dimanche 10 août 2008

La fête

Vendredi soir, j’ai regardé la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. J’ai été conquis par la créativité des Chinois et la multitude de sourires sur les visages des spectateurs et participants.

Lors du défilé des athlètes, j’ai pu voir Monsieur Bush, oui le président Bush, debout, petit drapeau à la main pour saluer ses compatriotes. Il était tout souriant. J’ai la certitude qu’il ne se préoccupait pas de quoi que ce soit d’autre. Il n’y avait pas que lui et chaque fois que les athlètes d’un pays entraient dans le stade, la caméra se braquait sur leur président ou premier ministre. Tous souriaient et faisaient aller la main pour saluer les athlètes qui les représentent.

Même le président de la Chine, Hu Jintao, a eu une réaction identique à celles de ses homologues. Il était également debout, souriant, et saluait ses compatriotes de la main. Comme tous les autres athlètes, ceux de la Chine souriaient également. Ils semblaient heureux et contents d’être présents. Je le mentionne car vous savez comme moi que la Chine a une conception très particulière de la démocratie. Tout de même fantastique que la répression d’un régime ne puisse venir à bout de la fierté d’un peuple.

Pourquoi parler des Jeux olympiques? Cela va de soi. Peu importe l’angle avec lequel on les approche, il y a du leadership dans l’événement. On peut penser aux athlètes qui sont une source d’inspiration et un exemple de dépassement de soi. Il y a leurs entraîneurs qui ont su les encadrer afin qu’ils puissent tendre vers l’excellence et la maîtrise exemplaire de leur discipline. Que dire également des artisans, créateurs, gestionnaires et professionnels qui ont travaillé afin que tout arrive en même temps au bon endroit au bon moment pour que la cérémonie d’ouverture ait lieu le 08 du 08 2008 à 08h08. Il en faut du leadership pour que les infrastructures, les athlètes, les artistes, les bénévoles, l’événement soient fin prêts au jour J, au jour Jeux.

Les Olympiques sont une source d’inspiration pour le leadership. C’est un événement rassembleur. Tout le monde présent est joyeux. Tout le monde sourit. Tout le monde est fier d’être là. Je suis sûr que tout gestionnaire aimerait que son équipe soit aussi motivée et fière d’être présente au travail comme le sont les athlètes aux Jeux olympiques. Tout gestionnaire aimerait que son équipe ait le goût de se dépasser.

Vous avez l’impression que l’analogie est boiteuse? Que ce n’est pas possible? Que des employés ne peuvent pas être fiers de ce qu’ils font? Vous vous dites qu’un milieu de travail, ce n’est pas la même chose?

Dans ma nouvelle conférence, Le Secret du leadership, je dis aux gens de célébrer leurs victoires. Donnez-vous des objectifs et célébrez vos victoires. La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques ne peut mieux illustrer ce que j’entends par célébrer les victoires. Les athlètes vont au bout d’eux-mêmes jour après jour pendant quatre ans en vue des Jeux olympiques. Il n’y a rien de plus normal qu’ils soient heureux à l’ouverture de la renommée compétition.

L’humain a besoin de souligner ses victoires. Nous avons tous besoin de reconnaissance. Nous avons besoin de célébrer et de partager la concrétisation de nos efforts. Si vos employés font des efforts, c’est votre devoir de le souligner et de le reconnaître. Célébrez vos victoires. Célébrez l’atteinte de vos objectifs. Vos employés ont besoin de savoir qu’ils ont accompli des choses importantes pour le succès de votre organisation. Ils doivent savoir que vous appréciez ce qu’ils font pour l’entreprise jour après jour. Et S.V.P., n’allez pas croire que le fait de les payer est amplement suffisant.

Prenez exemple des Jeux olympiques. Comme gestionnaire, c’est votre rôle de faire en sorte que les gens aient le sentiment de vivre des choses exceptionnelles. Faites-le! Si vous voulez des résultats exceptionnels!

Vendredi soir, j’ai vu en temps réel l’importance de célébrer nos victoires. Vendredi soir, j’ai réalisé que peu importe où il se trouve, peu importe d’où il vient, l’humain a besoin de célébrer ses victoires. Cela m’a fait penser à un extrait d’une chanson de Michel Fugain :

C’est comme un grand coup de soleil
Un vent de folie
Rien n’est plus pareil
Aujourd’hui
On a les yeux écarquillés
Sur la liberté
Et la liberté
C’est la fête, la fête

dimanche 3 août 2008

Cycle de Doha

Comment se porte votre leadership cette semaine? Il est efficace? Il vous permet d’obtenir ce que vous voulez? Vos projets progressent au-delà de vos attentes? Les employés sont motivés ou sont-ils constamment en train de négocier ci ou ça? Entre nous, y a-t-il quelque chose de pire que des employés insatisfaits et qui constamment, essaient d’en avoir plus ou de contourner le système?

Eh bien oui!, il y a pire. Il y a Doha! Le cycle de Doha, ça vous dit quelque chose? Sous l’égide de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), 125 pays essaient de s’entendre pour réduire les barrières tarifaires et les subventions agricoles. D’un côté, il y a les pays en développement qui veulent avoir accès aux marchés des pays développés. De l’autre, les pays développés veulent exporter leurs produits et expertises plus facilement chez les autres. En résumé, le problème est que d’un côté comme de l’autre, on veut vendre sans avoir à acheter.

Je ne sais pas si vous aimez les résumés mais avouez qu’en général, les problèmes peuvent être relativement simples lorsqu’on les regarde avec un peu de recul. Le cycle de Doha, ce n’est que des gens qui veulent assurer leur survie en améliorant leur qualité de vie tout en gardant le contrôle de leur territoire. Tiens donc! ça me fait penser à mon ami Charlie.

Vous vous souvenez de Charlie? Il y a quelques semaines, je vous en ai parlé. Charlie est connu pour sa maintenant célèbre théorie de l’évolution, également connue sous le nom de darwinisme. Avouez que le cycle de Doha est un exemple que l’on pourrait qualifier de darwinien. On protège notre territoire en essayant avoir accès à celui de l’autre. Autrement dit, on veut avoir accès à plus de ressources afin de satisfaire nos besoins tout en gardant le contrôle de la situation. Comme je vous le disais il y a trois semaines, c’est exactement ce qui se passe dans la nature : les mâles dominants protègent leur territoire afin d’avoir accès aux ressources et ainsi assurer leur survie.

Chaque fois je tombe en bas de ma chaise tellement la vie est un phénomène à la fois simple et complexe. Simple parce que les lois fondamentales la régissant se résument en une phrase. Complexe par la nature du monde vivant, les organismes et les différentes espèces. Complexe également parce que l’humain n’est pas encore parvenu à contrôler ses pulsions darwiniennes; pulsions qui se sont transformées en désirs avec le temps.

Comment va votre leadership vous demandais-je en introduction. Je ne connais pas la réponse mais le cycle de Doha est un bel exemple pour vous aider à l’améliorer. Le cycle de Doha nous enseigne qu’il faut donner pour recevoir. Quelqu’un vous a sûrement déjà dit ça par le passé et je dois l’avouer, c’est d’une simplicité désarmante. Je dirais même que c’est trop simple pour être vrai. Pourtant c’est la réalité. Personne n’accepte de donner sans recevoir quoi que ce soit en retour.

Comment va votre leadership? J’ai la certitude qu’il va aussi bien que ce que vous donnez aux autres. Si vous cherchez à mobiliser vos employés afin qu’ils en fassent toujours plus sans jamais leur donner quoi que ce soit en retour, ce n’est qu’une question de temps pour que votre leadership tombe à plat. Si vous croyez que je me trompe, il y a de fortes chances que vous êtes une personne dominante qui abuse des autres sans respect à leur égard. Si cela est votre façon de faire, il est possible que votre « succès » perdure dans le temps mais désolé, cela n’a juste rien à voir avec le leadership.

Le cycle de Doha est une belle leçon de leadership. Certes, il nous enseigne qu’il faut donner pour recevoir. Il nous enseigne également que tous, peu importe leur race, peu importe leurs origines, peu importe leurs rêves, tous ont le désir d’améliorer leur qualité de vie. Croyez-vous réellement que c’est différent pour vos employés? Cela vous semble être une évidence trop simpliste? Mais quand est-ce la dernière fois que vous vous êtes demandé comment vous pouviez améliorer la qualité de vie de vos employés? Quand est-ce la dernière fois que vous avez pris une décision afin de simplifier leurs tâches non pas parce que cela serait plus productif, mais parce que cela serait plus agréable pour eux?

Le leadership, ça se développe lorsqu’on donne aux autres. Lorsqu’on leur permet d’améliorer leur qualité de vie au travail. Lorsqu’on favorise le développement de leurs compétences. Lorsqu’on est à leur écoute afin de les supporter. Lorsqu’on les aide à accomplir des projets qui semblent difficiles de prime abord. Le leadership, ça se développe lorsqu’on accepte qu’il faille donner pour recevoir. Dans le cas contraire, on ne fait que reproduire le cycle de Doha.


Bonne fête!
Eh oui, je profite de l’occasion pour vous souhaiter un joyeux anniversaire. En fait, je diffuse mon blogue depuis maintenant un an. Dans les circonstances, je vous ai fait un petit cadeau. J’ai amélioré les archives afin qu’elles puissent être consultées par thème. Par date ou par thème, faites votre choix. Bonne lecture!