Dimanche dernier, je mentionnais que les aléas relatifs aux contrats à la ville de Montréal commencent à m’enquiquiner. Mon impression était que ça n’en finit plus de finir. Eh bien!, je m’excuse! Je me suis trompé. J’ai pris connaissance de mon erreur hier soir en regardant l’entrevue de Benoît Labonté à Radio-Canada. Entre nous, n’est-ce pas ce qu’on appelle un rebondissement? À moins qu’il soit plus juste de parler du début du commencement!
Pour ma part, j’ai bien aimé le huis clos car il nous montre on-ne-peut-plus-clairement où en est notre démocratie. Du moins, il démontre que le fonctionnement de nos systèmes de gouvernance est profondément malade. Remarquez, malade pour être polie car le juste mot est probablement perverti. Perverti parce que perversion.
Les révélations de Benoît Labonté laissent croire qu’il y a perversion derrière les « j’ai vérifié les faits », « il a mon entière confiance » ou toute autre louange d’intégrité irréprochable que vous avez entendu lors des derniers jours. Derrière toutes ces belles paroles, il y a perversion. La perversion du pouvoir pour le pouvoir.
Après la diffusion de l’entrevue, n’était-ce pas délectable d’entendre les uns comme les autres tenter de discréditer les propos de Monsieur Labonté? D’autant plus délectable que les tentatives de discrédit étaient un copier/coller des affirmations de droiture qu’utilisait il y a tout juste une semaine, celui devenu paria. Affirmations dans le genre, «Je n’ai jamais rencontré Tony Accurso.», «Je n’ai jamais eu connaissance de ça.» ou encore, «J’ai fait vérifier et tout cela n’est pas fondé.»
Personnellement, je ne sais plus ce qui est vrai. Je ne sais plus ce qui est faux. D’autant plus, ou d’autant moins, que tous affirment avec l’assurance du roc de Gibraltar. Dans les circonstances, avez-vous pensé à quoi pourrait ressembler la tenue d’une enquête publique sur l’industrie de la construction? Pouvez-vous imaginer tout ce que pourrait avoir à dire Tony Accurso s’il lui venait la même idée que Benoît Labonté?
Imaginez la teneur d’une enquête publique si Tony Accurso se disait, « Je vais couler mais vous allez couler avec moi!» ou, «Je ne serais pas le bouc émissaire de toute cette affaire-là. » Imaginez même si cela vous semble inimaginable. Si Tony Accurso prenait la parole dans le cadre d’une enquête publique, il est fort probable que cela n’aurait jamais été aussi vrai, la vengeance est douce au cœur de l’indien.
Certes, plusieurs diront que Monsieur Labonté n’est qu’un gars qui cherche à sauver sa peau. Moi-même je doute qu’il serait passé à table s’il n’y avait pas eu les délateurs masqués et la révélation des numéros de téléphone par Paul Larocque de TVA. N’empêche, ce qu’il faut comprendre de tout ça est qu’un leader n’est pas toujours celui qui a une démarche irréprochable.
Le leader est quelqu’un aux prises avec ses désirs et pulsions. Un leader est quelqu’un qui tente de satisfaire ses besoins d’une façon, parfois d’une autre. Un leader est quelqu’un qui à l’occasion, réalise qu’il est dans l’erreur. C’est à ce moment qu’il peut prendre conscience qu’au lieu de se servir, il serait mieux de tenter de servir.
Servir au lieu de se servir. Lorsque Benoît Labonté a accepté de révéler les dessous du financement des partis politiques, il a choisi de servir au lieu de se servir. Bien sûr qu’il le fait en partie pour refaire sa crédibilité. Toutefois, ce qu’il retirera comme avantage sera bien mince comparé à ce que la communauté gagnera advenant une enquête publique.
Par son geste, Benoît Labonté force la tenue d’une enquête publique. Par son geste, Benoît Labonté a dit ce que tout le monde sait dans la classe politique mais que personne n’ose dire. Par son geste, Benoît Labonté a simplement fait acte de leadership.
À lire également :
Josée Legault (Voix Publique, Voir) : Le syndrome Jean Brault
Katleen Lévesque (Le Devoir) : La mafia est à l’hôtel de ville depuis longtemps
André Pratte (Le blogue de l’édito Cyberpresse) : Perte de confiance totale!
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vendredi 23 octobre 2009
lundi 19 octobre 2009
Crise de leadership à Montréal
Ce soir à Radio-Canada, je regardais le débat des chefs aspirants à la mairie de Montréal. Un débat qui évidemment, m’a fait penser au leadership. Comment aurait-il pu en être autrement? Surtout après le week-end qui vient tout juste de se terminer. Les postulants ont beau nous parler de leadership, cela ne fait pas d’eux des leaders.
Commençons avec Louise Harel qui affirme avoir agi prestement dès qu’elle a constaté que Benoît Labonté ne pouvait pas aller rétablir sa crédibilité au réseau TVA. Par contre, elle ne mentionne pas que la veille, elle réitérait sa confiance envers son bras droit. «Je suis à ses côtés parce que j’ai confiance en lui.» Comme Gérald Tremblay, elle mentionne avoir agi dès qu’elle a su.
Le problème de Louise Harel et Gérald Tremblay n’est pas d’avoir agi ou non. Le problème est qu’ils ont agi une fois qu’ils n’avaient plus le choix de le faire. Agir parce qu’on est forcé de le faire, ce n’est pas du leadership. Le leader n’agit pas parce qu’il est obligé. Le leader agit parce que son âme et conscience le motive à le faire. Agir parce qu’on voit l’eau bouillir autour de soi, ce n’est pas la façon d’agir du leader. Un leader agit en fonction de ses valeurs et de ses convictions réelles et profondes.
Un autre problème qui affecte actuellement le leadership est le mode «affirmation». Mode dans lequel se retrouvent les candidats à la mairie. Je sais bien que d’une élection à l’autre, de la municipale à la fédérale en passant par la provinciale, c’est toujours la même histoire. Tous semblent avoir la solution infaillible pour la prospérité et tout ce que vous voulez.
Le leader n’est pas celui qui est implacable. Le leader est celui qui est capable d’humilité. Le leader est celui qui est capable d’admettre ses torts, capable d’admettre ses erreurs. Le leader n’est pas celui qui laisse croire qu’il n’a que des solutions à tous les problèmes. Le leader est celui qui admet qu’il n’a pas nécessairement la solution ici maintenant et tout de suite. Le leader est celui qui explique qu’il trouvera une réponse aux problèmes qu’il croise sur son chemin et ce, au meilleur de ses connaissances.
Dans le registre de l’affirmation, que dire de monsieur Tremblay qui ne voyait pas de problème à ramasser 360 000$ lors d’une activité chez Frank Zampino. Celui-là même qui a causé la controverse à la ville de Montréal et qui a dû démissionner de chez son nouvel employeur. De ces 360 000$, que 50 000$ soient déclarés dons anonymes, monsieur Tremblay n’y voit pas de problème non plus. "Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, ce n’est pas illégal. C’est la loi. Que l’on change la loi s’il le faut."
Un leader ne justifie pas ses actions en expliquant qu’il n’a pas contrevenu à la loi. Un leader agit en fonction de règles d’éthique rigoureuses qui le guident dans sa conduite, ses décisions et ses choix.
Lors du point de presse après le débat, un journaliste demandait à Louise Harel si elle avait regardé les livres avant de joindre le parti Vision Montréal. Elle a répondu par l’affirmative en enchainant sur sa politique de divulgation des dons. Pour contourner encore mieux la question, elle a de nouveau interpellé les citoyens à faire des dons afin que la démocratie se porte mieux.
Louise Harel n’est pas la première politicienne à ne pas répondre à une question. Pour autant, cela ne veut pas dire que c’est la bonne façon de faire pour développer le leadership. Le leader n’est pas celui qui se défile face aux responsabilités. Le leader est celui qui répond aux questions que les gens lui posent. Il le fait car il n’a pas peur de perdre sa crédibilité.
Pour terminer, j’aimerais préciser que le leader dont il était question dans cette chronique est bien entendu celui qui agit pour le bien de son entourage. Dans mon modèle du leadership, je qualifie ce leader comme étant positif. Celui dont les actions visent le succès de l’équipe et non seulement son propre succès.
Vous l’avez compris par vous-mêmes, agir comme le leader positif semble être une utopie aux yeux de plusieurs. Vous avez également compris que faire autrement mène directement à une crise de leadership.
À lire sur le même sujet :
Jeanne Corriveau et Marco Bélair-Cirino (Le Devoir): Un débat sous haute tension
Le blogue de l’édito (Cyberpresse): Débat des chefs: Beaucoup d’attaques peu de vision
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Commençons avec Louise Harel qui affirme avoir agi prestement dès qu’elle a constaté que Benoît Labonté ne pouvait pas aller rétablir sa crédibilité au réseau TVA. Par contre, elle ne mentionne pas que la veille, elle réitérait sa confiance envers son bras droit. «Je suis à ses côtés parce que j’ai confiance en lui.» Comme Gérald Tremblay, elle mentionne avoir agi dès qu’elle a su.
Le problème de Louise Harel et Gérald Tremblay n’est pas d’avoir agi ou non. Le problème est qu’ils ont agi une fois qu’ils n’avaient plus le choix de le faire. Agir parce qu’on est forcé de le faire, ce n’est pas du leadership. Le leader n’agit pas parce qu’il est obligé. Le leader agit parce que son âme et conscience le motive à le faire. Agir parce qu’on voit l’eau bouillir autour de soi, ce n’est pas la façon d’agir du leader. Un leader agit en fonction de ses valeurs et de ses convictions réelles et profondes.
Un autre problème qui affecte actuellement le leadership est le mode «affirmation». Mode dans lequel se retrouvent les candidats à la mairie. Je sais bien que d’une élection à l’autre, de la municipale à la fédérale en passant par la provinciale, c’est toujours la même histoire. Tous semblent avoir la solution infaillible pour la prospérité et tout ce que vous voulez.
Le leader n’est pas celui qui est implacable. Le leader est celui qui est capable d’humilité. Le leader est celui qui est capable d’admettre ses torts, capable d’admettre ses erreurs. Le leader n’est pas celui qui laisse croire qu’il n’a que des solutions à tous les problèmes. Le leader est celui qui admet qu’il n’a pas nécessairement la solution ici maintenant et tout de suite. Le leader est celui qui explique qu’il trouvera une réponse aux problèmes qu’il croise sur son chemin et ce, au meilleur de ses connaissances.
Dans le registre de l’affirmation, que dire de monsieur Tremblay qui ne voyait pas de problème à ramasser 360 000$ lors d’une activité chez Frank Zampino. Celui-là même qui a causé la controverse à la ville de Montréal et qui a dû démissionner de chez son nouvel employeur. De ces 360 000$, que 50 000$ soient déclarés dons anonymes, monsieur Tremblay n’y voit pas de problème non plus. "Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, ce n’est pas illégal. C’est la loi. Que l’on change la loi s’il le faut."
Un leader ne justifie pas ses actions en expliquant qu’il n’a pas contrevenu à la loi. Un leader agit en fonction de règles d’éthique rigoureuses qui le guident dans sa conduite, ses décisions et ses choix.
Lors du point de presse après le débat, un journaliste demandait à Louise Harel si elle avait regardé les livres avant de joindre le parti Vision Montréal. Elle a répondu par l’affirmative en enchainant sur sa politique de divulgation des dons. Pour contourner encore mieux la question, elle a de nouveau interpellé les citoyens à faire des dons afin que la démocratie se porte mieux.
Louise Harel n’est pas la première politicienne à ne pas répondre à une question. Pour autant, cela ne veut pas dire que c’est la bonne façon de faire pour développer le leadership. Le leader n’est pas celui qui se défile face aux responsabilités. Le leader est celui qui répond aux questions que les gens lui posent. Il le fait car il n’a pas peur de perdre sa crédibilité.
Pour terminer, j’aimerais préciser que le leader dont il était question dans cette chronique est bien entendu celui qui agit pour le bien de son entourage. Dans mon modèle du leadership, je qualifie ce leader comme étant positif. Celui dont les actions visent le succès de l’équipe et non seulement son propre succès.
Vous l’avez compris par vous-mêmes, agir comme le leader positif semble être une utopie aux yeux de plusieurs. Vous avez également compris que faire autrement mène directement à une crise de leadership.
À lire sur le même sujet :
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