Cette semaine, j’ai eu la chance de voir le premier ministre Jean Charest à Sucré Salé. Une émission animée par Guy Jodoin et diffusée à TVA après le bulletin de nouvelles de 18 heures. Chaque jour, l’animateur reçoit une personnalité publique qu’il interviewe sur des sujets touchant leur vie privée. Sa rencontre avec monsieur Charest a donné une belle entrevue instructive sur la vie de nos élus.
Cette émission commence toujours avec un sketch cabotin où l’animateur joue au faire-valoir. Monsieur Charest s’est prêté au jeu en prenant un certain plaisir. C’était de bonne guerre. La mise en scène nous le montrait sous un jour très familier. Comme quoi un premier ministre est capable de faire preuve d’humour à l’occasion.
En aparté, je dois dire que notre premier ministre semble aimer ce genre d’apparition publique. À tout le moins, c’est ce que me laisse croire sa connivence avec notre Infoman Radio-canadien, Jean-René Dufort. Et pour être honnête, j’avoue qu’il nous offre de belles performances.
Après le sketch d’intro, Guy Jodoin a demandé à Monsieur Charest la raison pour laquelle les politiciens se présentent à des émissions de variétés comme la sienne. La réponse allait de soi, ça leur permet de donner une meilleure image de qui ils sont. "C’est très différent des clips que l’on peut voir dans les bulletins de nouvelles.", faisait-il remarquer.
La porte était alors ouverte pour les anecdotes. Comme la fois où il était en voyage en Floride et qu’il a cru qu’il pouvait s’acheter des sous-vêtements. Alors qu’il était à la caisse, il a entendu un commentaire comme quoi il était pour être beau là-dedans! "Un premier ministre n’a plus de vie privée peu importe où il se trouve." Une contrainte de la vie publique que notre premier ministre dit accepter.
Plus tard dans l’émission, Monsieur Charest a expliqué la raison des confrontations politiques lors des campagnes électorales : "Ça permet de faire une démarcation entre un parti et les autres. Ça permet de créer des pôles distincts à partir des valeurs et objectifs des différentes équipes. Ainsi, il devient plus facile pour les électeurs de faire leur choix". Indirectement, monsieur Charest avouait que les bravades que l’on voit jour après jour ne sont que des mises en scène. D’ailleurs, il expliquait que les politiciens se respectent dans leur quotidien car sans cela, rien ne pourrait avancer dans les arcanes politiques.
Honnêtement, cela m’a donné une drôle d’impression. D’un côté, je voyais un homme politique qui voulait se rapprocher des gens en se montrant sous un angle plus humain. De l’autre, je l’entendais dire que les électeurs ont besoin de mises en scène pour comprendre les choix que leur offrent les formations politiques. Comme si nous n’étions pas suffisamment intelligents pour comprendre par nous-mêmes les valeurs et les actions que nous proposent les politiciens.
Des mises en scène… Avec une telle façon de faire, faut-il se surprendre du désengagement de la population envers la chose politique? Faut-il se surprendre du faible taux de participation des électeurs aux élections générales? Poser la question, c’est y répondre!
L’entrevue de Monsieur Charest est un bel exemple de l’un des pièges reliés au pouvoir. Plus on s’élève dans la hiérarchie, qu’elle soit sociale, organisationnelle, politique ou autre, plus le risque augmente pour que l’on croit détenir une vérité à laquelle les autres n’ont pas accès. Plus on s’élève dans la hiérarchie, plus le risque augmente pour que l’on pense que les autres n’ont pas l’aptitude à comprendre ce que l’on fait. Plus on s’élève dans la hiérarchie, plus le risque augmente pour que l’on agisse de façon infantilisante auprès de ceux que l’on côtoie.
À Sucré Salé, monsieur Charest nous a donné un bel exemple de leadership! Avez-vous dit leadership? Vous avez compris, un exemple à ne pas suivre. Si vous voulez réellement mobiliser vos équipes, évitez de croire que vos gens ne peuvent comprendre ce que vous avez à leur dire. Évitez de croire qu’ils n’ont pas suffisamment de jugement pour comprendre les enjeux organisationnels. Évitez de croire que c’est par des mises en scène que vous les amènerez à donner le meilleur d’eux-mêmes.
Depuis la nuit des temps, la connaissance a toujours été un enjeu dans les cercles du pouvoir. Depuis la nuit des temps, plusieurs ont voulu contrôler afin de mieux régner. Si cela est votre approche, oubliez le leadership!
Certes, vos employés n’ont pas tous les diplômes nécessaires pour comprendre les états financiers de l’entreprise. Ni d’ailleurs ceux nécessaires à comprendre les textes de loi ou ceux permettant de faire voler un avion ou trouver la formule du prochain médicament. Vos employés n’ont peut-être pas les diplômes qui font preuve de leurs savoirs. Mais cela ne les empêche pas d’être aptes à comprendre ce que vous avez à leur proposer.
Vos employés n’ont pas besoin de mise en scène pour comprendre et se faire une idée. Ils ont juste besoin que vous leur expliquiez les faits avec intégrité et respect. Pour avoir une entreprise performante, aidez vos employés à grandir. Aidez-les à repousser leurs connaissances afin qu’ils puissent mieux s’épanouir dans leur travail. Aidez-les à comprendre ce que vous avez à leur proposer. Aidez-les à développer, à repousser plus loin, leur autonomie.
dimanche 31 août 2008
dimanche 24 août 2008
Inspiration
Voilà! Les Olympiques se sont terminés sur une autre belle démonstration du savoir-faire chinois. Comme je vous le disais il y a deux semaines, c’est important de se donner des objectifs et de célébrer nos victoires. Dans les circonstances, quoi de mieux que de faire la fête? C’est important de souligner le dépassement des uns et des autres. Lors de l’évènement de clôture, j’ai pu voir nombre d’athlètes souriants. Tous semblaient heureux, même ceux qui n’ont pas gagné. Ils étaient contents d’être là sur place. Contents de faire partie de leur équipe respective. Contents d’avoir compétitionner avec les meilleurs au monde.
Je ne sais pas comment vous avez vécu les Olympiques cette année. Pour ma part, ce fut deux semaines palpitantes. Deux semaines au cours desquelles j’ai pu voir des athlètes aller au bout d’eux-mêmes. Sincèrement, c’est la première fois que je regarde les Olympiques de façon aussi assidue; j’ai toujours eu une préférence à être dans l’action. Mais pour une fois, je n’ai pas de regret d’avoir fait le « couch potatoes ». Aucun regret d’avoir vu l’excellence de mes yeux. Aucun regret parce que les athlètes nous donnent le goût du dépassement.
J’ai en mémoire les finales de plongeon; Alexandre Despatie, Argent au 3 mètres, et Émilie Heymans, Argent au 10 mètres. Ici au Québec, les initiés les ont regardés sur écran géant au bassin Olympique. Les reportages télés nous montraient les jeunes athlètes en devenir. Ils étaient tous enjoués de voir leurs modèles performer. Enjoués de voir jusqu’où les efforts que l’on fait jour après jour peuvent nous mener. Enjoués de voir l’un des leurs se hisser parmi les meilleurs au monde. Ils étaient unanimes, voir leurs collègues performer allumait en eux le désir de s’investir dans leur sport.
J’ai également en mémoire notre gymnaste québécoise, Nansy Damianova, alors qu’elle tentait de se qualifier à la table de saut (anciennement saut de cheval) – ce qu’elle n’a malheureusement pu faire. La caméra nous l’a montré sur la piste d’élan alors qu’elle effectuait sa course pour prendre la vitesse nécessaire à sa performance. On pouvait voir sa détermination dans son visage, tous les muscles tendus par l’effort, la mâchoire serrée, un regard perçant et résolu. Un autre moment fort à mes yeux.
Lors d’un entretien avec Michel Villeneuve à la Zone olympique, un expert du canoë expliquait pourquoi les bateaux de secours se précipitent vers les athlètes lorsque leur embarcation chavire. La réponse m’a surpris : "Un athlète qui tombe à l’eau risque de couler au fond comme une roche, expliquait-il. Ils ne sont juste plus capables de nager tellement l’acide lactique est présent dans leurs muscles". Voilà probablement une autre raison qui explique notre fascination pour les Olympiques : les athlètes font des efforts exceptionnels. Ils vont au bout d’eux-mêmes.
La plongeuse québécoise Marie-Ève Marleau – 7e au plongeon de la tour 10 m. – va prendre sa retraite pour se consacrer à ses études. Elle plonge depuis 1998 après 10 ans de gymnastique. Elle a 26 ans. Faites le calcul : 20 ans de sport. Également en entrevue avec Villeneuve de la Zone, elle expliquait comment elle a pu faire 10 ans de plongeon sans jamais avoir gagné au niveau mondial sur une base individuelle: "le plongeon a toujours été une passion pour moi". Voilà un mot clé que tout gestionnaire devrait garder en mémoire: la passion.
Comme je vous ai fait part au cours des deux dernières semaines, il y a du leadership dans les Jeux olympiques. En conclusion de l’évènement, je crois qu’il est important de retenir ce qu’il faut faire pour stimuler les autres: aller au bout de soi-même, avec passion. Si les jeunes athlètes ont le goût de s’investir à fond lorsqu’ils regardent les autres performer, pourquoi des employés ne pourraient-ils pas avoir ce même désir lorsqu’ils voient leur patron se donner au quotidien?
Pour amener vos employés à donner le meilleur d’eux-mêmes, prenez exemple des athlètes Olympiques. Ne restez pas dans votre bureau à déléguer du bout du doigt. Au contraire, travaillez avec détermination. Impliquez-vous dans votre travail. Allez voir vos employés pour les aider. Allez les voir pour leur demander ce dont ils ont besoins pour mieux accomplir leurs tâches.
Pour que vos employés performent selon vos attentes, donnez l’exemple. Allez au bout de vous-mêmes dans votre travail. Dépassez-vous dans vos fonctions. Accomplissez vos obligations avec passion. Et devenez un modèle aux yeux de votre personnel. Pour que vos employés s’impliquent dans leur travail comme les athlètes le font dans leur sport, pourquoi ne deviendriez-vous pas une source d’inspiration?
Je ne sais pas comment vous avez vécu les Olympiques cette année. Pour ma part, ce fut deux semaines palpitantes. Deux semaines au cours desquelles j’ai pu voir des athlètes aller au bout d’eux-mêmes. Sincèrement, c’est la première fois que je regarde les Olympiques de façon aussi assidue; j’ai toujours eu une préférence à être dans l’action. Mais pour une fois, je n’ai pas de regret d’avoir fait le « couch potatoes ». Aucun regret d’avoir vu l’excellence de mes yeux. Aucun regret parce que les athlètes nous donnent le goût du dépassement.
J’ai en mémoire les finales de plongeon; Alexandre Despatie, Argent au 3 mètres, et Émilie Heymans, Argent au 10 mètres. Ici au Québec, les initiés les ont regardés sur écran géant au bassin Olympique. Les reportages télés nous montraient les jeunes athlètes en devenir. Ils étaient tous enjoués de voir leurs modèles performer. Enjoués de voir jusqu’où les efforts que l’on fait jour après jour peuvent nous mener. Enjoués de voir l’un des leurs se hisser parmi les meilleurs au monde. Ils étaient unanimes, voir leurs collègues performer allumait en eux le désir de s’investir dans leur sport.
J’ai également en mémoire notre gymnaste québécoise, Nansy Damianova, alors qu’elle tentait de se qualifier à la table de saut (anciennement saut de cheval) – ce qu’elle n’a malheureusement pu faire. La caméra nous l’a montré sur la piste d’élan alors qu’elle effectuait sa course pour prendre la vitesse nécessaire à sa performance. On pouvait voir sa détermination dans son visage, tous les muscles tendus par l’effort, la mâchoire serrée, un regard perçant et résolu. Un autre moment fort à mes yeux.
Lors d’un entretien avec Michel Villeneuve à la Zone olympique, un expert du canoë expliquait pourquoi les bateaux de secours se précipitent vers les athlètes lorsque leur embarcation chavire. La réponse m’a surpris : "Un athlète qui tombe à l’eau risque de couler au fond comme une roche, expliquait-il. Ils ne sont juste plus capables de nager tellement l’acide lactique est présent dans leurs muscles". Voilà probablement une autre raison qui explique notre fascination pour les Olympiques : les athlètes font des efforts exceptionnels. Ils vont au bout d’eux-mêmes.
La plongeuse québécoise Marie-Ève Marleau – 7e au plongeon de la tour 10 m. – va prendre sa retraite pour se consacrer à ses études. Elle plonge depuis 1998 après 10 ans de gymnastique. Elle a 26 ans. Faites le calcul : 20 ans de sport. Également en entrevue avec Villeneuve de la Zone, elle expliquait comment elle a pu faire 10 ans de plongeon sans jamais avoir gagné au niveau mondial sur une base individuelle: "le plongeon a toujours été une passion pour moi". Voilà un mot clé que tout gestionnaire devrait garder en mémoire: la passion.
Comme je vous ai fait part au cours des deux dernières semaines, il y a du leadership dans les Jeux olympiques. En conclusion de l’évènement, je crois qu’il est important de retenir ce qu’il faut faire pour stimuler les autres: aller au bout de soi-même, avec passion. Si les jeunes athlètes ont le goût de s’investir à fond lorsqu’ils regardent les autres performer, pourquoi des employés ne pourraient-ils pas avoir ce même désir lorsqu’ils voient leur patron se donner au quotidien?
Pour amener vos employés à donner le meilleur d’eux-mêmes, prenez exemple des athlètes Olympiques. Ne restez pas dans votre bureau à déléguer du bout du doigt. Au contraire, travaillez avec détermination. Impliquez-vous dans votre travail. Allez voir vos employés pour les aider. Allez les voir pour leur demander ce dont ils ont besoins pour mieux accomplir leurs tâches.
Pour que vos employés performent selon vos attentes, donnez l’exemple. Allez au bout de vous-mêmes dans votre travail. Dépassez-vous dans vos fonctions. Accomplissez vos obligations avec passion. Et devenez un modèle aux yeux de votre personnel. Pour que vos employés s’impliquent dans leur travail comme les athlètes le font dans leur sport, pourquoi ne deviendriez-vous pas une source d’inspiration?
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