmes d’ingénieurs qui œuvrent dans le domaine. Et des ingénieurs outrés du reportage.

Par exemple, un de mes confrères accusait le journaliste de salir l’honnête profession d’ingénieur. Ce à quoi je réponds qu’une profession n’est pas en soi honnête ou malhonnête. C’est l’individu qu’il l’est ou non. Malgré ce que certains croient au sein de la profession, les ingénieurs ne sont pas plus ou moins honnêtes que les autres citoyens.

Du point de vue leadership, je dois avouer que j’ai été sceptique de voir l’extrait d’entrevue de la présidente de l’association des firmes de génie-conseil. Elle ne semblait pas à l’aise de répondre avec aplomb aux questions du journaliste.

Pourquoi cet acharnement à défendre l’indéfendable? Pourquoi jouer à l’autruche? À tout le moins, pourquoi ne pas admettre qu’il y a peut-être des problèmes dans l’industrie? Si les ingénieurs n’ont rien à se reprocher, pourquoi ne pas demander haut et fort une enquête publique pour que la lumière soit faite?

Garnotte, Le Devoir

À mon grand bonheur, l’Ordre des ingénieurs s’est prononcé en faveur d’une enquête publique par l’entremise de sa présidente, Maud Cohen. Encore une fois, je la félicite pour cette prise de décision. Ce n’est pas en tentant de cacher la poussière sous le tapis que les ingénieurs vont gagner la confiance de la population. Une confiance essentielle, car le travail de l’ingénieur a un impact non négligeable sur le fonctionnement de la société et notre qualité de vie.

Avec ce qui se passe dans le monde de la construction et du génie, on comprend que le leadership n’a rien à voir avec le fait de réaliser ou non de beaux et grands projets. Le leadership, ça dépend des valeurs que l’on endosse. Ça dépend du courage que l’on a à défendre des idées et des principes. Le leadership, ça dépend surtout de l’éthique de l’individu et de sa capacité à résister aux pressions indues de son milieu.

Comme je le dis dans ma nouvelle conférence Simplement Leadership!, le leadership, c’est construire et non pas démolir. Le leadership, c’est aller de l’avant. Ne reste donc plus qu’à espérer qu’une enquête publique sera exigée par l’ensemble des ingénieurs incluant bien entendu, les firmes de génie-conseil.

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jeudi 4 mars 2010

Simplement Leadership!

Ça fait un bout de temps qu’il a été question d’un alignement de planètes ou un autre quelconque phénomène céleste sur ce blogue. Pas surprenant donc que le bien connu, Chassez le naturel, il revient au galop soit de la partie. Ou si vous préférez, pas surprenant que le discours du trône à Ottawa ait lieu le jour que je lançais ma nouvelle conférence, Simplement Leadership! Avez-vous dit leadership? Non, Simplement Leadership!

Non!, rien de surprenant puisque Simplement Leadership! aborde le b.a. ba de la chose. Je veux dire, le b.a. ba du leadership. Par exemple, qu’il est important de savoir pourquoi on en veut. Pour épater la galerie? Obtenir une augmentation de salaire? Ou mobiliser nos collègues ou employés dans un nouveau projet?

Au-delà de savoir pourquoi on veut du leadership, il faut également se connaître. Entre autres, connaître nos valeurs. Connaître les balises qui guident nos choix et décisions. Etc.

Si on ne peut répondre à ces questions, pourquoi les autres auraient-ils le goût de nous suivre? Me semble que ce n’est pas compliqué à comprendre.

Dans Simplement Leadership!, j’invite les gens à donner le meilleur d’eux-mêmes là où ils se trouvent. Je leur suggère de faire partie de ceux qui construisent au lieu d’être parmi ceux qui démolissent. Après tout, si on veut un monde meilleur, il faut bien que chacun fasse sa contribution. Et quant à moi, peu importe si la contribution est petite, grande ou moyenne. Pourvu que l’on contribue à ce que les choses aillent de l’avant et non pas qu’on retourne en arrière.

Hier après ma conférence au Salon Emploi Formation, plusieurs sont venus me faire part de leur appréciation ou me remercier. Ai-je besoin d’ajouter que c’est très agréable de voir les sourires des gens qui ont apprécié les propos? En tout cas, ça donne l’impression d’une part, qu’un message a passé. D’autre part et peut-être plus important, que le message était le bon.

Hier après ma présentation, j’étais satisfait. J’étais fier du travail accompli. Je me sentais bien. Je suis revenu chez moi tout juste quelques minutes avant l’heure à laquelle je quitte normalement pour aller faire mes longueurs à la piscine. Ce fut donc un in and out. Après l’entrainement, j’ai soupé en regardant le bulletin de nouvelles de fin de soirée. Et c’est là que l’alignement de planètes a eu lieu. Aux dires des journalistes, entre autres, le discours du trône ne justifiait pas la prorogation de la chambre des communes tant décriée en janvier.

Évidemment que c’était écrit dans le ciel que la prorogation n’était qu’une tactique politique. Tiens tiens… écrit dans le ciel, alignement de planètes… Oups!, je m’égare…

Tout en regardant le bulletin de nouvelles, je pensais aux gens qui étaient venus me donner la main après ma présentation. Je pensais à eux tout en me disant que ce n’est pourtant pas difficile le leadership. Je n’invente rien. Tout le monde sait que la politique est avant tout partisane. Tout le monde sait que les décisions sont souvent prises dans le but de servir le parti avant de servir la population.

Je n’invente rien, mais pourquoi le leadership est-il absent des organisations? Pourquoi en parle-t-on autant? Il n’y a rien de compliqué dans le leadership. Comme je le dis souvent, on le sait ce qu’il faut faire. Mais est-ce qu’on a le goût de le faire?

En regardant la télé, je pensais aux gens qui sont venus à ma rencontre parce qu’ils m’ont confirmé que mon message est le bon. Les gens veulent vivre dans un monde harmonieux. Ils veulent avoir la chance de s’accomplir. Ils veulent réaliser des projets en lesquels ils croient. Je pensais à eux et je me disais, Simplement Leadership!
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jeudi 18 février 2010

Vision valeurs croyances

Mardi soir lorsque j’ai vu la dernière sortie de Lucien Bouchard au Téléjournal de Radio-Canada, je me suis dit qu’il n’y avait pas de quoi fouetter un chat. Ce matin, il en est encore question dans la majorité des quotidiens. Quoiqu’en disent les médias, la sortie de Lucien Bouchard n’a toujours rien à me faire dresser les poils sur les bras. Mais sous l’angle du leadership… Avez-vous dit leadership?

Pour ceux qui cherchent à développer ce dont il est question sur ce blogue, la dernière sortie de Lucien Bouchard n’est qu’une autre démonstration que le leader n’est pas que beau, bon, fin et gentil. Du moins, il ne l’est pas aux yeux de tous. Pour ceux qui cherchent à développer le leadership, il est impératif de comprendre que le leadership peut être positif, constructif, aux yeux des uns mais négatif, indésirable, aux yeux des autres.

Plusieurs pensent que ce qui se passe dans l’arène politique n’a rien à voir avec le fonctionnement d’une entreprise. C’est une erreur. Ce qui se passe dans l’arène politique n’est que le reflet de la nature humaine. Nous sommes tous mus entre autres par notre vision du monde, nos croyances et nos valeurs. La dernière sortie de Lucien Bouchard et les interventions des uns et des autres pour le contredire en est une exemplaire démonstration.


Cela fait plus de cent ans que les écoles de management tentent de comprendre le leadership. Cent ans de tergiversations afin de découvrir les aptitudes et les compétences qui favorisent la mobilisation des uns comme des autres. Combien de livres ai-je pu lire pour finalement comprendre qu’ils disent à peu près la même chose?

Remarquez, j’ai aimé lire les livres que j’ai eues entre les mains. J’ai d’ailleurs beaucoup appris en les lisant. Mais aucun sur le leadership n’aborde l’essentiel. Aucun n’aborde ce que j’ai défini comme étant l’Orientation du leadership.

Pour comprendre le leadership, regardez autour de vous. Pour développer le leadership autour de vous, prenez conscience de l’Orientation du leadership. Vous constaterez alors que l’obstacle au leadership, c’est les motivations des uns contre celles des autres. Motivations qui prennent forme dans la vision, les valeurs et les croyances.


Sur le même sujet :
Vision valeurs et dogmatisme
Leader positif VS leader negatif
Dualité
Entrainement
Bonne fête Darwin
Guilbeault Soudas: le vrai le faux

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jeudi 4 février 2010

Amiante valeurs et leadership

Cette semaine, le premier ministre du Québec, Jean Charest, est en mission commerciale en Inde. Peut-être en avez-vous entendu parler? Des travailleurs indiens ont tenté de le rencontrer. Ils voulaient lui demander de mettre fin aux exportations québécoises d’amiante vers l’Inde.

Devant les caméras, monsieur Charest a mentionné que les méthodes d’utilisation des acheteurs d’amiante n’étaient pas le problème du Québec. À ses yeux, les travailleurs indiens doivent faire pression sur leur gouvernement et non sur le gouvernement du Québec. La déclaration m’a immédiatement fait penser à la série sur la culture du leadership de mon infolettre Le Meneur!

Lorsqu’on veut développer une culture du leadership, on devient rapidement confronté à ses propres valeurs. On devient confronté à ses valeurs parce que, qui dit développement, qui dit exploitation des ressources, qui dit profit à faire, qui dit conditions de travail bref qui dit, est nécessairement confronté à des enjeux, confronté à des dilemmes, confronté à des choix à faire.

Qu’avons-nous comme guide, qu’avons-nous comme balise lorsque nous sommes confrontés à faire des choix?

D'une part, nous avons les connaissances, nous avons l’expérience, nous avons notre capacité à penser et à réfléchir. D’autre part, nous avons nos besoins, nous avons nos ambitions, nous avons nos objectifs. Entre les deux, nous avons nos réglementations, nous avons notre éthique, et plus important, nous avons nos valeurs.

Les valeurs, c’est le thème de La Culture du leadership du mois de février. Il est essentiel de connaître nos valeurs et celles préconisées au sein de l’organisation lorsqu’on veut développer une entreprise performante. Cela est tout aussi vrai lorsqu’on veut développer une communauté, une société, respectueuse des uns et des autres.


Jean Charest dit que la façon que l’amiante est utilisé en Inde n’est pas le problème du Québec. Autrement dit, ce n’est pas le problème du Québec si des travailleurs en Inde vont être malades, vont avoir le cancer et vont probablement en mourir.

Ce n’est pas notre problème, dépendamment de nos valeurs. Il serait plus juste de dire que ce n’est pas le problème du Québec parce qu’on ne veut pas que ce le soit. Il serait plus juste de dire que ce n’est pas le problème du Québec parce qu’on veut protéger les emplois des 500 travailleurs de Thetford Mines.

Lorsqu’on connaît les conditions de travail dans les pays en développement, lorsqu’on connaît le niveau d’organisation des travailleurs dans les pays en développement, est-ce qu’on peut réellement affirmer que c’est la responsabilité des autres à utiliser adéquatement nos produits?

Dans la vie, on a le choix de fermer les yeux ou de prendre connaissance des réels problèmes et enjeux auxquels on fait face. Décidemment, Jean Charest a préféré fermer les yeux sur les problèmes de santé des travailleurs indiens. C’est un sérieux problème d’éthique. Un problème éthique qui trouve réponse à même les valeurs de l’individu.

Vendre des produits qui causent des maladies mortelles aux utilisateurs dans le but de sauver quelques emplois ou faire un peu plus de profit, est-ce que cela est en accord avec votre système de valeurs?

Si votre désir est de développer une culture du leadership, vous n’avez pas le choix de faire l’exercice que je propose en février dans Le Meneur! Vous n’avez pas le choix de définir les valeurs endossées par votre organisation. Faites-le!



Liens intéressant sur Radio-Canada.ca:
Dossier L’amiante du Québec en Inde : Ici
Maisonneuve en direct : Ici


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mardi 26 janvier 2010

LHJMQ: Mettre ses culottes

Serait-ce le syndrome du gars qui achète une voiture et qui la voit partout le lendemain? Ou un autre de mes superstitieux alignements de planètes? Je ne sais trop, mais entre nous, cela m’importe peu. Cela m’importe peu, car je ne peux passer à côté du sujet. Je parle bien entendu de la suspension de Patrice Cormier. Vous savez? Le jeune joueur des Huskies de Rouyn-Noranda qui a asséné un coup de coude à Mikaël Tam des Remparts de Québec? Pourquoi est-ce que je ne peux passer à côté de ce sport qui, comme je le mentionnais dernièrement, je considère barbare?

Serait-ce parce que je suis anormal comme je le disais dans Normalité? Ou une autre démonstration de leadership comme on les aime ici sur ce blogue? N’ayez crainte, toujours entre nous, je sais très bien pourquoi je ne peux passer à côté du sujet. La décision du préfet de discipline de la LHJMQ, Raymond Bolduc, est tout simplement l’exemple à suivre. L’exemple à suivre lorsqu’on veut développer une culture du leadership.

Il m’était impossible de passer à côté du sujet, car on a tendance à croire que le leadership, c’est de mobiliser, d’inspirer, motiver, écouter, etc. Moi-même j’alimente la tendance et cela est compréhensible. Il est préférable de développer le leadership par le registre de l’empowerment mais parfois, il faut appeler un chat un chat afin de démarquer de façon claire et précise les limites du terrain de jeu.

Photo: Normand Simard

Hier, la ligue de hockey junior majeur du Québec a fait savoir que les coups de coude gratuits et intentionnels ne sont pas permis dans leur terrain de jeu. Si vous voulez mon avis, il était temps que quelqu’un mette fin à cette violence gratuite. Il était temps que quelqu’un mette ses culottes au sein de cette organisation. Mais comme vous le savez, il n’est pas toujours facile de mettre ses culottes lorsque graduellement, l’anormal est devenu normal pour ainsi devenir la norme.

Et il est là le problème des organisations. On laisse aller les choses parce qu’on pense que c’est acceptable. On laisse aller parce qu’on n’ose dire ce qu’on pense. Parfois parce qu’on ne veut pas nuire à nos relations. D’autres fois parce qu’on ne veut pas nuire à la performance. Dans la LHJMQ, on ne voulait pas mettre un frein aux bagarres dont les spectateurs se délectent. Barbare je vous disais.

J’ai encore en mémoire cette entreprise où ce technicien à l’entrée des données avait pris le contrôle du département d’ingénierie. Je n’étais pas là au début, mais j’imagine qu’il avait commencé par des petites blagues anodines aux yeux de ses supérieurs. J’imagine qu'ils pensaient que cela pouvait être bon pour l’esprit d’équipe. Graduellement, les petites blagues anodines sont devenues assassines. Jusqu’au jour où plus personne ne savait quoi faire pour contrer ce leader négatif.

La décision de la LHJMQ de suspendre Patrice Cormier pour le reste de la saison est importante et porteuse d’un message clair. Mais plus important, la décision démontre qu’il ne faut pas attendre avant de prendre action. Attendre, c’est la pire façon de développer une culture organisationnelle ou une culture du leadership.

Évidemment, la question est de savoir comment faire pour ne pas attendre. Ou si vous préférez, comment faire pour porter ses culottes. C’est pourtant très simple, il suffit de mettre une ceinture et des bretelles!

Plus sérieusement, une culture du leadership se développe lorsque dès le départ, on connaît le type d’organisation que l’on veut. Pour développer une culture du leadership, il faut connaître les types de comportements que l’on considère acceptables et inacceptables. Il faut savoir communiquer les valeurs et les attitudes que l’on veut voir au sein des équipes et celles que l’on proscrit.

Et vous dans votre organisation, vous les connaissez les comportements acceptables et inacceptables? Le personnel a connaissance des valeurs et des attitudes qui caractérisent votre culture organisationnelle et votre culture du leadership? L’exemple de la LHJMQ est assez flagrant, il ne faut pas attendre que les comportements dégénèrent pour mettre ses culottes!

Communiqué de presse de la LHJMQ ici

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