jeudi 26 novembre 2009

Enquête publique: 40 hres semaine

T’aimes ça le leadership? En v’là du leadership! As-tu dit leadership? En v’là encore du leadership! Parce que comme tu le sais le jeune, y en faut du leadership! Parce que sans leadership, on va pas loin. Du moins, ça va pas fort. Ça va pas loin, pis ça va pas fort. Même si on crie fort.

Dans le fond, on a beau crier, on dirait qu’y ont les oreilles bouchées. Bouchées, pis pas à peu près.

Trompe-toi pas le jeune. On dirait qu’y nous entendent pas. Mais y nous entendent. Y font semblant de pas nous entendre. Ça te surprend? Pourtant, y a rien de surprenant. C’est toujours la même histoire. On a beau leur dire. Y nous écoute pas. Pourquoi y nous écoute pas? Pas dur à comprendre. On sait ben. Eux autres, y connaissent ça.

Ô! Pis y connaissent ça pas à peu près. Pis tu remarqueras, y connaissent ça encore plus lorsqu’y ont les deux pieds d’dans. Comment tu fais pour savoir qu’y ont les deux pieds d’dans? Ça le jeune, c’est l’expérience. Tu t’en rends compte assez vite. Y ont les deux pieds d’dans lorsqu’y sortent leurs grands mots. Pis avec les grands mots, y’a les grandes phrases.

Écoute ben le jeune, tu vas voir que c’est pas compliqué à comprendre. Au début, y disent qu’y ont la situation en main. Au début c’est facile. Parce qu’y disent que Pierre Jean Jacques s’occupent du dossier. Là t’as ben beau leur dire n’importe quoi, oublies ça! Pierre Jean Jacques s’en occupent. Parce qu’eux autres connaissent ça pis faut les laisser faire leur travail.

C’est sûr que d’in fois y s’tire une balle dans le pied. Ça c’est lorsqu’y veulent pas montrer qu’y ont les deux pieds d’dans. C’est là que mettons, le président de la centrale demande qui c’est qui a dit ça? Et c’est là que ça vaut 100 piastres parce qu’y essaye de nous faire accroire que c’est le syndicat qu’y a parlé à place des membres. Parce que selon lui, les membres pensent pas comme ça.

Aye le smatte! As-tu pensé deux minutes avant de parler? C’est parce que toi-même t’es le président des présidents des syndicats. Allllooooo! C’est pas fort si tu veux mon avis. Même si je le sais qu’à tes yeux, mon avis vaut pas grand-chose… Mais ça le jeune y en a plein des comme ça. Que je te voye aller dans leur gang.

Le plus drôle le jeune c’est lorsque Pierre Jean Jacques décident de dire ce qu’ils pensent. C’est plus drôle parce que Pierre Jean Jacques pensent comme moi pis toi. Mais nous autres on n’est pas important. Pierre Jean Jacques non plus sont pas important, mais lorsqu’y ont pas arrêté de dire qu’y fallait leur donné le temps de faire leur travail, là ils ont l’air de quoi si Pierre Jean Jacques décident de parler? Ils ont l’air de quoi lorsque Pierre Jean Jacques disent qu’y vont pouvoir continuer à faire leur travail même si on fait l’enquête publique?

J’te le dis le jeune, les deux pieds d’dans pis ça commence à être glissant.

Là le jeune écoute moi ben. Je sais que t’aime ça le leadership. Ça fais qu’un jour lorsque tu vas être rendu là, oublie pas ce que je vais te dire. Écoute-moi ben, si t’en veux de ce que tu aimes, fais pas semblant que tu connais toute. T’as juste à écouter le monde autour de toi.

Là tu te demandes pourquoi y faudrait que t’écoutes les autres. Écoute ben le jeune parce que j’aime pas répéter. Regardes Pierre Jean Jacques, c’est eux autres qui font la job. Qui tu penses qu’y est le mieux placé pour savoir ce qui peut être fait ou non? Penses-tu que c’est le gars qui te voit une fois par mois qui sait ce qui peut être fait ou non?

Le jeune, oublie le fait que t’as faite des grandes études. C’est sûr que tu comprends plein de choses que moi je comprends pas. Mais y a une chose qui faut que tu comprennes, souvent ce que tu comprends, c’est pas important. Ce qui est important le jeune, c’est ce que pensent Pierre Jean Jacques.

Pourquoi c’est important ce que pensent Pierre Jean Jacques? C’est parce qu’eux-autres y savent comment ça marche. C’est eux autres qui font la job. C’est eux autres qui comprennent la job. Ça fait que si tu veux du leadership le jeune, écoute ceux qui comprennent comment ça marche. Si tu veux du leadership, cache-toi pas derrière des grands mots pis des grandes phrases. Pis surtout, essaye pas de faire diversion. Tout le monde voit ça la diversion.

Le jeune, si tu veux du leadership, c’est facile. Penses-y deux minutes. Qui selon toi connaît mieux ça. Penses-tu que c’est toi avec tes 127 projets qui connais ça? Ou c’est celui qui fait la job qui connaît ça? Pas dure à comprendre le jeune. Si tu veux du leadership, t’as juste à être à l’écoute de ceux qui font la job. T’as juste à être à l’écoute de la police pis des procureurs. C’est eux autres qui font la job 40 heures semaines.

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dimanche 22 novembre 2009

Barack Obama: Confiance en soi

En avez-vous entendu parler? La controverse soulevée par la révérence de Barack Obama à l’endroit de l’empereur Akihito. Pour ma part, j’en ai pris connaissance vendredi dernier alors que je surfais le cyberespace. Et bien honnêtement, je n’ai pu faire autrement que de me questionner sur l’événement après mon passage sur le Blogue de l’édito de Cyberpresse.ca. Mario Roy y posait la question suivante : Ne croyez-vous pas que Barack Obama a été juste un peu trop «fin»?


La photo de Barack Obama et de l’empereur Akihito a soulevé les passions aux États-Unis. Certains compatriotes du Président avancent qu’il n’a pas à se soumettre à un empereur; incluant faut-il comprendre celui du Japon. D’autres y voient une démonstration de savoir-vivre et de respect. Pour ma part, vous devez vous en douter, je n’y vois que du leadership! Avez-vous dit leadership?

Peut-on être fin, pas assez fin, juste assez fin, trop fin, un peu trop fin, excessivement fin ou son contraire, insuffisamment fin, pas fin? Comme si être ou ne pas être fin n’était qu’au fond, une monnaie d’échange. Comme si être fin ne dépendait pas de soi, nos valeurs, notre regard sur la vie mais bien de l’autre. On ne serait pas fin pour l’autre parce que c’est notre attitude face à la vie. On serait fin dépendamment de l’autre, en fonction de l’autre. Fascinant!

Fascinante cette croyance qui nous pousserait à être. Fascinante cette croyance qui nous pousserait à agir en fonction de l’autre. Nos actions dépendraient-elles non pas de ce que nous sommes mais bien de ce que l’autre nous invite à devenir? Devenir ce qu’on n’est pas, parfois à notre insu. Être ce qu’on n’est pas souvent par peur d’être ce qu’on n’aimerait pas devenir!

Vendredi dernier, je le mentionnais dans Avez-vous le goût de le faire. Trop souvent on trouve cela difficile le leadership à cause de la peur. Ça nous fait peur le leadership. Trop souvent on a peur de perdre le contrôle. C’est justement cette peur qu’expriment ceux qui protestent contre la révérence d’Obama en présence d’Akihido. Compte tenu de cette peur, le président des États-Unis ne devrait pas se soumettre à l’empereur d’un autre pays.

Voilà le problème du leadership! La peur de faire confiance à l’autre. La peur de se faire avoir par l’autre. La peur de se faire flouer. N’est-elle pas omniprésente cette peur? Mais est-elle justifiée?

Certes, il y a ce représentant qui tente de nous vendre ce dont on n’a pas besoin. Et l’autre de nous vanter les qualités de son logiciel en tentant de nous en mettre plein la vue. Et cet employé qui explique que le contracteur a fait les travaux d’où la coupure électrique qui elle explique son retard puisque son réveil-matin n’a pas sonné tel que prévu.

Il suffit de regarder les nombreux conflits à travers la planète pour comprendre que la peur de l’autre est omniprésente en chacun de nous. La peur de l’autre est viscéralement implantée dans nos gênes et elle éveille notre suspicion au moindre geste.

Il faut l’admettre, la peur est omniprésente chez l’humain. Une peur qui pousse à constamment se faire valoir. Une peur qui nous conditionne à ne jamais laisser l’autre prendre le dessus. Une peur qui nous fait croire que nous sommes constamment menacés.

Avec une telle peur en nous, faut-il se surprendre de nos difficultés à exercer du leadership?

Constamment on a peur. Est-ce toujours justifié? La réponse se trouve peut-être dans le commentaire de Pierre JC Allard (@21h29, 19 novembre) en réponse à Mario Roy.Il explique qu’en se penchant moins, la tête d’Obama aurait dépassé celle de l’empereur Akihito. Ceci expliquerait cela. La révérence d’Obama n’aurait donc rien à voir avec la soumission. Elle ne serait qu’une question de tailles.

Faut-il se surprendre du manque de leadership dans les organisations? Faut-il s’en surprendre lorsque l’un et l’autre ont peur de se faire avoir. S’en surprendre lorsque l’un ou l’autre a peur de perdre son statut. S’en surprendre lorsque l'un a peur de perdre son rapport de force sur l'autre?

Comme je le dis dans mes conférences, le leadership, c’est en nous que ça commence. La révérence d’Obama en est une belle démonstration. Elle démontre qu’on peut être, sans craindre l’autre. Elle démontre qu’on peut remplacer la peur de l’autre par la confiance en soi.

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