dimanche 15 mars 2009

The Perfect Storm: Jeux-enjeux

Que sont les jeux-enjeux? Avant tout un jeu de mots mais également une formule-choc : Jeux-enjeux. Mais dans ce cas-ci, une formule-choc non pas pour décontenancer l’autre comme elle est souvent utilisée. Non!, jeux-enjeux est une formule-choc pour susciter la curiosité. Comme quoi la formule-choc peut être utilisée constructivement.

Mais au-delà du jeu de mots, les jeux-enjeux représentent ce qu’on retrouve dans tout ce qu’on peut qualifier être une organisation. Organisation dans le sens bien entendu d’entreprise mais également dans le sens de paliers gouvernementaux (local, municipal, provincial, fédéral, continental et mondial). En fait, organisation dans le sens d’un milieu où des individus se regroupent entre eux et qu’ils interagissent entre eux et entre les groupes.

Jeux-enjeux exprime la réalité du quotidien où chacun se présente dans le but d’obtenir plus de valeur que les coûts qu’il a assumés pour ce qu’il a produit. C’est ce qu’on appelle un profit; un profit au sens large. Un profit dans le sens d’un avantage. Il est important de prendre conscience que c’est dans un environnement de jeux-enjeux, où il y a l’omniprésence du profit, que prend forme le leadership que l’on désire exercer.

Avant d’aller plus loin, il est important de comprendre que le profit dont il est question ici prend différentes formes. Aussi, il faut comprendre qu’il n’est pas toujours immédiat. Le profit auquel je fais référence prend parfois la forme de la crédibilité ou du pouvoir. Le profit dont il est question peut être vu comme faisait partie d’un enchaînement d’événements – un genre de chaine de production – qui fait augmenter graduellement la valeur du profit à venir. Vue autrement, disons que la crédibilité mène au pouvoir qui lui mène au profit. Plus la crédibilité est grande, plus le pouvoir peut être grand et conséquemment autant le sera le profit.

Les jeux-enjeux, c’est l’environnement où se mettent en œuvre l’éloquence, le sens critique et les alliances. Dans notre sport national ici au Québec, le jeu-enjeux serait la rondelle que l’on tente de mettre dans le but adverse. L’éloquence représenterait la facilité qu’ont certains joueurs à manier cette rondelle. Pour leur part, les batailles entre les joueurs symboliseraient le sens critique. Pour ce qui est des équipes, elles font foi des alliances.

Quels étaient les jeux-enjeux de la conférence d’Henri-Paul Rousseau? C’est intéressant de se poser la question car cela fait prendre conscience du volet complexe du leadership. Lorsqu’on prend en exemple l’allocution de HPR à la CCMM, on comprend que les jeux-enjeux dépendent du niveau organisationnel duquel on les regarde. Monsieur Rousseau a mentionné qu’il parlait en son nom. Dans ce contexte, parlait-il pour rétablir sa crédibilité? Voulait-il simplement informer la population?

D’un autre niveau organisationnel, au niveau politique par exemple, plusieurs décriaient son allocution comme étant une commande du gouvernement afin de contrecarrer la grogne croissante au sein de la population. Bien entendu, les partis d’opposition dénonçaient cette conférence comme étant une stratégie gouvernementale.

Au niveau social (population), les jeux-enjeux ont été perçus comme un exercice par lequel le monde des affaires allait justifier leur tendance à utiliser l’argent des travailleurs sans aucun remords. À l’inverse, le monde des affaires voulait confirmer qu’il maîtrise les mécanismes de l’économie et que cela contribue à l’épanouissement de la population. En fait, la démarche cherchait à convaincre que malgré ce qui c’est produit, la population devait faire confiance au monde des affaires.

Avec les jeux-enjeux, on comprend que pour faire preuve de leadership, un individu doit franchir une multitude d’obstacles où tout un chacun tente d’en obtenir plus en sa faveur. Pour bien maîtriser le leadership, il faut bien comprendre les jeux-enjeux dans lesquels on évolue. Il faut également comprendre que ces jeux-enjeux sont modulés par l’éloquence, le sens critique et les alliances entre les uns et les autres.

CDPQ – The Perfect Storm Analysis
The Perfect Storm : L'Éloquence
The Perfect Storm : Sens critique
The Perfect Storm : Les Alliances
The Perfect Storm : Jeux-enjeux
The Perfect Storm : Final Act


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The Perfect Storm: Final Act

Le leadership est un phénomène à la fois simple et complexe. Simple et complexe lorsqu’il est question de le comprendre. Également simple et complexe dans sa mise en œuvre. Pourquoi en est-il ainsi? Tout simplement parce que le leadership dépend d’une multitude de facteurs qui, souvent, les uns vont à l’encontre des autres.

Tous les jours on peut voir les effets de l’éloquence, du sens critique, des alliances et des jeux-enjeux qui vont les uns à l’encontre des autres. Par exemple, vendredi dernier, le gouvernement a nommé Michael Sabia à la tête de la CDPQ. Une nomination qui a soulevé la controverse de plusieurs intervenants et alliances. En premier lieu et sans surprises, les partis d’opposition qui se sont dit scandalisés. De nombreux analystes politiques ont dénoncé cette nomination. D’anciens hauts dirigeants de la CDPQ ont également avoué être surpris. Bons joueurs toutefois, ils ont donné la chance au coureur.

La semaine dernière, les représentants des TCA ont annoncé qu’ils avaient fait d’importantes concessions au bénéfice de leur employeur, GM, afin que ce dernier puisse demander une aide financière au gouvernement. On parle ici encore une fois de montants qui jouent dans les milliards $. Comme si cela n’était maintenant que du p’tit change.

Quelle est la nature de ces importantes concessions? Un gel des salaires jusqu’en 2012, une suspension du réajustement au coût de la vie des salaires et des rentes de retraite. L’élimination d’une semaine de congé et d’une prime annuelle de 1700$. Ainsi que l’ajout d’une contribution de 30$/mois des travailleurs à leur allocation de maladie. De mon point de vue, des concessions tout simplement risibles compte tenu du contexte économique et des montants demandés auprès du gouvernement.

Comme l’expliquait monsieur Rousseau dans son allocution, le monde financier ne croyait pas possible la déconfiture de l’économie. Le monde financier ne croyait pas possible que le gouvernement des États-Unis laisserait une banque faire faillite : "To big to fail". Si on regarde les «importantes concessions» accordées par les TCA, c’est probablement ce que se disent leurs représentants : To big to fail! Le gouvernement va payer car il ne peut se permettre que l’industrie automobile nord-américaine s’écroule.

Lorsqu’on regarde les nombreux jeux-enjeux présents dans l’actualité, faut-il se surprendre des nombreux appels qui demandent plus de leadership de la part des dirigeants? Absolument pas car nombreux sont les intervenants qui utilisent l’éloquence pour tenter de déjouer le sens critique des autres.

Mais le pire problème auquel fait face l’économie actuellement, c’est qu’ils sont plusieurs à faire comme on le faisait lorsqu’on était enfant. Vous savez, lorsqu’on criait : Il m’a volé mon cochon (tirelire). Il a pris mon auto (jouet). En fait, plusieurs crient à l’aide lorsque le jeu-enjeux ne tourne pas à leur avantage. Après tout, il y aura toujours le gouvernement pour réparer les pots cassés. Parce que comme l’a si bien dit monsieur Rousseau : To big to fail!

Comme mentionné au début de cette chronique, les pertes de 40 milliards $ à la CDPQ sont une excellente occasion pour nous aider à mieux comprendre le leadership. Avec The Perfect Storm, j’ai tenté de mettre en lumière les différents éléments qui rendent le leadership à la fois simple et complexe. Au moment où je fais les dernières retouches à ce texte, un journaliste mentionne que la nomination de Sabia à la tête de la CDPQ semble être une commande politique. Autrement dit, si The Perfect Storm a frappé en octobre dernier, le vent, lui, ne semble pas être sur le point de se calmer.

Simple ou complexe le leadership? Il serait simple si les gens étaient capables de faire preuve de transparence. Mais ça, pour plusieurs, ça semblent être complexe de le comprendre!

CDPQ – The Perfect Storm Analysis
The Perfect Storm : L'Éloquence
The Perfect Storm : Sens critique
The Perfect Storm : Les Alliances
The Perfect Storm : Jeux-enjeux
The Perfect Storm : Final Act

Allocution de monsieur Henri-Paul Rousseau à la CCMM

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