vendredi 20 novembre 2009

Avez-vous le goût de le faire?

Commençons cette chronique avec un petit exercice. Prenez un crayon et un bout de papier. Sur le papier, énumérez les aptitudes ou comportements qui caractérisent un leader. Sur le papier, énumérez les aptitudes ou comportements qu’un individu doit maîtriser pour qu’on puisse le qualifier de leader. Facilement vous devriez trouver entre 7 et 10 aptitudes ou comportements caractérisant celui qui a du leadership! Avez-vous dit leadership?

Que vous l’ayez dit ou non, leadership, prenez quelques minutes pour faire l’exercice que je vous propose. Et s’il vous plaît, ne regardez pas sur la feuille du voisin!

Avez-vous fait l’exercice? Si oui, il y a de bonnes chances que vous ayez la fibre du leader. Si non, il est possible que vous soyez plutôt du genre à chercher des réponses sans faire d’efforts. Ce qui vous en conviendrez, n’a rien à voir avec l’attitude d’un leader. Que cela ne tienne, il est encore temps de vous reprendre. Comment faire? Un bout de papier, un crayon…

Maintenant, relisez ce que vous avez écrit. Est-ce que vous retrouvez quelque chose qui ressemble à: Être à l’écoute? Autre chose qui fort probablement se trouve sur votre papier: Impliquer les gens dans la prise de décision. Vous aviez pensé à des aptitudes ou comportements qui s’approchent de: Être à l’écoute ou Impliquer dans la prise de décision?

Être à l’écoute et Impliquer les gens dans la prise de décision sont deux aptitudes que l’on retrouve dans presque tous les livres qui parlent de leadership. Être à l’écoute et Impliquer les gens dans la prise de décision sont le b. a.-ba du leadership. Le minimum comme on dit en bon français. Autrement dit, si vous n’êtes pas capable d’être à l’écoute de vos employés, soyez assuré d’une chose, vous avez des croûtes à manger.

Parlant de croûtes, on peut penser à quelques tranches. Pour sa part, le vérificateur général (VG) du Québec, lui, propose le pain complet au gouvernement Charest. Et le pain complet pas juste parce que ça rime avec Charest.

Parlant de pain, la dernière sortie du VG à l’égard des PPP des CHU – Centre hospitalier universitaire au cas que vous ne le sussiez pas malgré les milliards qu’ils vont engloutir – et des contrats du ministère des Transports n’a rien à voir avec du pain doré. Rien à voir avec le pain doré parce qu’aussi délicieux ce dernier puisse-t-il être pour le palais, les révélations du VG n’ont rien de succulent pour le tympan.

Parlant de succulent, passons au consternant. N’est-il pas consternant de voir le gouvernement repousser du revers de la main l’enquête publique que tous les intervenants de la société demandent et redemandent? Eh bien oui c’est consternant! Tout cela n’a juste pas de bons sens. Comment une vingtaine d’individu peuvent-ils choisir de gouverner plus de 7 millions de personnes sans tenir compte de leurs demandes? Avouez que la perspective laisse à réfléchir. Avouez que la perspective n’a rien à voir avec le leadership!

Ce n’est pas difficile le leadership. Il suffit d’être à l’écoute des gens qui nous entourent. Il suffit de tenir compte de leur point de vue. Il suffit de les impliquer dans la prise de décision. Mais comme je le dis dans ma conférence Le Secret du leadership, on trouve ça difficile le leadership. On trouve ça difficile le leadership parce qu’on a peur.

Oui! Oui! Ça nous fait peur le leadership. Ça nous fait peur de perdre le contrôle. Peur que les révélations nous éclaboussent. Peur que les autres prennent conscience qu’on n’est pas aussi compétent qu’on veut bien le faire croire.

Non ce n’est pas compliqué le leadership. Regardez ce qui est écrit sur votre bout de papier pour vous en convaincre. On les connaît les aptitudes pour avoir du leadership. On les connaît les comportements qu’il faut adopter pour avoir du leadership. On le sait ce qu’il faut faire pour avoir du leadership. Mais alors, il est où le problème du leadership si on sait ce qu’il faut faire?

On le sait ce qu’il faut faire pour avoir du leadership mais lorsqu’on regarde le gouvernement Charest et son refus de lancer une enquête publique sur le milieu de la construction, lorsqu’on regarde le gouvernement Charest et son insistance à poursuivre dans la voie des PPP alors que les millions s’envolent en fumée, lorsqu’on regarde le gouvernement Charest, on comprend que c’est bien beau de savoir ce qu’il faut faire mais l’important, c’est d’avoir le goût de le faire!

Ce n’est pas compliqué le leadership. Regardez sur votre papier, tout est écrit. Regardez sur votre papier et je vous pose la question : Avez-vous le goût de le faire?

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dimanche 15 novembre 2009

Dumont Taillon Caire: Le Film!

Il avait pris tout le monde par surprise le soir des élections. Personne ne s’attendait à ce qu’il démissionne; ni même les agents du MIB*. De part et d'autre, le niveau d’alerte était subitement passé au code orange. La stupéfaction était présente à l’intérieur comme à l’extérieur de la Matrice. À quoi allait ressembler la suite des choses?


Les années avaient passé et faute de résultats à la hauteur des attentes, Mario n’avait plus la force pour continuer. Même sa machine électorale n’arrivait plus à créer l’engouement nécessaire pour assurer sa progression. Dans de telles circonstances, comment pouvait-il continuer à affronter quotidiennement les combats afin de changer l’ordre établi? Évoluer dans la Matrice est tellement exigeant. Quel coup d’éclat Mario pouvait-il programmer pour mieux résister aux attaques de ses adversaires?

Parce qu’il était l’Élu, Mario était protégé de toutes menaces extérieures par une garde rapprochée. Rien ne devait lui arriver. Personne ne pouvait l’approcher sur de trop longues périodes. Tout était contrôlé autour de lui.

Mario et son entourage évoluaient en vase clos. Ils avaient peur des idées provenant de l’extérieur. Encore plus peur des individus qui auraient pu leur permettre d’élargir leur vision ou d’approfondir leurs idées. En ce sens, plusieurs critiquaient son isolement par ceux dont la mission était de le protéger jusqu’au combat ultime. Une protection qui malheureusement, a fait fuir ceux qui au moment venu, auraient pu prendre sa relève.

La relève, voilà ce que plusieurs n’avaient pas compris: Le programme de Mario était le résultat d’une entente avec le MIB. Il y était stipulé noir sur blanc que rien ne devait subsister de son passage dans la sphère politique. Rien. Aucun début de mouvance de droite ne devait perdurer. Si Mario échouait sa mission, tout devait être effacé de la mémoire collective. Mais comment cela allait-il se faire alors que le stylo à éclair n’était présent que dans le septième art?



Dans la Matrice, on ne sait jamais qui sont nos alliés. Il est tout aussi difficile de savoir qui est contre nous. Dans la Matrice, on ne sait jamais ce qui est vrai. On ne sait pas plus ce qui est faux. Il n’y avait donc rien de mieux qu’une course à la chefferie pour initier le début de la disparition du programme mise en place par Mario. En ce sens, les agents du MIB et de la Matrice avaient bien fait leur travail. Le jour du couronnement, l’illusion fut parfaite.

Faute de stylo à éclair, les agents T et C avaient été mandatés pour tout faire oublier. Le plan était de donner une avance par deux votes à Gilles Taillon aux dépens d’Éric Caire, tout deux agents doubles. Mieux encore, le MIB avait demandé à Infoman d’infecter le processus électoral. Pour réaliser sa mission, Infoman avait utilisé la technique du prête-nom; une technique courante là où circulent les p’tites enveloppes brunes.

Par la suite, les événements se sont accélérés. Comme d’autres l’ont fait avant lui, Taillon s’est accroché à son poste comme une chatte défend ses chatons. Ainsi, il a balayé sous le tapis le fait qu’il n’a eu qu’une voix de majorité pour le poste de l’Élu. Pour mieux régner, il a offert un rôle de sous-fifre à Éric Caire. Ce dernier a évidemment refusé. Cela faisait partie du scénario.

Conditionné à son insu par la Matrice, Gilles Taillon avait une soif insatiable de prendre le contrôle de ce qui devait dorénavant être son parti. Il ne savait rien du MIB qui était déjà à l’œuvre pour que tous oublient la droite.

Quelques semaines plus tard, la contamination orchestrée par la Matrice était à son comble. Taillon voyait une conspiration partout où il posait les pieds. Dans la mouvance des collusions et connivences, il a donc parlé d’irrégularités et de divulgations à la police. Tout ça évidemment, afin de mieux anéantir l’intérêt pour le mouvement initié en 1994 par Néo. Son attitude démontre probablement qu’il ne sait plus s’il est lui-même dans le monde réel ou contrôlé par la Matrice.

Un illustre blogueur l'a déjà dit, l’actualité est une inépuisable leçon de leadership. Les derniers développements à l’ADQ en est une démonstration on ne peut plus éloquente. Le désir d’être au pouvoir stimule les instincts tribaux d’un nombre incalculable de gens. Mais n’en parler surtout pas autour de vous, on vous répondrait qu’on ne voit ça qu’au cinéma. Et cela est bien trop vrai. On ne voit ça que dans le film de la vie.


*MIB : Men in Black
The Matrix

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